Saint Ignace de Loyola, prêtre,

Saint Ignace de Loyola, prêtre, fondateur de la Compagnie de Jésus

Saint Ignace de Loyola Saint Ignace de Loyola  (© Compagnia di Gesù)

La vie chevaleresque

Iñigo Lopez de Loyola naquit en 1491 à Azpeitia, au Pays basque. Etant un fils cadet, il était destiné à la vie sacerdotale, mais son aspiration était celle de devenir chevalier. Son père l’envoya pour cela en Castille, à la cour de don Juan Velázquez de Cuellar, ministre du roi Ferdinand le Catholique. La vie de cour forma en lui le caractère et les manières du jeune, qui se mit à lire les poèmes et à courtiser les dames. A la mort de don Juan, Iñigo se transféra à la cour de don Antonio Manique, duc de Najera et vice-roi de Navarre, et dans sa suite il participa à la défense du château de Pampelune, assiégé par les Français. Ici, le 20 mai 1521, il fut blessé par un boulet de canon qui le rendit boiteux toute la vie. La longue convalescence fut pour lui l’occasion de lire la Légende dorée de Jacques de Varagine et la Vie du Christ de Ludolfe le Saxon, textes qui eurent une grande influence sur sa personnalité portée vers les idéaux chevaleresques, fit naître en lui la conviction que l’unique Seigneur qui valait la peine de suivre était Jésus Christ.

Un pèlerinage providentiel

Décidé à se rendre en pèlerinage en Terre Sainte, Iñigo fit escale au sanctuaire de Montserrat, où il fit vœu de chasteté et échangea ses riches vêtements contre ceux d’un mendiant. Barcelone d’où il aurait dû s’embarquer pour l’Italie, était en proie à une épidémie de peste, et Iñigo dut s’arrêter à Manrèse. Cette étape obligée le contraignit à une longue période de méditation et d’isolement, au cours de laquelle il écrivit une série de conseils et de réflexions qui, réélaborés par la suite, formèrent la base des Exercices Spirituels. Il parvint finalement en Terre Sainte et aurait voulu s’y établir, mais le supérieur des Franciscains l’en empêcha, jugeant très pauvres ses connaissances théologiques. Iñigo retourna donc en Europe et entreprit les études de grammaire, philosophie et théologie, d’abord à Salamanque, puis à Paris. Et c‘est justement dans capitale française qu’il changea son nom en Ignace, en hommage au Saint d’Antioche dont il admirait l’amour pour le Christ et l’obéissance à l’Eglise, qui deviendront ensuite les caractéristiques fondantes de la Compagnie de Jésus. A Paris Ignace connut ceux qui deviendront ses premiers compagnons, fit avec eux vœu de pauvreté et projeta de se rendre à nouveau en Terre Sainte, mais ce projet tomba à l’eau à cause de la guerre entre Venise et les Turcs. Ignace et ses compagnons se présentèrent au Pape pour obéir à ses ordres. Le Pape leur dit: «Pourquoi aller à Jérusalem? Pour porter du fruit dans l’Eglise, l’Italie est une bonne Jérusalem.»

La Compagnie de Jésus

Le Pape Paul III, en 1538, approuva canoniquement la Compagnie de Jésus qui fut aussitôt animée par le zèle missionnaire: les Prêtres Pèlerins, ou Réformés (c’est seulement par la suite qu’ils prirent le nom de Jésuites) furent envoyés dans toute l’Europe, puis en Asie et dans le reste du monde, pour porter partout leur charisme de pauvreté, charité et obéissance absolue à la volonté du Pape. Un des principaux problèmes qu’Ignace eut à affronter fut la préparation culturelle et théologique des jeunes: c’est pour cette raison qu’il forma un corps d’enseignants et fonda divers collèges qui avec le temps ont acquis une renommée internationale grâce à leur très haut niveau scientifique et à un programme d’études qui fut pris comme modèle aussi par des Instituts scholastiques non religieux.

Rome

Par obéissance au Pape, Ignace resta à Rome pour coordonner les activités de la Compagnie et s’occuper des pauvres, des orphelins et des malades, au point de mériter le qualificatif d’«apôtre de Rome». Il ne dormait que quatre heures par nuit, et continua son travail et son engagement, malgré les souffrances dues à la cirrhose de foie et à des calculs biliaires, jusqu’à l’extrémité de ses forces. Il mourut dans sa pauvre cellule le 31 juillet 1556, et sa dépouille est conservée à l’autel du bras droit du transept de l’Eglise du Jésus à Rome, un des monuments les plus beaux du Baroque romain.

Marthe, Marie et Lazare

Marthe, Marie et Lazare, une mémoire célébrée pour la première fois par l’Église

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Godong

Abbaye-aux-Dames, Caen. Peinture représentant Marthe et Marie par Rethou (XVIIIe siècle).

La mémoire des saintes Marthe et Marie et de saint Lazare est célébrée pour la première fois, par l’Église catholique, ce jeudi 29 juillet.

Une première pour l’Église catholique. Ce jeudi 29 juillet, elle célèbre pour la première fois de son histoire la mémoire des saintes Marthe et Marie et de saint Lazare. C’est le pape François qui en avait fait l’annonce début février 2021 par la voix du cardinal Sarah, alors préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. Une décision venue récompenser « l’important témoignage évangélique qu’ils ont offert en accueillant le Seigneur Jésus dans leur maison, en l’écoutant attentivement, en croyant qu’il est la résurrection et la vie ».

Le décret explique aussi que « l’incertitude de la tradition de l’Église latine quant à l’identité de Marie – la Marie-Madeleine à qui le Christ est apparu après sa résurrection, la sœur de Marthe, la pécheresse dont le Seigneur a pardonné les péchés – qui a décidé de l’inscription de Marthe seule le 29 juillet dans le calendrier romain, a été résolue dans des études et des temps récents, comme l’atteste le Martyrologe romain actuel, qui commémore également Marie et Lazare ce même jour ».

Eucharistie

Sous cette dénomination, la mémoire de ces nouveaux saints devra donc figurer dans tous les calendriers et livres liturgiques pour la célébration de la Messe et de la Liturgie des Heures, précise encore le décret et « les variations et ajouts à adopter dans les textes liturgiques, joints au présent décret, doivent être traduits, approuvés et, après confirmation par ce Dicastère, publiés par les Conférences épiscopales ».

Dans un autre décret le pape François a ordonné l’inscription au calendrier romain des mémoires facultatives de sainte Hildegarde de Bingen, saint Grégoire de Narek et saint Jean d’Avila, respectivement les 17 septembre, 27 février et 10 mars. « La sainteté s’allie à la connaissance, qui est l’expérience, du mystère de Jésus-Christ, inextricablement liée au mystère de l’Église », écrit le cardinal Sarah, et « ce lien entre la sainteté et la compréhension des choses à la fois divines et humaines brille d’une manière toute particulière chez ceux qui ont été honorés du titre de “Docteur de l’Église” ».

Ps 137 Le jour où je t’appelle, réponds-moi, Seigneur.

Psaume

(Ps 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 6-7ab, 7c-8)

R/ Le jour où je t’appelle,
réponds-moi, Seigneur.
(cf. Ps 137, 3)

De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ;
de loin, il reconnaît l’orgueilleux.
Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre,
ta main s’abat sur mes ennemis en colère.

Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n’arrête pas l’œuvre de tes mains.

Saints Anne et Joachim

Saints Anne et Joachim

Mère et père de la Vierge Marie (Ier siècle)

Sainte Anne, sculpture de Martin Damay, reproduction interditeMarie est présentée dans les évangiles comme une jeune fille de Nazareth, fiancée de Joseph dont les ascendants sont longuement énumérés dans la généalogie du Seigneur.
Les quatre Évangiles, entièrement tournés vers la Bonne Nouvelle du Christ, sa vie, ses paroles et sa Résurrection, ne font nulle mention de la famille de Marie, sans doute fixée aussi à Nazareth.
La tradition, dès les premiers siècles, appellent les parents de la Vierge Marie, Joachim (« Dieu accorde ») et Anne (« La Grâce – la gracieuse »).
L’imagination des auteurs des Évangiles apocryphes en fait un couple discret, mais il était bien réel et il a su accueillir, éduquer Marie et l’éveiller dans la grâce toute spéciale qui était la sienne, et qu’ils ignoraient.
Le culte de sainte Anne apparaît dès le VIe siècle dans certaines liturgies orientales et, au VIIIe siècle dans les liturgies d’Occident. Son culte est généralisé avant la fin du XIVe siècle.
Sainte Anne est souvent représentée apprenant à lire à sa fille dans le livre de la Bible. Une icône russe, image gracieuse de l’amour conjugal, immortalise le baiser qu’ils se donnèrent lorsqu’ils apprirent la conception de Marie. C’est ainsi qu’ils ont participé au mystère de l’Incarnation.
« La mémoire des saints Joachim et Anne, parents de la Vierge et donc grands-parents de Jésus, que l’on célèbre aujourd’hui, m’offre un deuxième point de réflexion. Cette célébration fait penser au thème de l’éducation, qui a une place importante dans la pastorale de l’Église. Elle nous invite en particulier à prier pour les grands-parents, qui, dans la famille, sont les dépositaires et souvent les témoins des valeurs fondamentales de la vie. La tâche éducative des grands-parents est toujours très importante, et elle le devient encore davantage quand, pour diverses raisons, les parents ne sont pas en mesure d’assurer une présence adéquate auprès de leurs enfants, à l’âge de la croissance. Je confie à la protection de sainte Anne et saint Joachim tous les grands-parents du monde en leur adressant une bénédiction spéciale. Que la Vierge Marie, qui – selon une belle iconographie – apprit à lire les Saintes Écritures sur les genoux de sa mère Anne, les aide à toujours nourrir leur foi et leur espérance aux sources de la Parole de Dieu. (Benoît XVI – Angelus du 26 juillet 2009)
La Bretagne, après la découverte d’une statue miraculeuse, dans le champ du Bocéno, lui a construit une basilique à Sainte-Anne d’Auray, et en a fait sa « patronne ». Les marins par le fait même l’ont choisie comme protectrice.
Sainte Anne est la patronne de la province de Québec. Tous les diocèses du Canada ont au moins une église dédiée à Sainte Anne.

Qui est saint Jacques le Majeur ?

Qui est saint Jacques le Majeur ?

Saint Jacques, l’un des douze apôtres, est le fils de Zébédée et de Salomé, et le frère de Jean.

Gaële de la Brossepar  Gaële de la Brosse

Publié le 10/02/2017 à 18h23
Mise à jour le 25/07/2022 à 21h39

Lecture en 2 min

Vie de saint Jacques le Majeur
© Saint Jacques à Fromista

Saint Jacques à Fromista

La tradition le nomme « Jacques le Majeur » pour le différencier d’un autre apôtre qui porte le même prénom, Jacques, fils d’Alphée, dit « le Mineur ». Avec Pierre et son frère André, Jacques et Jean faisaient partie du groupe de pêcheurs parmi lesquels Jésus choisit ses quatre premiers disciples.

Selon les évangiles, les quatre amis répondirent « immédiatement » à l’appel de Jésus et quittèrent aussitôt l’entreprise familiale pour suivre le « Maître de Galilée ». Pierre, Jacques et Jean deviendront des intimes de Jésus et seront souvent conduits à l’écart des autres disciples.

La place prépondérante que Jacques tient auprès de Jésus est due non seulement au fait qu’il a fait partie de ses premiers disciples, mais également à son caractère.

Le Nouveau Testament décrit un homme passionné, audacieux, ambitieux et décidé. Comme il partage cette personnalité avec Jean, Jésus donnera aux deux frères le surnom de « fils du Tonnerre ». De nombreux épisodes des évangiles révèlent ce caractère fougueux.

Selon la tradition, l’Espagne aurait été dévolue à Jacques le Majeur pour qu’il l’évangélisât. Mais sa prédication en ces terres aurait été un échec : une tradition espagnole rapporte que sur les rives du fleuve Ebre, l’apôtre, découragé, aurait pleuré ; la Vierge lui serait apparue, portée par des anges, pour l’inciter à persévérer.

Un autre lieu est lié à l’intervention de la Vierge dans ce même but : à Muxia, le sanctuaire de Nostra Señora de la Barca indique l’endroit où elle aurait débarqué pour aider l’apôtre dans sa mission.

Après la mort de Jésus, Jacques le Majeur fit partie du groupe fondamental de la « Première Église de Jérusalem ». C’est pourquoi Hérode Agrippa le choisira, de même que Pierre, comme figure représentative de cette Église pour donner un châtiment exemplaire à la communauté chrétienne : il le fit décapiter par l’épée aux alentours des années 41-44.

Saint Jacques fut ainsi le premier apôtre à verser son sang pour le Christ.

La tradition prend ici le relais des Saintes Écritures. Les disciples de saint Jacques auraient alors recueilli sa dépouille pour la déposer dans une barque, qui aborda en Galice, à Padrón.

Le corps fut enterré dans un compostum , c’est-à-dire un « cimetière » (telle est l’une des étymologies du nom de « Compostelle ») et resta ignoré jusqu’à ce qu’au début du IXe siècle, le 25 juillet 813, une étoile ne vînt indiquer à un ermite du nom de Pelayo (Pélage) l’emplacement de la sépulture, appelé dès lors campus stellae ou « champ de l’étoile » ce qui aurait donné, selon une autre étymologie, plus poétique, le mot « Compostelle ».

Alphonse II le Chaste érigea, à côté du tombeau, une église et un monastère. C’est autour de ces édifices primitifs que naquit Saint-Jacques-de-Compostelle.

Saint Charbel Makhlouf

Saint Charbel Makhlouf

Moine maronite (+ 1898)

ou Sharbel Mahluf.
Il naquit en 1828 dans un village de la montagne du Liban, d’une famille pauvre et fut baptisé dans l’Église maronite. Orphelin très jeune, sa famille s’oppose à sa vocation religieuse. Il fugue et se réfugie au monastère Saint-Maroun d’Innaya (GoogleMaps). Après 20 années monastiques, il se retira solitaire dans un ermitage proche et passa les vingt-trois dernières années de sa vie absorbé en Dieu, s’adonnant à la pénitence et à la prière, mais aussi recevant les fidèles qui cherchaient Dieu auprès de lui. Il sut équilibrer sa vie entre l’ascèse, le travail et la pauvreté, la centrant sur l’adoration et la communion eucharistique. Sa vie était si perdue en Dieu qu’il faisait des miracles sans s’en rendre compte. Comme ce soir, par exemple, où, distrait, il verse de l’eau dans sa lampe à huile. Elle ne s’éteignit pas, mais au contraire brûla toute la nuit(*). Son tombeau devint aussitôt un lieu de pèlerinage et de guérisons sans nombre. Il est un des saints les plus populaires du Liban.
Canonisation de Charbel Makhlouf, Homélie du Pape Paul VI, Dimanche, 9 octobre 1977
Discours du Pape Jean Paul II à l’Église Maronite, Jeudi 10 février 2000
– Saint Charbel Makhlouf est pour l’Église catholique un symbole d’union entre l’Orient et l’Occident. Une vie intensément immergée en Dieu racontée par sœur Catherine Aubin, Vatican News.
« Pendant ses 19 années au monastère de St. Maron, Charbel a exercé son ministère sacerdotal et ses devoirs monacaux d’une manière édifiante. Il s’est consacré totalement au Christ avec un cœur non partagé à vivre en silence devant l’inconnu. En 1875 Charbel a eu l’autorisation pour vivre comme un ermite proche du monastère à l’ermitage St. Pierre et Paul. Ses 23 années de la vie solitaire étaient vécues dans un esprit d’abandon total à Dieu. » (source: l’histoire de Charbel – Opus Libani)
(*) un internaute nous signale: ‘Concernant l’histoire de la lampe a l’huile, ce fut des frères qui servaient l’ermitage qui avaient mis de l’eau a la place de l’huile dans sa lampe, et furent étonnés de voir la chambre de St Charbel éclairée. Il est un Saint connu pour ses miracles non seulement au Liban, mais en Afrique, Europe, et Amériques, preuve en est la salle pleines de milliers de lettres de remerciements au saint au couvent à Anaya venant plus de 150 pays! Il est fêtée dans l’Église catholique et maronite le 24 décembre, jour de sa mort, mais au Liban on le fête également en été, le 17 juillet.’

Autres liens: Mar Charbel – Monastère Saint Maron – Annaya Tombeau de Saint CharbelFraternité St Charbel.
Il est inscrit au sanctoral de l’Eglise Catholique à la date du 24 juillet. Dans sa région il est fêté le 24 décembre.
Mémoire de saint Charbel Makhlouf, moine prêtre de l’Ordre maronite. À la recherche d’une solitude plus stricte et d’une perfection plus haute, il se retira du couvent d’Annaia au Liban, dans un ermitage où il vécut dans une extrême austérité de vie, dans les jeûnes et les supplications, jour et nuit au service de Dieu, jusqu’à sa mort en 1898.

Martyrologe romain

Sainte Brigitte de Suède

Sainte Brigitte de Suède

Veuve, fondatrice de l’ordre du Saint-Sauveur (+ 1373)

Elle appartenait, ainsi que son mari Urf Gudmarson, à la première noblesse de Suède. Elle alla se fixer à Rome à la mort de son mari. Sa fille sainte Catherine la rejoignit l’année suivante et elles vécurent désormais ensemble. Favorisée de grâces extraordinaires, elle suivait à la lettre le saint Évangile, pratiquant la pauvreté, mendiant même sous le porche des églises afin de récolter le mépris des passants. A une princesse romaine qui lui reprochait de ne pas savoir garder son rang, elle répondit: « Jésus s’est abaissé sans avoir eu votre autorisation. » Les papes s’étaient alors réfugiés en Avignon. Elle les harcelait pour qu’ils reviennent à Rome. Au début de 1372, elle partit pour la Terre Sainte avec une escorte armée. Ce furent les quinze mois les plus beaux de sa vie, disait-elle. Elle avait fondé l’ordre des Brigittines qui existe encore en Suède sur les bords du lac de Vadstena.
– C’est une femme qui a profondément marqué l’Europe de son temps. Don Luca nous invite à la découverte de la forte personnalité de sainte Brigitte de Suède, vidéo du diocèse de Monaco.
Pour en savoir plus: Vie de Sainte Brigitte de Suède écrite d’après les documents authentiques par un religieuse de l’adoration perpétuelle – 1879 – bibliothèque monastique
« La figure de la sainte suédoise, d’avant la réforme, reste un précieux lien œcuménique. » (Jean Paul II, 1999)
Le 27 octobre 2010, la catéchèse de Benoît XVI a consisté en un portrait de Brigitte de Suède (1303-1373), proclamée copatronne de l’Europe par Jean-Paul II. On distingue deux périodes dans sa vie, a d’emblée souligné le Pape. D’abord une femme mariée et la mère de huit enfants, qui s’initia à l’étude de l’Ecriture et l’adopta comme règle de vie avec son époux comme tertiaires franciscains. Elle fut d’une charité généreuse et fonda un hôpital…
La seconde vie de Brigitte commença après son veuvage et son refus de se remarier afin d’approfondir « son union avec le Seigneur dans la prière, la pénitence et la charité… Après avoir distribué ses biens aux pauvres, elle se retira au monastère cistercien d’Alvastra, sans devenir moniale »…
En 1349, Brigitte prit le chemin de Rome pour participer au jubilé durant lequel le Pape approuva la fondation de son ordre consacré au Saint Sauveur. Moines et moniales se trouvent sous l’autorité d’une abbesse, une formule classique au Moyen Age. « La grande tradition chrétienne reconnaît à la femme une dignité particulière, à l’exemple de Marie, reine des apôtres, et une place spéciale au sein de l’Église qui, si elle ne coïncide pas avec le sacerdoce ordonné, a une grande importance pour la vie spirituelle de la communauté ». Sainte Brigitte alla également en pèlerinage à Assise et en Terre Sainte. Elle fut canonisée dès 1391. Sa sainteté et ses multiples qualités en firent une figure remarquable de l’histoire européenne, « qui montre comment le christianisme a profondément imprégné la vie des peuples du continent… En la proclamant copatronne de l’Europe, Jean-Paul II exprima le vœu que Brigitte, qui vivait dans une chrétienté occidentale non encore blessée par la division, intercède en faveur de la pleine unité des chrétiens ». Benoît XVI a conclu en demandant son intercession afin que l’Europe continue de puiser à ses racines chrétiennes. (source: VIS 20101027 590)

Pourquoi l’Église a-t-elle choisi des saints patrons pour l’Europe? Qui sont-ils et qu’ont-ils fait pour l’Europe?
…Saint Benoît, proclamé patron de l’Europe par Paul VI en 1964, saint Cyrille et Méthode proclamés copatrons en 1980 par Jean-Paul II et trois saintes proclamées copatronnes de l’Europe en 1999 par Jean-Paul II: sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)…
Mémoire (en Europe: Fête) de sainte Brigitte, religieuse. Mariée toute jeune en Suède au prince Ulf, elle en eut huit enfants qu’elle éduqua dans la plus grande piété, et elle entraîna son époux à la piété par ses paroles et ses exemples. Après la mort d’Ulf, elle entreprit de nombreux pèlerinages à divers lieux saints, elle écrivit beaucoup pour la réforme de l’Église dans sa tête et ses membres et jeta à Rome, où elle mourut en 1373, les fondations de l’Ordre du Très Saint Sauveur.

Martyrologe romain

« Béni sois-tu, Jésus-Christ, mon Seigneur, qui as prédit ta mort avant l’heure. Qui, à la dernière Cène, as merveilleusement consacré avec du pain matériel ton corps qui nous rachète. Qui l’as donné par amour aux apôtres en mémoire de ta très précieuses passion. Toi qui, en leur lavant les pieds de tes très saintes et nobles mains, leur as donné humblement un modèle d’humilité »

Prière attribuée à sainte Brigitte

Qui est Sainte Marie-Madeleine ?

Qui est Sainte Marie-Madeleine ?

Femme pécheresse convertie par le Christ,

Élevée par la grâce du Christ ressuscité, devenue l’apôtre des apôtres.

Dès les premiers siècles, chrétiens, pénitents, saints, rois, papes, viennent accomplir leur pèlerinage à la grotte de la Sainte-Baume auprès de sainte Marie-Madeleine. Cette femme entre dans l’évangile par une conversion radicale, en allant essuyer les pieds du Christ de ses cheveux et de ses larmes au cours d’un repas. Délivrée de 7 démons, elle devient avec les douze et quelques autres femmes, disciple du Christ. À sa prière et à celle de sa sœur Marthe, Jésus ressuscitera leur frère Lazare, mort depuis 4 jours. Elle est l’un des rares disciples à se tenir au pied de la croix. Au matin de Pâques, sainte Marie-Madeleine reconnaît dans le jardinier le Christ ressuscité. Il lui demande d’annoncer à ses apôtres qu’Il est ressuscité, ce qui a valu à sainte Marie-Madeleine le titre d’Apôtre des apôtres.

Selon la tradition, peu de temps après, Marie-Madeleine embarque avec tout un groupe de chrétiens (dont son frère Lazare et sa sœur Marthe) pour l’occident. Ils arrivent aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Marie-Madeleine accompagne Lazare à Marseille. Elle continue son chemin en suivant le cours de l’Huveaune et vient s’établir à la Sainte-Baume pour y passer les trente dernières années de sa vie, entre pénitence et contemplation.

Les pèlerins qui viennent encore aujourd’hui à la Grotte seront surpris par la présence inestimable de la sainte qui conduit tous ceux qui s’y disposent au Christ. Nous vous proposons de vivre avec Marie-Madeleine un itinéraire spirituel, en suivant sa vie pas à pas : par sa conversion, par son expérience de la miséricorde de Dieu, par son annonce de l’Évangile et sa prière, elle nous montre le chemin du « disciple-missionnaire » que le pape François nous appelle si instamment à parcourir.

Est-elle la pécheresse pardonnée et Marie de Béthanie ?

Depuis saint Grégoire le Grand (VIème siècle), l’Église a vu dans la pécheresse pardonnée (Lc 7, 36-50) et Marie de Béthanie (Lc 10, 38-42; Jn 11, 1- 43; Jn 12, 1-11) une seule et unique femme : Marie-Madeleine.

Même si des arguments sérieux la soutiennent, l’unité du personnage peut certes être discutée (nous faisons le point ici sur cette problématique) mais nous accueillerons cette tradition immémoriale pour parcourir ensemble cet itinéraire spirituel.

La pécheresse pardonnée

L’Évangile – Lc 7, 36-50

« Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum. »

Méditation

Comment ne pas admirer le courage de Marie-Madeleine ? Elle qui faisait partie de la « haute société », elle a bien compris que tous les plaisirs de la terre ne pouvaient la satisfaire. Qu’au contraire, ils l’asséchaient intérieurement.

Alors lorsqu’elle réalise que Jésus peut lui proposer une libération, elle ne tergiverse pas : elle prend son parfum, entre chez Simon, traverse la salle sous le regard méprisant et ulcéré des pharisiens, lave les pieds du Christ de ses larmes, et les essuie de ses cheveux. Quel geste magnifique, à la fois si audacieux et si humble.

Et le Christ prend sa défense, annonçant que ses péchés sont pardonnés ! Mystère d’un Dieu qui se laisse toucher par un geste sincère d’amour.

Sainte Marie-Madeleine

La pécheresse pardonnée

L’Évangile – Lc 7, 36-50

« Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum. »

Méditation

Comment ne pas admirer le courage de Marie-Madeleine ? Elle qui faisait partie de la « haute société », elle a bien compris que tous les plaisirs de la terre ne pouvaient la satisfaire. Qu’au contraire, ils l’asséchaient intérieurement.

Alors lorsqu’elle réalise que Jésus peut lui proposer une libération, elle ne tergiverse pas : elle prend son parfum, entre chez Simon, traverse la salle sous le regard méprisant et ulcéré des pharisiens, lave les pieds du Christ de ses larmes, et les essuie de ses cheveux. Quel geste magnifique, à la fois si audacieux et si humble.

Et le Christ prend sa défense, annonçant que ses péchés sont pardonnés ! Mystère d’un Dieu qui se laisse toucher par un geste sincère d’amour.

A la suite du Christ

L’Évangile – Lc 8, 1-3
« Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qu’il avait délivrées d’esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l’intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les aidaient de leurs ressources. »
Méditation

Ainsi délivrée de tous ses péchés, exorcisée de tous ses démons, Marie-Madeleine, devenue légère et rayonnante du pardon de Dieu, est désireuse de suivre le Christ. Elle l’assiste, Lui et ses disciples, de ses biens. Car ils vont de villages en villages proclamer le Royaume des cieux. Après avoir été touchée par la grâce, Marie-Madeleine prend conscience du bonheur divin auquel le Christ nous appelle, et participe, suivant sa grâce, à l’annonce de la Bonne Nouvelle. En effet, lorsqu’on a rencontré le Christ, comment garder pour nous cette nouvelle incroyable du salut ?

Saint Laurent de Brindisi

Saint Laurent de Brindisi

Capucin et Docteur de l’Église (+ 1619)

Il était originaire de Brindisi et fut un des religieux les plus éminents de son temps. Il entra chez les capucins de Venise en 1575 et prêcha en Italie et surtout en Allemagne où il devint l’un des adversaires les plus éloquents du protestantisme. Il fut chargé souvent par le Saint Siège des plus hautes missions diplomatiques tout en étant, alors, ministre général de son Ordre. Il a laissé des ouvrages de controverses et d’exégèse ainsi que plusieurs autres écrits qui font de lui un maître de la vie spirituelle.
Illustration: San Lorenzo da Brindisi (site des capucins)
Le 23 mars 2011, la catéchèse de Benoît XVI a été consacrée à tracer un portrait du docteur de l’Église Laurent de Brindisi. Ce capucin italien (Giulio Cesare Rossi: 1559 – 1619) avait été confié orphelin aux franciscains de sa ville natale. Entré dans l’ordre des capucins et ordonné prêtre en 1582, il apprit les langues mortes et modernes, ce qui lui permit de développer un large apostolat. Saint Laurent de Brindisi fut aussi un prédicateur efficace grâce à ses grandes connaissances bibliques, mais aussi à une culture rabbinique que les rabbins saluaient. Expert de l’Écriture et des Pères, il exposait la doctrine catholique avec une clarté qui touchait aussi des chrétiens ayant adhéré à la Réforme, en Allemagne notamment: Son enseignement était clair et posé, a précisé le Pape, « et il démontrait les fondements bibliques et patristiques des articles de foi mis en cause par Martin Luther, en particulier le primat de Pierre et de ses successeurs, l’origine divine de l’épiscopat, la justification comme transformation de l’homme, la nécessité des bonnes actions en vue du salut. Le succès dont il jouissait nous permet de comprendre combien dans le processus œcuménique, conduit avec tant d’espérance, il est capital et indispensable de présenter l’Écriture lue selon la tradition de l’Église ».
Les « fidèles les plus simples et les moins dotés d’une culture, tiraient bénéfice des propos de saint Laurent de Brindisi, car il s’adressait aux humbles -a ajouté le Saint-Père- en rappelant l’ensemble à la cohérence entre vie professée et vie vécue. Ce fut d’ailleurs le grand mérite des capucins et d’autres ordres religieux qui contribuèrent au XVI et XVII siècles au renouveau de la vie chrétienne… Aujourd’hui encore, la nouvelle évangélisation a besoin d’apôtres bien préparés, zélés et courageux, afin que la lumière et la beauté de l’Évangile prévalent sur la mode culturelle du relativisme éthique et de l’indifférence religieuse, pour transformer la pensée et l’action dans un véritable humanisme chrétien ». Professeur de théologie et maître de novices, ministre provincial puis ministre général de son ordre, saint Laurent conduisait une vie spirituelle exceptionnellement fervente ». Benoît XVI a alors rappelé que tout prêtre se « doit d’éviter le danger de l’activisme, d’agir en oubliant les motivations profondes de son ministère. Pour cela il doit soigner sa vie intérieure ».
Puis le Pape a présenté un autre aspect de la vie de saint Laurent de Brindisi, son action en faveur de la paix. « Les Papes comme les princes catholiques lui confièrent souvent des missions diplomatiques délicates en vue de dénouer des controverses et de favoriser la concorde entres les états européens que menaçait alors l’empire ottoman. Sa rigueur morale en faisait un conseiller précieux. Comme à son époque, le monde a besoin de paix, d’hommes et de femmes de paix, de pacificateurs. Qui croit en Dieu doit toujours offrir et chercher la paix ». Saint Laurent de Brindisi fut canonisé en 1881 et nommé par Jean XXIII docteur de l’Église en 1959, en reconnaissance de son œuvre exégétique, bibliste et mariologique, dans laquelle l’action de l’Esprit dans la vie des croyants est mise en relief. Ce saint, a conclu le Pape, nous « aide à aimer l’Écriture, à grandir dans sa familiarité, à cultiver notre amitié avec le Seigneur dans la prière comme dans toute démarche qui trouve en lui origine et accomplissement ». (source:VIS 20110323-570)
Mémoire de saint Laurent de Brindisi, prêtre et docteur de l’Église. Entré chez les Capucins, il exerça inlassablement dans les régions d’Europe le ministère de la prédication dont on l’avait chargé, tant pour la défense de l’Église contre les infidèles, que pour la réconciliation entre les princes et pour le gouvernement de son Ordre. Il accomplit toutes ces charges avec simplicité et humilité jusqu’à sa mort à Lisbonne, le 22 juillet 1619.

Martyrologe romain

Saint Apollinaire, évêque de Ravenne et martyr

Saint Apollinaire, évêque de Ravenne et martyr

 Saint Apollinaire, Basilique de Saint-Apollinaire-in-Classe à Ravenne 

Comme il arrive souvent pour les Saints du Ier siècle, il n’existe pas beaucoup de sources historiques sûres sur la vie de saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne. Ayant vécu au temps de l’Empire byzantin d’Orient, la rencontre avec l’Apôtre Pierre semble être déterminante dans sa vie. Certaines sources, au contraire, datent la figure historique du Saint plus tardivement, autour de 150-200.

Suivre Jésus jusqu’au bout du monde

Apollinaire est un jeune aux beaux espoirs; il vit à Antioche avec sa famille de religion païenne. Un jour arrive dans sa ville quelqu’un qui parle de manière nouvelle de s’aimer les uns les autres, justement comme Dieu nous aime. Il s’appelle Pierre, et ses paroles sont celles de Jésus, le Fils de Dieu qu’il a vu de ses propres yeux mourir, puis ressusciter pour racheter l’humanité, et de qui il a reçu la charge de construire Son Eglise. C’est pour cela que Pierre voyage beaucoup, partout; autour des années 44 il arrive justement en Syrie. Apollinaire est fasciné par la Parole qu’il annonce et décide de le suivre à Rome. D’ici Pierre l’envoie à Classe, près de Ravenne, où la marine romaine a une base avec des centaines de marins dont la plupart viennent des pays d’Orient. Certaines sources parlent aussi d’une mission d’évangélisation en Mésie et Thrace d’une durée d’environ trois ans.

Premier évêque de Ravenne, pour la colère des païens

Apollinaire a l’esprit éveillé, il comprend vite les choses et surtout il est éloquent. Il réussit à convertir beaucoup de personnes à la foi chrétienne notamment des familles entières. C’est pour cela que Pierre lui confie la construction de l’Eglise de Ravenne dont il devient de fait le pasteur, c’est-à-dire le premier évêque. Arrivé dans la ville, il guérit la femme du tribun, mais à peine les autorités en sont informées, elles lui demandent de sacrifier aux idoles des païennes. Apollinaire s’y refuse en répondant que les idoles sont faites d’or et d’argent, des matériaux précieux qu’il aurait été mieux de vendre et d’en donner le produit aux pauvres; à cette réponse Apollinaire est brutalement frappé. Malgré ce début difficile, il guidera cette Eglise pendant au moins trente ans, en laissant la réputation «de prêtre» et «confesseur», titre par lequel il est évoqué.

Le martyre et la diffusion de son culte

Apollinaire interprète à la perfection la mission pastorale de l’évêque, en parvenant à conquérir à la foi beaucoup de personnes. Et c’est normal qu’à un certain moment il devienne la cible des païens. Nous sommes sous le règne de Vespasien, en l’an 70 D.C., et on va jusqu’à lui intimer l’ordre de ne pas prêcher, mais lui, refuse d’obéir. Un jour de retour d’une visite à une léproserie, il est battu durement qu’il est réduit en fin de vie ; en effet, il meurt sept jours plus tard. Sur le lieu de son martyre sera édifiée une basilique, l’actuelle basilique Saint-Apollinaire-en-Classe, consacrée en 549. Son culte se répand rapidement, même en dehors de Ravenne, jusqu’à Rome, grâce aux pontifes Symmaque et Honorius 1er ; et le roi franc Clovis lui dédie même une église près de Dijon. Enfin, au IX siècle, ses reliques sont portées en ville, et conservées dans l’église qui depuis lors porte le nom de Saint – Apollinaire –le-Neuf.

Lectures de la messe

Première lecture

« Ce fut une nuit de veille pour le Seigneur, quand il fit sortir d’Égypte les fils d’Israël » (Ex 12, 37-42)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là,
les fils d’Israël partirent de la ville de Ramsès
en direction de Souccoth,
au nombre d’environ six cent mille
sans compter les enfants.
Une multitude disparate les accompagnait,
ainsi qu’un immense troupeau de moutons et de bœufs.
Ils firent cuire des galettes sans levain
avec la pâte qu’ils avaient emportée d’Égypte
et qui n’avait pas levé ;
en effet, ils avaient été chassés d’Égypte
sans avoir eu le temps de faire des provisions.
Le séjour des fils d’Israël en Égypte
avait duré quatre cent trente ans.
Et c’est au bout de quatre cent trente ans, c’est en ce jour même
que toutes les armées du Seigneur sortirent du pays d’Égypte.
Ce fut une nuit de veille pour le Seigneur,
quand il fit sortir d’Égypte les fils d’Israël ;
ce doit être pour eux, de génération en génération,
une nuit de veille en l’honneur du Seigneur.

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 135 (136), 1.23-24, 10-12, 13-15)

R/ Éternel est son amour !
ou
Alléluia !  
(Ps 135,1a)

Rendez grâce au Seigneur : il est bon,
(R/) éternel est son amour !
Il se souvient de nous, les humiliés,
(R/) éternel est son amour !
il nous tira de la main des oppresseurs,
(R/) éternel est son amour !

Lui qui frappa les Égyptiens dans leurs aînés,
(R/) éternel est son amour !
et fit sortir Israël de leur pays,
(R/) éternel est son amour !
d’une main forte et d’un bras vigoureux,
(R/) éternel est son amour !

Lui qui fendit la mer Rouge en deux parts,
(R/) éternel est son amour !
et fit passer Israël en son milieu,
(R/) éternel est son amour !
y rejetant Pharaon et ses armées,
(R/) éternel est son amour !

Évangile

« Il leur défendit vivement de parler de lui. Ainsi devait s’accomplir la parole d’Isaïe » (Mt 12, 14-21)

Alléluia. Alléluia. 
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia.     (cf. 2 Co 5, 19)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
une fois sortis de la synagogue,
les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus
pour voir comment le faire périr.
Jésus, l’ayant appris, se retira de là ;
beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous.
Mais il leur défendit vivement
de parler de lui.
Ainsi devait s’accomplir
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Voici mon serviteur que j’ai choisi,
mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur.
Je ferai reposer sur lui mon Esprit,
aux nations il fera connaître le jugement.
Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas,
on n’entendra pas sa voix sur les places publiques.
Il n’écrasera pas le roseau froissé,
il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,
jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement.
Les nations mettront en son nom leur espérance.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Lectures de la messe

Première lecture

« On immolera l’agneau au coucher du soleil. Je verrai le sang, et je passerai » (Ex 11, 10 – 12, 14)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là,
Moïse et Aaron avaient accompli toutes sortes de prodiges
devant Pharaon ;
mais le Seigneur avait fait en sorte que Pharaon s’obstine ;
et celui-ci ne laissa pas les fils d’Israël sortir de son pays.

Dans le pays d’Égypte,
le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
« Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois,
il marquera pour vous le commencement de l’année.
Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël :
le dix de ce mois,
que l’on prenne un agneau par famille,
un agneau par maison.
Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau,
elle le prendra avec son voisin le plus proche,
selon le nombre des personnes.
Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger.
Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année.
Vous prendrez un agneau ou un chevreau.
Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois.
Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël,
on l’immolera au coucher du soleil.
On prendra du sang,
que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau
des maisons où on le mangera.
On mangera sa chair cette nuit-là,
on la mangera rôtie au feu,
avec des pains sans levain et des herbes amères.
Vous n’en mangerez aucun morceau qui soit à moitié cuit
ou qui soit bouilli ;
tout sera rôti au feu,
y compris la tête, les jarrets et les entrailles.
Vous n’en garderez rien pour le lendemain ;
ce qui resterait pour le lendemain,
vous le détruirez en le brûlant.
Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins,
les sandales aux pieds, le bâton à la main.
Vous mangerez en toute hâte :
c’est la Pâque du Seigneur.
Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ;
je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte,
depuis les hommes jusqu’au bétail.
Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements :
Je suis le Seigneur.
Le sang sera pour vous un signe,
sur les maisons où vous serez.
Je verrai le sang, et je passerai :
vous ne serez pas atteints par le fléau
dont je frapperai le pays d’Égypte.
Ce jour-là sera pour vous un mémorial.
Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage.
C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 115 (116B), 12-13, 15-16ac, 17-18)

R/ J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
ou :
Alléluia !
(Ps 115, 13)

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.

Évangile

« Le Fils de l’homme est maître du sabbat » (Mt 12, 1-8)

Alléluia. Alléluia. 
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia.       (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, un jour de sabbat,
Jésus vint à passer à travers les champs de blé ;
ses disciples eurent faim
et ils se mirent à arracher des épis et à les manger.
Voyant cela, les pharisiens lui dirent :
« Voilà que tes disciples
font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! »
Mais il leur dit :
« N’avez-vous pas lu ce que fit David,
quand il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient ?
Il entra dans la maison de Dieu,
et ils mangèrent les pains de l’offrande ;
or, ni lui ni les autres n’avaient le droit d’en manger,
mais seulement les prêtres.
Ou bien encore, n’avez-vous pas lu dans la Loi
que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple,
manquent au repos du sabbat sans commettre de faute ?
Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple.
Si vous aviez compris ce que signifie :
Je veux la miséricorde, non le sacrifice,
vous n’auriez pas condamné
ceux qui n’ont pas commis de faute.
En effet, le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Lectures de la messe

Première lecture

« Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS » (Ex 3, 13-20)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là,
Moïse avait entendu la voix du Seigneur
depuis le buisson.
Il répondit à Dieu :
« J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai :
“Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.”
Ils vont me demander quel est son nom ;
que leur répondrai-je ? »
Dieu dit à Moïse :
« Je suis qui je suis.
Tu parleras ainsi aux fils d’Israël :
“Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS.” »
Dieu dit encore à Moïse :
« Tu parleras ainsi aux fils d’Israël :
“Celui qui m’a envoyé vers vous,
c’est LE SEIGNEUR,
le Dieu de vos pères,
le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob.”
C’est là mon nom pour toujours,
c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge.
Va, rassemble les anciens d’Israël. Tu leur diras :
“Le Seigneur, le Dieu de vos pères,
le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
m’est apparu.
Il m’a dit :
Je vous ai visités et ainsi j’ai vu
comment on vous traite en Égypte.
J’ai dit : Je vous ferai monter
de la misère qui vous accable en Égypte
vers le pays du Cananéen, du Hittite,
de l’Amorite, du Perizzite, du Hivvite et du Jébuséen,
le pays ruisselant de lait et de miel.”
Ils écouteront ta voix ;
alors tu iras, avec les anciens d’Israël,
auprès du roi d’Égypte, et vous lui direz :
“Le Seigneur, le Dieu des Hébreux,
est venu nous trouver.
Et maintenant, laisse-nous aller
dans le désert, à trois jours de marche,
pour y offrir un sacrifice au Seigneur notre Dieu.”
Or, je sais, moi, que le roi d’Égypte ne vous laissera pas partir
s’il n’y est pas forcé.
Aussi j’étendrai la main,
je frapperai l’Égypte par toutes sortes de prodiges
que j’accomplirai au milieu d’elle.
Après cela, il vous permettra de partir. »

– Parole du Seigneur.

 

Psaume

(Ps 104 (105), 1.5, 8-9, 24-25, 26-27)

R/ Le Seigneur s’est toujours souvenu de son alliance.
ou
Alléluia !  
(Ps 104, 8a)

Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ;
souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu’il prononça,

Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.

Dieu rend son peuple nombreux
et plus puissant que tous ses adversaires ;
ceux-là, il les fait se raviser,
haïr son peuple et tromper ses serviteurs.

Mais il envoie son serviteur, Moïse,
avec un homme de son choix, Aaron,
pour annoncer des signes prodigieux,
des miracles au pays de Cham.

Évangile

« Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 28-30)

Alléluia. Alléluia.
Venez à moi, vous tous qui peinez
sous le poids du fardeau, dit le Seigneur,
et moi, je vous procurerai le repos.
Alléluia. (Mt 11, 28)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit :
« Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter,
et mon fardeau, léger. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Notre-Dame du Mont Carmel

En Palestine, le Carmel forme avec l’Hermon et le Thabor comme le « triangle mystique » de la Galilée, dont le coeur est Nazareth. De tout temps, le Carmel fut un haut-lieu, une montagne sainte. Au IXe siècle avant Jésus-Christ, le prophète Élie en faisait le refuge de la fidélité au Dieu unique (contre les faux prophètes de Baal, des divinités païennes). Au temps des Croisades, les grottes de cette montagne accueillent des ermites chrétiens, assoiffés d’Absolu. Ce n’est pas en Espagne, comme on le croit souvent que fut fondé l’Ordre du Carmel, mais sur cette montagne proche de Nazareth, dominant la Méditerranée et la baie de Haïfa. Au XIIIe siècle, le premier noyau de l’Ordre des Carmes s’y implante, et de là, rayonnera dans le monde entier.

La spiritualité du Carmel s’est placée tout de suite sous le patronage de la Vierge Marie et dans le sillage de sa vie à Nazareth. L’unique montagne de toutes nos ascensions, c’est le Christ, mais le meilleur moyen de cheminer vers lui, c’est l’imitation de sa Mère : à Jésus par Marie. De Jésus, elle fut la première disciple, de foi en foi. Ne pensait-il pas d’abord à l’exemple de sa Mère quand il proclame la « béatitude de la foi » :  » Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la font passer dans leur vie » ?

Au XVIe siècle, les deux grands saints du Carmel : Thérèse D’Avila et Jean de la Croix, ont fait de la « montée du Carmel » la symbolique de « l’itinéraire vers Dieu ». Sur cette route, Marie Notre-Dame du Mont-Carmel est notre guide et notre mémoire.

De saint Bernard : » Que le nom de Marie ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton coeur. Si tu la suis, point ne dévies ; si tu la pries, point ne désespère ; si tu penses à elle, point ne t’égares. Si elle te tient, plus de chute. Avec sa protection, tu parviens au port« .

Carmel vient de l’hébreu jardin, verger.

Saint Bonaventure

Saint Bonaventure

Evêque, Docteur de l’Église (✝ 1274)

Avec le bienheureux Jean Duns Scot et saint Thomas d’Aquin, il est l’un des trois plus célèbres docteurs de la scolastique. Comme auteur spirituel, il est parmi les grands de tous les temps. Né à Bagno-Regio en Italie, fils de médecin, Jean Fisanza fut guéri d’une grave maladie quand sa mère fit un vœu à saint François qui venait d’être canonisé. On l’envoie étudier les lettres et les arts à l’Université de Paris. C’est là que, impressionné par l’exemple de l’un de ses maîtres, il entre chez les frères mineurs, à 22 ans, prenant le nom de Bonaventure. Il gravit sans peine le cursus des études théologiques et commence à enseigner de 1248 à 1257. Saint Bonaventure - Giovanni Antonio Pordenone En 1257, il est élu ministre général de l’Ordre et se met à parcourir l’Europe. Il a fort à faire pour maintenir l’unité de cet Ordre devenu si grand, car il n’est pas simple de faire suivre à 35.000 frères la règle de vie élaborée par saint François pour quelques disciples. Des aménagements s’imposent. Mais il sait allier la fermeté dans l’autorité et la compréhension à l’égard de tous ses frères, tout en demeurant d’une affectueuse humilité avec tous. En plus de sa charge, il mène de front une vie de prédicateur, d’enseignant et d’écrivain. Il se voit confier par le Pape des missions diplomatiques, en particulier pour le rapprochement avec l’Église grecque. En 1273, le pape Grégoire X le crée cardinal et le charge de préparer un second concile de Lyon. C’est dans cette ville que frère Bonaventure meurt en plein concile. Le Pape Sixte-Quint en a fait un docteur de l’Église en 1587.
Illustration: Saint Bonaventure – Giovanni Antonio Pordenone, vers 1530-5, National Gallery
Le 3 mars 2010, Benoît XVI a tracé un portrait de saint Bonaventure, un personnage a dit le Pape, « qui m’est particulièrement cher pour l’avoir étudié dans ma jeunesse ». Né vers 1217 à Bagnoregio, au nord de Rome, et mort en 1274, cet « homme d’action et de contemplation, de grande piété et de prudence » fut un des principaux promoteurs de l’harmonie entre foi et culture au XIII siècle. Baptisé sous le nom de Jean, il faillit mourir jeune d’une grave maladie. Sa mère le recommanda à saint François à peine canonisé et il guérit, ce qui le marqua pour la vie. Pendant son séjour d’études théologie à Paris, il se fit franciscain et prit le nom de Bonaventure. Dès le début de sa vie religieuse il se distingua par sa connaissance de l’Écriture, de l’œuvre de Pierre Lombard et des principaux théologiens de son temps.
« La perfection évangélique fut sa réponse lors de sa dispute avec les maîtres séculiers de l’Université de Paris, qui mettaient en doute son droit à enseigner dans les universités »(*) Il démontra comment les franciscains vivaient selon les vœux, en pauvreté, chasteté et obéissance évangélique. « Au-delà de cet épisode historique, la vie, l’enseignement et l’œuvre de Bonaventure demeurent actuels. L’Église est rendue plus belle et lumineuse par la fidélité à leur vocation de ses filles et fils mettant en pratique les préceptes évangéliques, qui sont aussi appelés à témoigner par leur mode de vie que l’Évangile est source de joie et de perfection ».
Lorsque Bonaventure fut élu en 1257 supérieur général, les franciscains étaient 30.000, principalement répartis en Europe, certains en Afrique du nord, au proche-orient et en Chine. « Il était nécessaire de consolider cette expansion et surtout lui assurer une unité d’action et d’esprit selon le charisme de saint François. Il existait alors plusieurs interprétations de son message, ce qui risquait de provoquer une fracture interne ». Pour préserver l’esprit franciscain authentique, Bonaventure « rassembla de nombreux documents sur le Poverello d’Assise et entendit les témoignages de ceux qui l’avaient connu ». Ainsi naquit la Legenda Major, qui est malgré son nom la biographie la plus précise de saint François. Bonaventure y présente le fondateur comme « un chercheur passionné du Christ. Dans un amour mû par l’imitation il s’est complètement conformé au Maître, un idéal que le théologien de Bagnoregio proposa de vivre à tous les disciples de François…un idéal valable pour tout chrétien, aujourd’hui aussi. Jean-Paul II l’a re-proposé pour le troisième millénaire ».
Vers la fin de son existence, Bonaventure fut consacré évêque et élevé à la dignité cardinalice par Grégoire X, qui le chargea de préparer le concile de Lyon, convoqué pour mettre fin à la division entre Églises latine et grecque. Mais il ne vit pas la concrétisation de ses efforts et mourut durant le concile. Benoît XVI a conclu la biographie de ce Docteur de l’Église en invitant à recueillir l’héritage de saint Bonaventure, qui résumait le sens de sa vie ainsi: « Sur terre nous pouvons contempler l’immensité divine grâce au raisonnement et à l’admiration. A l’inverse, au ciel, lorsque nous serons devenus semblables à Dieu, par la vision et l’extase…nous entrerons dans la joie de Dieu ». (source: VIS 100303-540) 

(*) note d’un internaute.
Mémoire de saint Bonaventure, évêque d’Albano et docteur de l’Église, célèbre par sa doctrine, sa sainteté et ses actions remarquables au service de l’Église. Ministre général de l’Ordre des Mineurs, il le dirigea avec prudence dans l’esprit de saint François. Dans ses nombreux écrits, il réunit la plus grande érudition et la piété la plus ardente. Alors qu’il travaillait avec une belle ardeur au déroulement du deuxième Concile Œcuménique de Lyon, en 1274, il mérita de parvenir à la vision bienheureuse de Dieu.

Martyrologe romain

« Pour la recherche spirituelle, la nature ne peut rien et la méthode peu de choses. Il faut accorder peu à la recherche et beaucoup à l’action. Peu à la langue et le plus possible à la joie intérieure. Peu aux discours et aux livres et tout au don de Dieu, c’est-à-dire au Saint-Esprit. Peu ou rien à la créature et tout à l’Etre créateur: Père, Fils et Saint-Esprit.  »

Saint Bonaventure-Itinéraire de l’esprit vers Dieu.

Saint Camille de Lellis

Saint Camille de Lellis

Fondateur des Clercs réguliers pour le service des malades (+ 1614)

Cet adolescent italien, orphelin et sans fortune, eut une jeunesse dissipée. Il s’engagea dans l’armée espagnole pour combattre les Turcs. Un jour de malchance, il perd au jeu tout ce qu’il possède. On le renvoie de l’armée. Il fait alors tous les métiers pour aboutir comme homme de service dans un couvent de capucins. Et c’est là qu’il se convertit. Comme il ne fait rien à moitié, il y demande son admission. Mais un ulcère incurable à la jambe lui interdit l’état religieux. Camille entre à l’hôpital Saint-Jacques de Rome pour se faire soigner. Il est si frappé par la détresse des autres malades qu’il s’y engage comme infirmier. L’indifférence de ses collègues vis-à-vis des malades le bouleverse. Il entreprend de réformer tout cela. En prenant soin des malades, ce sont les plaies du Christ qu’il soigne. Sa charité rayonnante lui attire de jeunes disciples. Ces volontaires, qui se réunissent pour prier ensemble et rivalisent de tendresse envers les malades, constituent le noyau initial des Clercs Réguliers des Infirmes que l’on appellera familièrement par la suite les « Camilliens ». La mission de ces nouveaux religieux, pères et frères, est « l’exercice des œuvres spirituelles et corporelles de miséricorde envers les malades, même atteints de la peste, tant dans les hôpitaux et prisons que dans les maisons privées, partout où il faudra. » Pour mieux établir son Institut, Camille devint prêtre. Partout où se déclare une peste, il accourt ou envoie ses frères. Il finit par mourir d’épuisement à Rome.
Toute sa vie, il fut un homme très charitable. L’importance des réformes qu’il entreprit dans l’assistance hospitalière en fait le précurseur de la bienfaisance publique moderne… Canonisé le 29 juin 1746 par Benoît XIV, le titre de Protecteur des hôpitaux et des malades lui fut donné en même temps qu’à St Jean de Dieu, par Léon XIII le 22 juin 1886. En 1930, Pie XI le proclame patron du personnel des hôpitaux ainsi que Saint Jean de Dieu. Il est fêté le 15 juillet dans son ordre et le 18 dans l’Église. (Diocèse aux Armées françaises)
Un internaute nous signale que St Jean de Dieu, a été déclaré Protecteur des hôpitaux et des malades, en même temps que St Camille de Lellis, par Léon XIII le 22 juin 1886. Pie XI les proclame, tous deux, patrons du personnel des hôpitaux.
Mémoire de saint Camille de Lellis, prêtre. Né près de Thienne dans les Abruzzes, au royaume de Naples, il s’adonna dès sa jeunesse à la vie militaire, avec un penchant pour les vices du monde, mais il se convertit en aidant à soigner les malades à Rome dans l’hôpital Saint-Jacques des Incurables. Il s’efforça dès lors de voir en eux le Christ et, devenu prêtre, il jeta les fondations de la Congrégation des Clercs Réguliers ministres des malades. Il mourut à Rome en 1614.

Martyrologe romain

La musique que je préfère, c’est celle que font les pauvres malades lorsque l’un demande qu’on lui refasse son lit, l’autre qu’on lui rafraîchisse la langue ou qu’on lui réchauffe les pieds.

Saint Camille de Lellis à ses frères

Lectures de la messe

Première lecture

« Prenons les dispositions voulues pour empêcher Israël de se multiplier » (Ex 1, 8-14.22)

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là,
un nouveau roi vint au pouvoir en Égypte.
Il n’avait pas connu Joseph.
Il dit à son peuple :
« Voici que le peuple des fils d’Israël est maintenant
plus nombreux et plus puissant que nous.
Prenons donc les dispositions voulues
pour l’empêcher de se multiplier.
Car, s’il y avait une guerre,
il se joindrait à nos ennemis,
combattrait contre nous,
et ensuite il sortirait du pays. »
On imposa donc aux fils d’Israël des chefs de corvée
pour les accabler de travaux pénibles.
Ils durent bâtir pour Pharaon
les villes d’entrepôts de Pithome et de Ramsès.
Mais, plus on les accablait,
plus ils se multipliaient et proliféraient,
ce qui les fit détester.
Les Égyptiens soumirent les fils d’Israël à un dur esclavage
et leur rendirent la vie intenable à force de corvées :
préparation de l’argile et des briques
et toutes sortes de travaux à la campagne ;
tous ces travaux étaient pour eux un dur esclavage.
Pharaon donna cet ordre à tout son peuple :
« Tous les fils qui naîtront aux Hébreux,
jetez-les dans le Nil.
Ne laissez vivre que les filles. »

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 123 (124), 1-3, 4-6, 7-8)

R/ Notre secours est dans le nom du Seigneur.  (Ps 123, 8a)

Sans le Seigneur qui était pour nous
– qu’Israël le redise –
sans le Seigneur qui était pour nous
quand des hommes nous assaillirent,
alors ils nous avalaient tout vivants,
dans le feu de leur colère.

Alors le flot passait sur nous,
le torrent nous submergeait ;
alors nous étions submergés
par les flots en furie.
Béni soit le Seigneur
qui n’a pas fait de nous la proie de leurs dents !

Comme un oiseau, nous avons échappé
au filet du chasseur ;
le filet s’est rompu :
nous avons échappé.
Notre secours est dans le nom du Seigneur
qui a fait le ciel et la terre.

Évangile

« Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Mt 10, 34 – 11, 1)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia.
(Mt 5, 10)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
« Ne pensez pas que je sois venu
apporter la paix sur la terre :
je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.
Oui, je suis venu séparer
l’homme de son père,
la fille de sa mère,
la belle-fille de sa belle-mère :
on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas
n’est pas digne de moi.
Qui a trouvé sa vie
la perdra ;
qui a perdu sa vie à cause de moi
la trouvera.
Qui vous accueille
m’accueille ;
et qui m’accueille
accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète
recevra une récompense de prophète ;
qui accueille un homme juste en sa qualité de juste
recevra une récompense de juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche,
à l’un de ces petits en sa qualité de disciple,
amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

Lorsque Jésus eut terminé les instructions
qu’il donnait à ses douze disciples,
il partit de là pour enseigner et proclamer la Parole
dans les villes du pays.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Saint Henri II

Saint Henri II

Empereur germanique (+ 1024)

Il était le fils du duc de Bavière et, en raison de la mort prématurée de son parent Otton III, il fut couronné empereur germanique. Comme tel, il régna sur l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et l’Italie du Nord. Il épousa sainte Cunégonde de Luxembourg que nous fêtons le 3 mars. Saint Henri et sainte Cunégonde, illustration d'Anne Floc'h Elle ne pouvait avoir d’enfants. Henri refusa de la répudier, fait inouï à cette époque et dans une société où la stérilité, surtout dans la noblesse, était une cause ordinaire de répudiation.
L’une de ses deux préoccupations majeures fut l’unité du Saint Empire romain germanique pour laquelle il dut beaucoup guerroyer. L’autre fut de réformer les habitudes de la Papauté, avec l’aide du roi de France, Robert le Pieux, en un siècle qui vit quatorze papes sur vingt-huit, être élus sous la seule influence des reines et des femmes.
Dans le même temps, il renforça l’influence de l’Eglise sur la société, fonda l’évêché de Bamberg et, oblat bénédictin, il soutint la réforme entreprise par les moines de Cluny.
Privé d’héritier, il institua le Christ comme son légataire de ses biens. A sa mort, sainte Cunégonde se retira à l’abbaye de Kaffungen qu’elle avait fondée.
Mémoire de saint Henri, empereur des Romains (romain-germanique), il garda, rapporte-t-on, avec sa femme sainte Cunégonde, une continence totale, œuvra à la réforme de l’Église et à sa propagation, conduisit le futur saint Étienne, roi des Hongrois, à accueillir la foi du Christ avec presque tout son peuple, mourut à Grona et fut inhumé, selon son désir, à Bamberg en Franconie, l’an 1024.

Martyrologe romain

Psaume 18 « Les préceptes du Seigneur sont droits »

Psaume

(Ps 18b (19), 8, 9, 10, 11)

R/ Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur !
(Ps 18b, 9ab)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

PS 18

Ps 18b (19), 8, 9, 10, 11)

R/ Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur !
(Ps 18b, 9ab)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

Saint Benoît

Saint Benoît

Benoît de Nursie, patriarche des moines d’Occident (+ v. 547)

saint  BenoîtC’était un jeune noble de Nursie en Ombrie. A 15 ans, on l’envoie à Rome faire ses études, accompagné de sa nourrice. Rome est terrible aux âmes pures : tentations charnelles, tentations intellectuelles et politiques.
Benoît s’enfuit, car c’est « Dieu seul » qu’il cherche et il ne veut pas courir le risque de le perdre. Il aboutit à une caverne de Subiaco où un ermite accepte de lui servir de guide dans sa quête de Dieu. Benoît y médite de la meilleure façon de vivre pour trouver Dieu. Mais il est difficile de passer inaperçu quand on rayonne de sainteté.
Les moines d’un monastère voisin l’invitent à devenir leur Père abbé. Bien mal leur en a pris : il veut les sanctifier et les réformer. Ils en sont décontenancés et tentent de l’empoisonner.
Il retourne à sa caverne de Subiaco où des disciples mieux intentionnés viennent le rejoindre. Il les organise en prieuré et c’est ainsi que va naître la Règle bénédictine. La jalousie d’un prêtre les en chasse, lui et ses frères, et ils se réfugient au Mont-Cassin qui deviendra le premier monastère bénédictin.
Il y mourra la même année que sa sœur sainte Scholastique. Emportées au Moyen Age d’une manière assez frauduleuse, leurs reliques sont désormais sur les bords de la Loire, à Fleury sur Loire, devenu Saint Benoît sur Loire-45730.
Saint patron de l’Europe: « Messager de paix,  fondateur de la vie monastique en Occident…
Lui et ses fils avec la Croix, le livre et la charrue, apporteront le progrès chrétien aux populations s’étendant de la Méditerranée à la Scandinavie, de l’Irlande aux plaines de Pologne » (Paul VI 1964)
« L’Europe retrouve l’espérance lorsque l’homme est au centre de ses institutions. Saint Benoît, priez pour nous! » tweet du pape François le 11 juillet 2018, VaticanNews.
Père du monachisme, patron de l’Europe: La catéchèse le 9 avril 2008 a été consacrée à la figure de saint Benoît de Nursie, « le père du monachisme occidental, dont la vie et les œuvres imprimèrent un mouvement fondamental à la civilisation et à la culture occidentale. La source principale pour approcher la vie de Benoît est le second livre des Dialogues de saint Grégoire le grand, qui présente le moine comme un astre brillant indiquant comment sortir « de la nuit ténébreuse de l’histoire », d’une crise des valeurs et des institutions découlant de la fin de l’empire romain. Son œuvre et la règle bénédictine ont exercé une influence fondamentale pendant des siècles dans le développement de la civilisation et de la culture en occident, bien au-delà de son pays et de son temps. Après la fin de l’unité politique il favorisa la naissance d’une nouvelle Europe, spirituelle et culturelle, unie par la foi chrétienne commune aux peuples du continent ».
« Benoît naquit vers 480 dans une famille aisée qui l’envoya
à Rome pour ses études. Mais avant de les avoir terminées, il gagna une communauté monastique dans les Abruzzes. Trois ans plus tard il gagnait une grotte de Subiaco dans laquelle il vécut isolé trois ans… résistant aux habituelles tentations humaines comme l’auto-affirmation de soi et le nombrilisme, la sensualité, la colère et la vengeance. Sa conviction -a précisé le Saint-Père- était que seul après avoir dominé ces épreuves » il aurait été en mesure d’aider autrui. En 529, Benoît fonda l’ordre monastique qui porte son nom et se transporta à Montecassino, site élevé et visible de loin. « Selon saint Grégoire, ce choix symbolique voulait dire que si la vie monastique trouve sa raison d’être dans l’isolement, le monastère a également une fonction publique dans la vie de l’Église comme de la société ».
Toute l’existence de Benoît de Nursie, a dit le Pape, « est imprégnée de la  prière, qui fut le fondement de son œuvre, car sans elle il n’y a pas expérience de Dieu. Son intériorité n’était cependant pas détachée de la réalité et, dans l’inquiétude et la confusion de son temps, Benoît vivait sous le regard de Dieu, tourné vers lui, tout en étant attentif aux devoirs quotidiens envers les besoins concrets des gens ». Il mourut en 547 et sa règle donne des conseils qui, au-delà des moines, sont utiles pour qui chemine vers Dieu. »Par sa mesure, son humanité et son clair discernement entre l’essentiel et le secondaire en matière spirituelle, ce texte reste éclairant jusqu’à nos jours ».
En 1964 Paul VI fit de Benoît le saint patron de l’Europe, de ce continent qui, profondément blessé car « à peine sorti de deux guerres et de deux idéologies tragiques, était à la recherche d’une nouvelle identité. Pour forger une nouvelle unité stable les moyens politiques, économiques et juridiques sont importants. Mais il faut trouver un renouveau éthique et spirituel tiré des racines chrétiennes de l’Europe. Sans cette lymphe vitale, l’homme reste exposé au danger de succomber à la vieille tentation de se racheter tout seul…ce qui est que la vielle utopie du XXe siècle européen…qui a provoqué un recul sans précédent dans une histoire humaine déjà tourmentée ». (Source: VIS 080409 540)

L’église abbatiale de Fleury a pris le vocable de St-Benoît lorsque les reliques du Saint furent ramenées du Mont Cassin en 703. La première en France a avoir suivi la règle de Saint Benoît. (diocèse d’Orléans)
Pourquoi l’Église a-t-elle choisi des saints patrons pour l’Europe? Qui sont-ils et qu’ont-ils fait pour l’Europe?
…Saint Benoît, proclamé patron de l’Europe par Paul VI en 1964, saint Cyrille et Méthode proclamés copatrons en 1980 par Jean-Paul II et trois saintes proclamées copatronnes de l’Europe en 1999 par Jean-Paul II : sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)…