« Tu as été fidèle pour peu de choses, entre dans la joie de ton seigneur » (Mt 25, 14-30)

Évangile

« Tu as été fidèle pour peu de choses, entre dans la joie de ton seigneur » (Mt 25, 14-30)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« Un homme qui partait en voyage
appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
À l’un il remit une somme de cinq talents,
à un autre deux talents,
au troisième un seul talent,
à chacun selon ses capacités.
Puis il partit.

Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
s’en alla pour les faire valoir
et en gagna cinq autres.
De même, celui qui avait reçu deux talents
en gagna deux autres.
Mais celui qui n’en avait reçu qu’un
alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
et il leur demanda des comptes.
Celui qui avait reçu cinq talents
s’approcha, présenta cinq autres talents
et dit :
“Seigneur,
tu m’as confié cinq talents ;
voilà, j’en ai gagné cinq autres.”
Son maître lui déclara :
“Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.”
Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi
et dit :
“Seigneur,
tu m’as confié deux talents ;
voilà, j’en ai gagné deux autres.”
Son maître lui déclara :
“Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.”

Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi
et dit :
“Seigneur,
je savais que tu es un homme dur :
tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
Le voici. Tu as ce qui t’appartient.”
Son maître lui répliqua :
“Serviteur mauvais et paresseux,
tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé,
que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
Enlevez-lui donc son talent
et donnez-le à celui qui en a dix.
À celui qui a, on donnera encore,
et il sera dans l’abondance ;
mais celui qui n’a rien
se verra enlever même ce qu’il a.
Quant à ce serviteur bon à rien,
jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Martyre de S. Jean Baptiste

Première lecture

« En lui vous avez reçu toutes les richesses » (1 Co 1, 1-9)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Paul, appelé par la volonté de Dieu
pour être apôtre du Christ Jésus,
et Sosthène notre frère,
à l’Église de Dieu qui est à Corinthe,
à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus
et sont appelés à être saints
avec tous ceux qui, en tout lieu,
invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ,
leur Seigneur et le nôtre.
À vous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père
et du Seigneur Jésus Christ.

Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet,
pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ;
en lui vous avez reçu toutes les richesses,
toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu.
Car le témoignage rendu au Christ
s’est établi fermement parmi vous.
Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque,
à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ.
C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout,
et vous serez sans reproche
au jour de notre Seigneur Jésus Christ.
Car Dieu est fidèle,
lui qui vous a appelés à vivre en communion
avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 144 (145), 2-3, 4-5, 6-7)

R/ Mon Dieu, mon Roi,
je bénirai ton nom, toujours et à jamais !
(Ps 144, 1b)

Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n’est pas de limite.

D’âge en âge, on vantera tes œuvres,
on proclamera tes exploits.
Je redirai le récit de tes merveilles,
ton éclat, ta gloire et ta splendeur.

On dira ta force redoutable ;
je raconterai ta grandeur.
On rappellera tes immenses bontés ;
tous acclameront ta justice.

Évangile

« Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste » (Mc 6, 17, 29)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Hérode avait donné l’ordre d’arrêter Jean le Baptiste
et de l’enchaîner dans la prison,
à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
que lui-même avait prise pour épouse.
En effet, Jean lui disait :
« Tu n’as pas le droit
de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean,
et elle cherchait à le faire mourir.
Mais elle n’y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean :
il savait que c’était un homme juste et saint,
et il le protégeait ;
quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ;
cependant il l’écoutait avec plaisir.

Or, une occasion favorable se présenta
quand, le jour de son anniversaire,
Hérode fit un dîner pour ses dignitaires,
pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée.
La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa.
Elle plut à Hérode et à ses convives.
Le roi dit à la jeune fille :
« Demande-moi ce que tu veux,
et je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment :
« Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai,
même si c’est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère :
« Qu’est-ce que je vais demander ? »
Hérodiade répondit :
« La tête de Jean, celui qui baptise. »
Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi,
et lui fit cette demande :
« Je veux que, tout de suite,
tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié;
mais à cause du serment et des convives,
il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde
avec l’ordre d’apporter la tête de Jean.
Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat,
la donna à la jeune fille,
et la jeune fille la donna à sa mère.

Ayant appris cela,
les disciples de Jean vinrent prendre son corps
et le déposèrent dans un tombeau.

– Acclamons la Parole de Dieu.

29 Août  : Martyre de Saint Jean Baptiste

  • Le lundi 29 Août 2022  : Martyre de Saint Jean Baptiste

« Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » »

Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Nous fêtons aujourd’hui le martyre de saint Jean Baptiste. Jésus sanctifie Jean qui tressaille dans le sein de sa mère. La rencontre de Marie et d’Élisabeth ouvre le dialogue entre les deux enfants qu’elles portent. Dés les entrailles de sa mère, Jean Baptiste avait senti la proximité de Jésus, le Sauveur. Toute sa vie est relative à la Personne de Jésus. Jean Baptiste prépare le chemin de Jésus. Il l’annonce au présent et le signale du doigt comme le Messie : « Voici l’Agneau de Dieu, » il tiendra bon. Le monde n’a guère changé et ses comportements se répètent. Hérode « tout puissant » a besoin de l’appui de ses invités. Ainsi en est-il encore des puissants de ce monde qui pour ne pas perdre leur pouvoir vont devoir sacrifier leur propre pensées à l’approbation de leur entourage. Hérode est pris au piège entre la parole donnée et le besoin du soutien politique de ses invités. Nous avons été consacré à Jésus et nous voulons lui être fidèle. Jésus nous enveloppe de la tendresse de son amour. Notre vie lui est une offrande quand nous marchons à la suite de Jean Baptiste.

« Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Hérode est mu par ses passions. Le combat dans lequel Jean le Baptiste est engagé est celui de la Vérité ! Il est incarcéré parce qu’il prêche la vérité de liberté ! Jean précèdera Jésus dans la mort. Nous ne pouvons pas être chrétien en sacrifiant notre foi aux plaisirs du monde. Jean le baptiste appelle à vivre dans la sainteté de Dieu. Il appelle à la conversion. Notre vie se veut en accord avec la parole de Dieu par nos actes et nos paroles. Jésus enveloppe Jean le Baptiste de sa tendresse et de sa miséricorde. Le martyre de Jean le Baptiste et sa mort sont un témoignage rendu à Jésus. Il annonce déjà la mort de Jésus qui manifestera la Vérité de sa Mission par sa Passion et par sa Résurrection. Nous sommes engagés à manifester notre fidélité à l’Esprit Saint au travers des drames et des désastres de la vie de notre Peuple.

 » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau. Toute la vie de Jean le Baptiste tourne autour de la Personne de Jésus. Sa mort et le témoignage de son martyre sont centrés sur la personne de Jésus. Il fût son Précurseur dans la vie et, maintenant, il le précède dans la mort. Nous voulons témoigner avec courage de notre foi en Jésus. Nous subissons nous aussi la violence du monde. C’est une épreuve qu’il nous faut traverser avec lui. Jésus offrira sa vie en sacrifice pour le salut du monde. Il est venu prendre sur Lui toute la violence du monde. Il a fait de sa vie un festin de noces, le repas de l’amour, pour notre sanctification. Que Dieu nous enveloppe de son amour et fasse de notre vie une Eucharistie, une action de grâce. Que martyre de saint Jean Baptiste nous enthousiasme pour que nous puissions témoigner avec courage de notre foi en Jésus. Notre vie chrétienne tournée autour de la Personne de Jésus, prend alors son plein sens.

S. Augustin, évêque et docteur de l’Eglise

S. Augustin, évêque et docteur de l’Eglise

 

Aime et fais ce que tu veux

7° Traité sur l’épitre de St Jean aux Parthes – §8 ss

8- (…) S’il s’agit d’actions de nature différente, nous reconnaîtrons, par exemple, que la charité rend un homme sévère, et que l’iniquité en rend un autre flatteur.
Un père frappe son enfant, un corrupteur l’approuve.
A ne considérer que les coups et les flatteries, où est celui qui ne recherchera pas les caresses et n’évitera pas les coups ?
Mais considère les personnes et, tu le verras, les coups sont l’effet de la charité, et les flatteries celui de l’iniquité.
Faites bien attention à ceci :
les actions humaines se discernent les unes des autres par le principe de la charité.
Beaucoup peuvent se faire, qui aient les apparences de la bonté et qui, néanmoins, ne soient pas le fruit de la charité.
Les épines mêmes ne fleurissent-elles pas ?
Certains actes, au contraire, semblent durs et cruels, qui se font, par motif de charité, pour le règlement des moeurs.
Une fois pour toutes, on t’impose un précepte facile :

Aime, et fais ce que tu voudras.

Soit que tu gardes le silence, garde-le par amour ;
soit que tu cries, élève la voix par amour ;
soit que tu corriges autrui, corrige-le par amour ;
soit que tu uses d’indulgence, sois indulgent par amour ;
aie dans le coeur la racine de l’amour, et de cette racine il ne pourra rien sortir que de bon.

9- « En cela consiste l’amour. Dieu a fait paraître son amour pour nous, en envoyant son Fils unique dans le mondé, afin que nous vivions par lui. Et voilà en quoi consiste cet amour :ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés le premier ».
Nous ne l’avons pas aimé les premiers, mais il nous a aimés, afin que nous l’aimions…

Chante Alleluia ! Chante et marche !

Texte de l’Évangile Mt 24,42-51

Texte de l’Évangile (Mt 24,42-51):
«Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. Vous le savez bien: si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi: c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. Quel est donc le serviteur fidèle et sensé à qui le maître de maison a confié la charge de son personnel pour lui donner la nourriture en temps voulu? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera à son travail! Amen, je vous le déclare: il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si ce mauvais serviteur se dit: ‘Mon maître s’attarde’, et s’il se met à frapper ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, son maître viendra le jour où il ne l’attend pas et à l’heure qu’il n’a pas prévue: il se séparera de lui et le mettra parmi les hypocrites; là il y aura des pleurs et des grincements de dents».

Chaque jour, à chaque heure, à tout instant, le Seigneur est proche de notre vie. 
A travers les inspirations intérieures, à travers les personnes qui nous entourent, tout ce qui se passe autour de nous, des choses qui arrivent, le Seigneur frappe à notre porte et nous dit comme dans l'Apocalypse: «Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi» (Ap 3,20). Aujourd'hui si nous communions, cela arrivera à nouveau. Aujourd'hui si nous écoutons patiemment les problèmes des autres ou si nous donnons notre argent pour venir en aide aux autres, cela arrivera à nouveau. Aujourd'hui si pendant notre prière personnelle nous recevons soudainement une inspiration inespérée, cela arrivera à nouveau.

Sincérités

Texte de l’Évangile (Mt 23,27-32): «Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux: à l’extérieur ils ont une belle apparence, mais l’intérieur est rempli d’ossements et de toutes sortes de choses impures. C’est ainsi que vous, à l’extérieur, pour les gens, vous avez l’apparence d’hommes justes, mais à l’intérieur vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal. Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, vous décorez les sépulcres des justes, et vous dites: ‘Si nous avions vécu à l’époque de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes’. Ainsi vous témoignez contre vous-mêmes: vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. Eh bien, vous, achevez donc ce que vos pères ont commencé!».

Pour ne pas tomber dans l'hypocrisie, je dois être très sincère. 

Avec Dieu : Il veut que j'aie le cœur pur et détestant tout mensonge, puisqu'Il est lui-même totalement pur, la Vérité absolue. 

Avec moi-même,  pour n'être pas le premier trompé, m'exposant à pécher contre le Saint-Esprit faute de reconnaître mes propres péchés pour les manifester avec clarté dans le sacrement de la Pénitence ou de mettre suffisamment ma confiance en Dieu, qui jamais ne condamne l'enfant prodigue et n'abandonne personne sous prétexte que c'est un pécheur, sauf s'il ne se reconnaît pas lui-même comme tel. 

Avec les autres, enfin: comme Jésus, le mensonge, la tromperie, la duplicité, la malhonnêteté, la déloyauté, l'ignominie des autres nous mettent hors de nous, raison pour laquelle nous devons nous appliquer le principe: «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît».

Marie ne parle pas beaucoup, mais son oui au bien, à la grâce, est unique et véridique; et son non au mal, au péché, ferme et sincère.

Sainte Monique

Sainte Monique

Mère de saint Augustin d’Hippone (+ 387)

Née en Afrique du Nord dans une famille chrétienne, Monique est mariée très jeune à un notable païen de Thagaste, Patricius. Elle sera une épouse modèle pour ce mari infidèle et violent que sa douceur et son silence sous les reproches finiront par convertir. Elle a de lui trois enfants, dont le futur saint Augustin. Veuve en 371, elle se dévoue à ce fils qui semble « mal tourner ». Tout d’abord, il vit maritalement avec une femme dont il a un fils. Mais le plus douloureux reste l’adhésion à la secte manichéenne, si opposée à la foi chrétienne. Que de larmes cet enfant coûte-t-il à sa mère. Des larmes importunes pour cet esprit libre. Pour y échapper, Augustin s’enfuit en Italie et Monique le rejoint à Milan où elle se met à l’école de l’évêque saint Ambroise. Saint Augustin et sainte Monique au port, vitrail de l'église Saint-Vaast C’est alors qu’elle a la joie immense d’assister à la conversion et au baptême du fils chéri. Désormais elle ne sera plus un reproche vivant, mais une aide et même une disciple quand s’affirmera l’ampleur intellectuelle et spirituelle du futur Père de l’Église. Un soir, à Ostie, ils ont le bonheur de partager une expérience spirituelle intense qu’Augustin n’évoquera qu’à demi-mots dans ses « Confessions ». Elle mourra quelques jours plus tard, mère comblée de ce fils qui l’avait tant fait pleurer.
Illustration: Saint Augustin et sainte Monique au port, vitrail de l’église Saint-Vaast – Val de Saire – Normandie
« C’est en 1586 que la mémoire de sainte Monique, décédée à Ostie près de Rome à l’automne 387 fut inscrite au calendrier romain à la date du 4 mai veille de la fête de la conversion de son fils Augustin. La mémoire actuelle est fixée au jour qui précède la seule fête de saint Augustin placée par le calendrier le 28 août. » (source: Les saints du calendrier romain: prier avec les saints dans la liturgie … par Enzo Lodi)
– vidéo, webTV de la CEF, Sainte Monique, un modèle pour aujourd’hui.
Mémoire (En Afrique du Nord: Fête) de sainte Monique. Au sortir de l’adolescence, ses parents la marièrent à un païen du nom de Patrice à qui elle donna quatre enfants. Quand son fils Augustin se détourna de la foi de son enfance, ses larmes montèrent vers Dieu comme une prière silencieuse et la conversion d’Augustin à Milan l’emplit de joie. Au moment de retourner en Afrique, en 387, elle quitta cette terre, au port d’Ostie, dans un grand désir du ciel.

Martyrologe romain

Mt 23,23-26

 

Texte de l’Évangile (Mt 23,23-26):

«Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qu’il y a de plus grave dans la Loi: la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste. Guides aveugles! Vous enlevez le moucheron avec un filtre, et vous avalez le chameau! Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous purifiez l’extérieur de la coupe et de l’assiette, mais l’intérieur est rempli de cupidité et d’intempérance! Pharisien aveugle, purifie d’abord l’intérieur de la coupe afin que l’extérieur aussi devienne pur».

 

Pour Jésus-Christ ce n'était pas une question de "Loi" mais une question de cœur…

"Purifie d'abord la coupe à l'intérieur pour qu'elle reste pure aussi à l'extérieur !" (Mt 23,26). 

« La Bonne nouvelle c’est qu’Il est prêt à nous purifier, la bonne nouvelle c’est que nous n’avons pas encore fini, qu’en bons disciples, nous sommes en chemin » (François)

 

Mt 23,13-22

 

Texte de l’Évangile (Mt 23,13-22):

«Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez à clé le Royaume des cieux devant les hommes; vous-mêmes n’y entrez pas, et ceux qui essayent d’y entrer, vous ne leur permettez pas d’entrer! Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul converti, et quand vous y avez réussi, vous en faites un homme voué à la géhenne, deux fois pire que vous! Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites: ‘Si l’on fait un serment par le Temple, il est nul; mais si l’on fait un serment par l’or du Temple, on doit s’en acquitter’. Insensés et aveugles! Qu’est-ce qui est le plus important: l’or? ou bien le Temple par lequel cet or devient sacré? Vous dites encore: ‘Si l’on fait un serment par l’autel, il est nul; mais si l’on fait un serment par l’offrande posée sur l’autel, on doit s’en acquitter’. Aveugles! Qu’est-ce qui est le plus important: l’offrande? ou bien l’autel par lequel cette offrande devient sacrée? Celui qui fait un serment par l’autel fait donc un serment par l’autel et par tout ce qui est posé dessus; et celui qui fait un serment par le Temple fait un serment par le Temple et par Celui qui l’habite; et celui qui fait un serment par le ciel fait un serment par le trône divin et par Celui qui siège sur ce trône».

 

Appliquons cet enseignement  de Jésus à nos vies. Nos bonnes comme nos mauvaises actions ont, toutes, une double portée. Sur nous-mêmes, qui réalisons ces bons ou ces mauvais actes, car chaque action nous bonifie ou bien nous détruit. Mais compte tenu de notre situation par rapport aux autres — parents, enseignants, responsables à tous niveaux — chaque action peut décupler, à des degrés insoupçonnés, ses effets bons ou mauvais. « La vie n’est pas du temps qui passe, mais un temps de rencontre » (François).

Et nous devrons en rendre compte à l’Amour de Dieu.

 

Sainte Rose de Lima

Sainte Rose de Lima

Vierge (+ 1617)

Première sainte du Nouveau Monde, elle fut canonisée en 1671. Rose de Flores (*) était la dixième enfant d’une pauvre famille espagnole de Lima au Pérou. Très vite, elle manifeste pour le Christ un amour si violent qu’elle multiplie les austérités. A 4 ans et demi, elle reçoit la grâce de savoir lire sans avoir appris, l’ayant simplement demandé dans la prière. Elle en profitera pour se nourrir de la vie de sainte Catherine de Sienne qui deviendra son modèle. A 5 ans, elle se consacre à Dieu. A 20 ans, elle prend l’habit des tertiaires dominicaines. Les onze années qui lui restent à vivre, elle les passera, à demi-recluse, dans un minuscule ermitage au fond du jardin de ses parents, dans la prière et une austérité effrayante. En échange, elle reçoit des grâces mystiques étonnantes. Dans le même temps, elle se dévoue au service des indiens, des enfants abandonnés et des vieillards infirmes. Ses visions éveillent les soupçons de l’Inquisition. Elle devra subir des examens et la sûreté doctrinale de ses réponses impressionnera ses interrogateurs. A sa mort, le petit peuple de Lima se presse sur sa tombe pour en recueillir un peu de terre.
(*) Née Isabel De Flores Y Del Oliva, elle était si belle que, déjà quant elle était bébé, on l’appela Rose.
Basílica Santuario Santa Rosa de Lima, GoogleMaps

Elle faisait partie des Saints patrons des JMJ de Madrid en 2011.
Après une enfance déjà très mortifiée, elle prit l’habit des Sœurs du Tiers-Ordre dominicain et, à demi-recluse dans le jardin de ses parents, se livra à la pénitence et à l’oraison. Avec un zèle ardent pour le salut des pécheurs et des Indiens, pour qui elle souhaitait donner sa vie, elle se soumettait volontiers à toutes sortes d’austérités et de souffrances, pour les gagner au Christ. Elle mourut le 24 août 1617.

Martyrologe romain

Aujourd’hui encore, nous avons besoin de saints comme elle, a souligné François: «des personnes qui ne s’assoient pas sur le canapé en pantoufles, mais qui, brûlant du désir incontrôlable de vivre et d’annoncer l’Évangile, deviennent passionnément contagieuses dans la sainteté».

VaticanNews – Une sainte « agitée » par l’Esprit Saint – janvier 2024

Saint Pie X

Saint Pie X, le Pape réformateur de l’Église

En ce 21 aout, mémoire liturgique du Pape Saint Pie X, retour sur la figure de ce Pape du tournant du siècle, «pontife de l’Eucharistie et du catéchisme», selon les mots de l’un de ses successeurs, Pie XII.

Amedeo Lomonaco – Cité du Vatican

«Renouveler toutes les choses en Christ». C’est la perspective qui accompagne le pontificat du Pape Joseph Melchiore Sarto. Né à Riese (Trévise) en 1835 dans une famille de paysans, avant d’être élu Pape le 4 août 1903, il est évêque de Mantoue et patriarche de Venise.

Il prend le nom de Pie X et dirige l’Eglise au tournant du XXe siècle. Il succède à Léon XIII, qui avait promulgué en 1891 l’encyclique « Rerum novarum » sur la question ouvrière. Parmi les piliers de la vie chrétienne, il place l’Eucharistie : « C’est le divin sacrement qui nous assure la vie éternelle et nous rend certain que nous lutterons victorieusement contre nos ennemis… Jésus est le plus grand des bienfaits que l’humanité désolée a eu« , a-t-il affirmé.

Les premières années de pontificat

Le Pape Sarto expose le programme de son pontificat dans l’encyclique « E supremi » (4 octobre 1903) dans laquelle il indiquait une voie: « ramener le genre humain à l’empire du Christ« . Dès qu’il est monté sur le trône de Pierre, il charge une commission de cardinaux d’étudier la question dudit veto qui permet aux puissances européennes de s’opposer à l’élection d’un cardinal comme pape. Le « ius exclusivae » a ensuite été aboli avec la constitution « Commissum nobis » du 20 janvier 1904.

Dès le début de son pontificat, il se consacre à la réorganisation de la Curie romaine. Puis il commence à travailler à la rédaction du Code de droit canonique.  Il encourage la réforme liturgique et le chant sacré. En 1905, il créé le premier cardinal sud-américain de l’histoire de l’Église, l’évêque brésilien Mgr Joaquim Arcoverde Cavalcanti. Deux ans plus tard, dans la lettre encyclique « Pascendi Dominici Gregis« , il indique « les erreurs du modernisme ».

Le catéchisme de Pie X

Le pontificat du Pape Sarto est également lié en particulier au catéchisme. En 1905, Pie X prescrit un nouveau recueil. « La nécessité de pourvoir autant que possible à l’institution religieuse de la tendre jeunesse nous a conseillé d’imprimer un Catéchisme, qui expose clairement les rudiments de la sainte foi, et ces vérités divines, dont la vie de chaque chrétien doit être informée« , écrit Pie X dans une lettre adressée au cardinal Pietro Respighi. En 1912, un nouveau catéchisme est approuvé pour le diocèse et la province ecclésiastique de Rome.  Le catéchisme appelé « de Pie X » a été pour beaucoup un guide sûr dans l’apprentissage des vérités de la foi pour son langage simple, clair et précis et pour son efficacité expositive, soulignait pour sa part le Pape Benoît XVI lors de son audience générale du 18 août 2010.

Pie X, le sport et le tango

Le pontificat de Pie X est également lié au monde du sport. « Saint Pie X a encouragé la noble initiative du baron Pierre De Coubertin qui a restauré les Jeux olympiques à l’époque contemporaine avec un succès croissant« , rappelait Saint Jean-Paul II en 1982 en s’adressant aux membres du Comité international olympique.

Le Souverain Pontife est également un observateur attentif des divers aspects et domaines qui concernent la société. Il a, entre autres, obtenu la levée des sanctions ecclésiastiques pour ceux qui avaient pratiqué le tango, une danse arrivée en Europe en provenance d’Argentine. Après en avoir vu une représentation, il a affirmé, en dialecte, qu’il préférait « la danse forlane » -danse traditionnelle italienne originaire du Frioul- mais qu’il ne voyait pas de grands péchés dans cette nouvelle danse.

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale

La dernière partie du pontificat du Pape Pie X s’accompagne d’abord des vents menaçants de la guerre, puis du déclenchement de la Première Guerre mondiale, qui commence le 28 juillet 1914 avec la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie. Dans l’exhortation « Dum Europa » du 2 août 1914, le Souverain Pontife lance un appel à la paix: « Alors que les peuples d’Europe, presque tous, ont été entraînés dans les tourbillons d’une guerre très meurtrière, dont personne ne peut imaginer les dangers sans se sentir opprimé par la douleur et la peur, nous ne pouvons pas non plus ne pas nous inquiéter de nous sentir déchirés dans la douleur la plus indescriptible pour la santé et la vie de tant de citoyens et de tant de peuples qui nous sont chers« . Quelques jours après la promulgation de l’exhortation « Dum Europa », le 20 août 1914, Pie X meurt.

La canonisation

Pie X a été proclamé saint par Pie XII en 1954. Dans son discours après le rite de canonisation, ce dernier affirmait: « Vous en qui l’humilité semblait fraterniser avec grandeur, l’austérité avec douceur, la simple piété avec une profonde doctrine. Vous, Pontife de l’Eucharistie et du catéchisme, de toute foi et d’une fermeté sans crainte, tourne ton regard vers la sainte Église, que tu as tant aimée et à laquelle tu as consacré le meilleur des trésors, que d’une main prodigue la Bonté divine avait déposé dans ton âme ».

saint Bernard

Fêté ce 20 août, saint Bernard est celui qui a donné son véritable envol à l’Ordre cistercien. Sa doctrine, comme ses actes, reflète les inspirations d’une nature mystique et contemplative.

De 1973 à 1977, j’étais novice à l’abbaye cistercienne d’Oka, près de Montréal. C’est là que j’ai découvert saint Bernard et la spiritualité cistercienne. Figure importante de l’Occident chrétien, Bernard de Clairvaux demeure actuel aujourd’hui. Sa doctrine, comme ses actes, reflète les inspirations d’une nature mystique et contemplative, prompte à s’irriter contre tout ce qui peut éloigner de Dieu. Celui qui a donné le véritable envol à l’Ordre cistercien ne dissocie jamais le discours de l’expérience, la théologie de la spiritualité. Pour certains, il est le dernier des Pères de l’Église par sa connaissance amoureuse de la Bible, de la liturgie et de la tradition.

Bernard de Clairvaux est né en 1090 dans une famille noble, au château de Fontaine, près de Dijon. Son père, Tescelin, était le seigneur de Fontaine et chevalier du duc de Bourgogne. Sa mère, dame Aleth de Montbard, sera vénérée comme bienheureuse. Ils eurent de nombreux enfants. À la mort de sa mère en 1112, Bernard entre avec trente compagnons, frères et cousins, à l’abbaye de Citeaux, fondée en 1098 par saint Robert. Le monastère était dirigé par saint Étienne Harding.

Après quinze années de dur labeur à construire le monastère, il n’y avait qu’une poignée de moines, et plusieurs doutaient de plus en plus du bien-fondé de leur mission : revenir à la pureté de la Règle de saint Benoît. Le nouveau monastère avait besoin de jeunes hommes en santé qui délaisseraient les fêtes, les joutes et les guerres pour affronter le désert de Cîteaux. Aussi est-ce avec grand soulagement que l’abbé Étienne voit arriver Bernard et ses amis. Son père et ses autres frères le suivront plus tard.

En 1115, Bernard est chargé de fonder l’abbaye de Clairvaux, la claire vallée. Il y restera abbé jusqu’à sa mort. Assoiffé de contemplation, il sera pourtant appelé à parcourir les chemins de l’Europe. Au concile de Troyes, il reconnaît l’Ordre des Templiers et rédige leur Règle de Vie.

À partir de 1130, Bernard règle les conflits qui existent dans la papauté, ralliant le roi de France et l’empereur d’Allemagne à la cause de l’unité de l’Église. Homme de vérité, il s’oppose au théologien Abélard, l’amant d’Héloïse, et obtient sa condamnation au concile de Sens, en 1140. Il conseille le pape Eugène III, ancien moine de Clairvaux, qui lui demande de prêcher la seconde croisade. Sa voix est si forte à Vézelay qu’on l’entend très loin dans les champs. À Noël 1146, il prêche à Spire. Il intervient à Mayence pour empêcher les massacres de juifs par les fanatiques. On le consulte de partout.

Durant ce temps, de nouvelles abbayes cisterciennes surgissent un peu partout en Europe. Celui qu’on appelle le second fondateur de l’Ordre cistercien meurt en 1153. Il laisse derrière lui plus de 160 moines à Clairvaux, tandis que la nouvelle famille cistercienne compte près de 350 abbayes. Grand meneur d’âmes, animateur de la vie spirituelle, conseiller des évêques, gloire du XIIe siècle, Bernard est canonisé en 1173 par le pape Alexandre III, puis déclaré docteur de l’Église par Pie VIII en 1830. L’oraison du jour de sa fête, le 20 août, résume bien la place déterminante qu’il occupa dans l’Église et le zèle qui le dévorait : « Seigneur, tu as voulu que saint Bernard, rempli d’amour pour ton Église, soit dans ta maison la lampe qui brûle et qui éclaire; accorde-nous, par son intercession, la même ferveur de l’esprit, afin de vivre comme des fils de la lumière. »

Saint Bernard a non seulement vécu intensément, il a aussi beaucoup écrit. Ce fin lettré a une plume alerte qui suit le mouvement de son cœur aimanté au Christ et à Marie, sa Dame qu’il aime beaucoup. Vrai chercheur de Dieu, il se livre à une connaissance amoureuse de Dieu, qu’il traduit dans une prose superbe. Le traité de l’amour de Dieu et ses quatre-vingt-six Sermons sur le Cantique des cantiques, chant nuptial où il décrit l’union mystique de l’âme-épouse avec le Verbe-époux, demeurent des œuvres d’une grande beauté littéraire et d’une profondeur spirituelle où transparaît son désir de Dieu.

Saint Jean Eudes

Saint Jean Eudes

Jean Eudes est né le 14 novembre 1601 à Ri, près d’Argentan. Ses parents qui, pour obtenir un enfant, avaient invoqué la Vierge Marie, le lui consacrèrent dès avant sa naissance. Il passa son enfance à la campagne puis, à quatorze ans, il fut confié aux Jésuites de Caen. Adolescent, il manifestait une ténacité qui lui servira toujours, et il témoignait aussi d’une compréhension profonde de l’Evangile. Il fréquenta la Faculté de théologie de Caen (1621-1623) où il connut l’Oratoire, institut récemment fondé à Paris par Pierre de Bérulle. Jean Eudes, admis à l’Oratoire de Paris (25 mars 1623), poursuivit ses études dans les maisons de Marines et d’Aubervilliers. Il fut ordonné prêtre le 20 décembre 1625, après avoir été initié par Bérulle lui-même au mystère du Christ et de son Sacerdoce.

Les deux années suivantes furent un repos forcé, imposé par une grande fatigue. Jean Eudes fit de ce repos une longue retraite où il approfondit sa connaissance des Ecritures, des Pères et des spirituels. Il comprit de mieux en mieux que le Christ est notre Chef, que nous sommes ses membres et que nous devons vivre de sa vie. Il sera à la fois rénovateur et novateur. Rénovateur de la vie chrétienne, novateur par ses initiatives concrètes.

En 1627, son père lui écrivit que la peste ravageait la région d’Argentan où beaucoup mouraient seuls, sans sacrements. Il partit pour ce premier ministère, puis il rejoignit l’Oratoire de Caen. Dès lors, il se consacra aux missions intérieures. Durant cinquante ans, il prêcha, rappelant inlassablement la sainteté de la vie chrétienne : « Etre chrétien et être saint, c’est la même chose, c’est faire profession de Jésus-Christ. » Il insistait sur le baptême, point de départ et source de cette vie, dont recommandait de renouveler fréquemment les promesses.

Parce que Jean Eudes rencontrait souvent des prêtres médiocres ou ignorants, peu préparés à leur ministère, il se sentit appelé à préparer de meilleurs prêtres. Il rencontrait, chez ses supérieurs oratoriens un refus persistant. Il priait, réfléchissait, consultait mais attendait. Finalement, et non sans déchirement intérieur, il quitta l’Oratoire, et le 25 mars 1643, avec quelques prêtres, il fonda une nouvelle communauté, la Congrégation de Jésus et Marie, dite aujourd’hui des Eudistes, qui ouvrit le séminaire de Caen. Désormais Jean Eudes travailla sur plusieurs fronts : les Missions, qu’il ne laissa jamais, et le séminaire. Cette seconde œuvre lui apparaissait primordiale, et si au cours d’une Mission il apprenait qu’il y avait besoin au séminaire, on devait, disait-il, « y courir comme au feu. »

Devenu supérieur d’une congrégation sacerdotale qu’il mit à la disposition des évêques, il fut sollicité pour fonder des séminaires en Normandie et en Bretagne. De 1643 à sa mort, il vécut un temps d’intense action pour le service de l’Eglise. Ce fut aussi des années d’épreuves. De la part de plusieurs personnes, d’anciens amis et de jansénistes, Jean Eudes rencontra toutes sortes d’oppositions. Raillé, vilipendé et calomnié, ce fut un homme à abattre. « La divine Miséricorde, écrit-il dans son Journal, m’a fait passer par un grand nombre de tribulations : c’est une des plus grandes faveurs qu’elle m’a faites. »

En 1648, Jean Eudes fit célébrer, à Autun, la première fête liturgique du Cœur de Marie. Un peu plus tard, en 1672, les communautés eudistes célébrèrent la première fête liturgique du Cœur de Jésus. L’institution de cette fête était l’aboutissement de toute une vie de prière et de service apostolique. Toute sa vie, Jean Eudes avait contemplé l’amour de Dieu. Il l’avait sans cesse découvert dans l’Écriture, médité dans les écrits des spirituels et dans sa prière ; il l’avait reconnu dans la vie, dans son ministère de prêtre.

Saint Jean Eudes mourut à Caen le 19 août 1680 et fut canonisé, le 31 mai 1925, en même temps que Jean-Marie Vianney. Dans le titre de sa canonisation, « Père, docteur et apôtre des cultes liturgiques des Coeurs de Jésus et de Marie », l’Église reconnaît l’engagement missionnaire constant de saint Jean Eudes au service de la vie chrétienne, invitant les baptisés à prendre conscience de l’union qu’ils sont invités à vivre avec le Christ pour ne faire qu’un seul coeur avec Lui et entre eux. Marie est « l’exemplaire » parfait et universel de la vie dans le Christ, elle dont le coeur ne fait qu’un avec celui de son Fils. Saint Jean Eudes demeure ainsi un des grands maîtres de l’École Française de Spiritualité au XVIIe siècle.

Aujourd’hui, les Eudistes sont présents dans 19 pays, sur quatre continents et poursuivent leur mission pour servir le Christ et l’Église, à la suite de saint Jean Eudes.

Lectures de la messe

Première lecture

« Le Seigneur suscita des juges. Mais ils n’obéissaient pas non plus à leurs juges » (Jg 2, 11-19)

Lecture du livre des Juges

En ces jours-là,
les fils d’Israël firent ce qui est mal aux yeux du Seigneur,
et ils servirent les Baals.
Ils abandonnèrent le Seigneur, le Dieu de leurs pères,
qui les avait fait sortir du pays d’Égypte,
et ils suivirent d’autres dieux
parmi ceux des peuples d’alentour.
Ils se prosternèrent devant eux,
et ils irritèrent le Seigneur.
Ils abandonnèrent le Seigneur
pour servir Baal et Astarté.
Alors la colère du Seigneur s’enflamma contre Israël.
Il les livra aux mains des pillards,
les abandonna aux ennemis qui les entouraient,
et ils furent incapables de leur résister.
Dans toutes leurs expéditions,
la main du Seigneur était contre eux, pour leur malheur,
comme il le leur avait dit,
comme il en avait fait serment.
Ils furent dans une très grande détresse.

Alors le Seigneur suscita des juges
pour les sauver de la main des pillards.
Mais ils n’obéissaient pas non plus à leurs juges.
Ils se prostituèrent en suivant d’autres dieux,
ils se prosternèrent devant eux.
Ils ne tardèrent pas à se détourner
du chemin où leurs pères avaient marché
en obéissant aux commandements du Seigneur ;
ils n’agirent pas comme eux.
Lorsque le Seigneur suscitait pour eux un juge,
le Seigneur était avec le juge,
et il les sauvait de la main de leurs ennemis
aussi longtemps que le juge était en vie ;
car le Seigneur se laissait émouvoir
quand ils gémissaient
sous la violence de leurs oppresseurs.
Mais quand le juge était mort, ils recommençaient
et poussaient la corruption plus loin que leurs pères :
ils suivaient d’autres dieux,
les servaient et se prosternaient devant eux ;
ils ne renonçaient en rien à leurs pratiques
ni à leur conduite obstinée.

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 105 (106), 6.35, 36-37, 39-40, 43ab.44)

R/ Souviens-toi de nous, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
(cf. Ps 105, 4)

Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.
Ils vont se mêler aux païens,
ils apprennent leur manière d’agir.

Alors ils servent leurs idoles,
et pour eux c’était un piège :
ils offrent leurs fils et leurs filles
en sacrifice aux démons.

De telles pratiques les souillent ;
ils se prostituent par de telles actions.
Et le Seigneur prend feu contre son peuple :
ses héritiers lui font horreur.

Tant de fois délivrés par Dieu,
ils s’obstinent dans leur idée,
Et lui regarde leur détresse
quand il entend leurs cris.

Évangile

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux » (Mt 19, 16-22)

Alléluia. Alléluia.
Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia. (Mt 5, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
voici que quelqu’un s’approcha de Jésus et lui dit :
« Maître, que dois-je faire de bon
pour avoir la vie éternelle ? »
Jésus lui dit :
« Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ?
Celui qui est bon, c’est Dieu, et lui seul !
Si tu veux entrer dans la vie,
observe les commandements. »
Il lui dit :
« Lesquels ? »
Jésus reprit :
« Tu ne commettras pas de meurtre.
Tu ne commettras pas d’adultère.
Tu ne commettras pas de vol.
Tu ne porteras pas de faux témoignage.
Honore ton père et ta mère.

Et aussi :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Le jeune homme lui dit :
« Tout cela, je l’ai observé :
que me manque-t-il encore ?
Jésus lui répondit :
« Si tu veux être parfait,
va, vends ce que tu possèdes,
donne-le aux pauvres,
et tu auras un trésor dans les cieux.
Puis viens, suis-moi. »

À ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste,
car il avait de grands biens.

– Acclamons la Parole de Dieu.

020dim TOC  Luc 12,49-53   Le feu

020dim TOC  Luc 12,49-53   Le feu

“Je suis venu apporter un feu sur la terre !”

Dans la tradition biblique, le feu est à la fois ce qui détruit et ce qui purifie.

Le feu de Jésus n’est pas celui de la guerre, ni de l’incendie, mais bien plutôt le feu de l’Esprit Saint. Un feu qui brûle nos péchés et allume en nous l’étincelle de l’Amour. Un feu qui nous embrase et que nous sommes appelés à diffuser. St Jean de la Croix écrivait en ce sens: comme le feu transforme toute chose en lui-même, de même l’amour de Dieu pour qui se laisse embrasser. Voilà le désir ardent de Jésus, que ce feu brûle en nous!

Ce désir de Jésus, nous avons à l’entendre encore aujourd’hui et à y répondre personnellement, car le feu de l’Esprit Saint couve en nous depuis que le Père a posé sur nous, au baptême, le sceau de son Esprit. Il s’assoupit comme tous les feux si l’on l’abandonne.

“Je suis venu apporter un feu sur la terre !”

Nous sommes appelés à vivre avec ce feu chaque instant de notre vie. En nous, il y a certainement d’autres aspirations, d’autres attentes… Mais nous sommes créés pour pouvoir aimer, rencontrer, vivre en communion avec Dieu et avec nos frères… Cette relation est bien plus profonde, essentielle que la relation marchande qui asservit notre être en des liens sans signification et qui au bout du compte nous enferme chacun dans une solitude mortifère. Voilà le véritable combustible que le Seigneur perçoit pour son feu. Le pape François nous appelle à vivre ce feu, la « joyeuse pagaille », selon le jeu de mot du Pape.

La venue du Christ est donc une annonce de paix, une réconciliation avec Dieu et le prochain, comme il l’a proclamé par le double commandement de l’amour. Baptisés, nous sommes co-responsables pour que ce feu se propage là où nous vivons, en famille, en société. La famille est normalement une valeur dans la mesure où elle contribue à protéger pour donner aux personnes qui la composent de grandir en humanité. Satan, le diviseur, cherche à éteindre ce feu d’Amour de Dieu en allumant partout le feu de la division, de la haine, même dans nos familles.

Le feu de la haine, de la division est en braise au cœur de l’humanité et les êtres humains continuent de s’entre-tuer, de se jalouser, de dominer par le pouvoir ou l’argent. Chaque jour, depuis notre baptême, nous devons affronter toute épreuve, être prêts à rendre témoignage de notre foi en devenant des artisans de la Paix, de l’Unité, en vivant  les valeurs de l’Evangile, telles la vérité, la transparence et l’amour au milieu de nos frères, de nos concitoyens, alors que l’ambiance socio-politique favorise sans gêne le mensonge, la trahison et la violence.

Tout cela ne doit pas nous faire peur parce que le feu de l’Esprit de Jésus est plus fort que toutes les manœuvres pour l’étouffer. Ainsi, nourris par le sacrement de l’Eucharistie, nous pouvons aller répandre dans le monde, non par des divisions, mais avec ce souhait que saint Paul adressait aux Romains : « Que le Dieu de la paix soit avec vous tous !

P. Joseph Nguyên Xuân Hà

Debout, à la droite du Seigneur, se tient la reine, toute parée d’or. (cf. Ps 44, 10b)

Psaume 44 (45), 11-12a, 12b-13, 14-15a, 15b-16

R/ Debout, à la droite du Seigneur,
se tient la reine, toute parée d’or.
(cf. Ps 44, 10b)

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
le roi sera séduit par ta beauté.

Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
Alors, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d’étoffes d’or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi.

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.

S. Maximilien Kolbe, prêtre et martyr

 Qui est saint Maximilien KOLBE ?

Le Père Maximilien Kolbe est né à Zdunska Wola, près de Lodz en Pologne, en janvier 1894.

• Entré en 1907 au séminaire des Franciscains Conventuels, il fut envoyé à Rome pour y poursuivre ses études ecclésiastiques.

• Alors qu’il était encore étudiant, il fonda avec quelques frères la MISSION DE L’IMMACULÉE en vue de sanctifier le monde entier avec l’aide de la Vierge Immaculée.

• Ordonné prêtre en 1918 et revenu en Pologne, il commença son apostolat à l’aide d’une revue, ‘ Le Chevalier de l’Immaculée ‘.

• En 1927, il fonda un ‘ Couvent-Maison d’édition ‘ confié à Marie : Niepokalanów (Cité de l’Immaculée), centre de vie religieuse et de diverses formes d’apostolat, où plusieurs centaines de religieux vivaient dans une pauvreté de vie vraiment franciscaine, mais travaillaient sur les machines les plus perfectionnées.

• Désireux de communiquer l’amour de l’Immaculée à tous, il partit pour le Japon, où il fonda une institution semblable (Mugenzai no Sono).

• De retour en Pologne, en 1936, il fut emprisonné pour la première fois en 1939 par les allemands.
Arrêté définitivement le 17 février 1941, il fut enfermé dans le camp d’Auschwitz. Il y vécut parmi les privations et les persécutions, illuminant de foi, d’espérance et de charité ce lieu de mort et de haine, jusqu’au jour où il s’offrit pour mourir dans le bunker de la faim à la place d’un père de famille.
Après avoir soutenu tous ses compagnons, il fut tué par une injection de phénol le 14 août 1941. Son corps fut brûlé au four crématoire le lendemain, fête de l’Assomption.

• Paul VI l’a déclaré ‘ bienheureux ‘ le 17 octobre 1971.

• Jean-Paul II l’a déclaré ‘ saint ‘, comme martyr, le 10 octobre 1982.

Ce même pape a présenté plusieurs fois saint Maximilien comme protecteur de ce siècle difficile, parce que toute sa vie fut marquée par un profond esprit missionnaire. En effet, le Mouvement qu’il a fondé (la Mission de l’Immaculée) n’a d’autre but que de ‘ rendre au Christ le monde entier par l’Immaculée ‘, et toute son œuvre éditoriale et journalistique ne visait qu’à permettre au plus grand nombre possible de personnes de redécouvrir leur mission de baptisés dans le monde.

Jean-Paul II l’a aussi voulu comme exemple pour notre société à cause du témoignage héroïque de sérénité et d’amour qu’il a vécu aux heures les plus sombres de la barbarie destructrice.

 Seul l’amour est une force de création ‘, disait saint Maximilien à ses compagnons de malheur, les invitant par là à faire face à la haine avec la force de l’amour.

Jésus n’avait-il pas dit : ‘ Il n’ y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime ‘ ?

Sainte Jeanne-Françoise de Chantal

Sainte Jeanne-Françoise
de Chantal
Fondatrice d’Ordre
(1572-1641)

Jeanne-Françoise Fremiot de Chantal, née à Dijon, réunit en elle toutes les distinctions, celle de la naissance, celle de l’esprit, celle surtout de la sainteté. Admirable en tout, dès son bas âge elle brilla surtout par un zèle ardent pour la foi catholique.

A cinq ans, on la vit reprendre avec force un hérétique qui parlait contre la présence réelle: « Monsieur, lui dit-elle, vous ne croyez pas que Jésus-Christ soit dans l’Eucharistie; cependant Il a dit qu’Il y était, vous croyez donc qu’Il n’a pas dit la vérité? » Le protestant, ne sachant que répondre, voulut fermer la bouche de l’enfant en lui offrant des dragées, mais elle les jeta au feu avec mépris, en disant: « Voilà, monsieur, comment les hérétiques brûleront en enfer pour n’avoir pas cru aux paroles de Jésus-Christ! »

Âgée de vingt ans, elle fut donnée en mariage à un époux digne d’elle, le baron de Chantal. Dieu donna de nombreux et charmants enfants à ces époux modèles; rien ne manquait à leur bonheur, quand une catastrophe épouvantable vint le briser: le baron fut blessé à la chasse, par accident, de la main d’un de ses amis, et mourut pieusement quelques jours après. Jeanne avait vingt-huit ans; elle reçut le coup terrible sans faiblir et fit à Dieu, à l’instant même, le voeu de chasteté parfaite, se traça un plan de vie austère, se vêtit sans luxe, porta le cilice et se donna tout entière à sa sanctification et à l’éducation de ses enfants.

Dieu lui fit bientôt rencontrer saint François de Sales, à Dijon même; dès lors elle se mit sous sa direction, et sa vie s’éleva rapidement à une perfection supérieure: « J’ai trouvé à Dijon, pouvait dire le Saint, la femme forte, en Mme de Chantal. »

Après avoir montré au monde le modèle de la mère chrétienne, Dieu va faire éclater en l’illustre Sainte le modèle sublime de la perfection religieuse. Elle devint fondatrice de l’Ordre de la Visitation. La séparation fut pour elle un sacrifice sublime; il lui fallut résister aux cris et aux larmes et passer par-dessus le corps de son fils aîné, qui s’était couché sur le seuil de la porte, criant: « Maman, ne me quittez pas! » Une telle âme devait franchir à grands coups d’ailes les sommets de la plus haute sainteté.

Elle en vint à faire le voeu de choisir toujours ce qui lui paraîtrait le plus parfait. L’amour de Dieu possédait son âme au point qu’elle n’en pouvait supporter l’ardeur. « Ah! disait-elle, si le monde connaissait la douceur d’aimer Dieu, il mourrait d’amour! » Saint Vincent de Paul vit son âme monter au Ciel sous la forme d’un globe de feu et rejoindre l’âme de saint François de Sales, brillante du même éclat.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950

Sainte Claire d’Assise

Sainte Claire d’Assise

fondatrice des Clarisses (✝ 1253)

 

Il n’est pas possible de séparer l’histoire de sainte Claire de celle de saint François d’Assise. Née à Assise, elle a 11 à 12 ans de moins que lui. Elle est de famille noble et lui fils de marchand. Au moment de la ‘commune’ d’Assise vers 1200, soulèvement violent contre le pouvoir féodal, auquel participe saint François, les parents de Claire quittent la ville par sécurité et se réfugient à Pérouse, la ville rivale. Ils ne reviendront à Assise que 5 à 6 ans plus tard. Claire ne commence à connaître saint François que vers 1210, quand celui-ci, déjà converti à la vie évangélique, se met à prêcher dans Assise. Elle est séduite par lui et par cette vie pauvre toute donnée au Christ. Elle cherche donc à rencontrer François par l’intermédiaire de son cousin Rufin qui fait partie du groupe des frères. Ensemble, ils mettent au point son changement de vie. Le soir des Rameaux 1212, elle quitte la demeure paternelle et rejoint saint François à la Portioncule. Elle a 18 ans et se consacre à Dieu pour toujours. L’opposition de sa famille n’y pourra rien. Rapidement d’autres jeunes filles se joignent à Claire, dont sa sœur Agnès, sa maman Ortolana et son autre sœur Béatrice. La vie des ‘Pauvres Dames’ prospère rapidement et d’autres monastères doivent être fondés. Le Pape Innocent III leur accorde ‘le privilège de pauvreté’. Mais après la mort de saint François, les papes interviendront pour aménager la vie matérielle des Clarisses et leur permettre une relative sécurité. Claire refuse de toutes ses forces. Elle veut la pauvreté totale et la simplicité franciscaine. En 1252, le pape Innocent IV rend visite aux Sœurs, accepte leur Règle de vie et la bulle d’approbation arrive le 9 août 1253. Claire meurt le 11 août tenant la bulle dans ses mains dans la paix et la joie.
La communauté des clarisses de Cormontreuil (Reims) vous propose de découvrir Claire d’Assise par sa vie en 10 épisodes.

méditation sur les symboles dans la vie et les écrits de sainte Claire d’Assise, vidéo de la WebTV de la CEF.
Le 15 septembre 2010, Benoît XVI a consacré sa catéchèse à Claire d’Assise (1193-1253), une des saintes les plus aimées dans l’Église. Son témoignage « montre ce que l’Église doit aux femmes courageuses et remplies de foi, capables de donner une forte impulsion à sa rénovation ». Puis il a rappelé qu’elle naquit dans une famille aristocratique, qui décida de la marier à un bon parti. Mais à dix huit ans, Claire et son amie Bonne quittèrent leurs foyers et décidèrent de suivre le Christ en entrant dans la communauté de la Portioncule. C’est François qui l’y accueillit, lui tailla les cheveux et la revêtit d’un grossier vêtement de pénitence. Dès lors fut elle une vierge, épouse du Christ, humble et pauvre, totalement consacrée au Seigneur ».
Dès le début de sa vie religieuse, a ensuite rappelé le Pape, « Claire trouva en François un maître avec ses enseignements, et plus encore un ami fraternel. Cette amitié fut considérable car, lorsque deux âmes pures brûlent ensemble du même amour de Dieu, elles trouvent dans l’amitié un encouragement à la perfection. L’amitié est l’un des sentiments les plus nobles et élevés que la grâce divine purifie et transfigure ». L’évêque Jacques de Vitry, qui connut les débuts du mouvement franciscain, a rapporté que la pauvreté radicale, liée à la confiance absolue en la Providence, était caractéristique de sa spiritualité, et que Claire y était très sensible. C’est pourquoi elle obtint du Pape « le Privilegium Paupertatis, confirmant que Claire et ses compagnes du couvent de San Damiano ne pourraient jamais posséder de biens fonciers. « Ce fut une exception totale au droit canonique de l’époque, accordée par les autorités ecclésiastiques devant les fruits de sainteté évangélique produits par le mode de vie de la sainte et de ses sœurs ».
Ce point, a-t-il ajouté, « montre combien au Moyen Âge le rôle de la femme était important. D’ailleurs, Claire fut la première femme de l’histoire de l’Église à rédiger une règle qui fut soumise à l’approbation papale, par laquelle elle voulut que le charisme de saint François fut conservé dans toutes les communautés féminines s’inspirant de leur exemple ». A San Damiano, elle « pratiqua les vertus héroïques qui devraient distinguer tous les chrétiens, l’humilité, la piété, la pénitence et la charité. Sa réputation de sainteté et les prodiges opérés grâce à elle conduisirent Alexandre IV à canoniser Claire en 1255, à peine deux ans après sa mort ». Ses filles spirituelles, les clarisses, poursuivent dans la prière une œuvre inappréciable au sein de l’Église.
(source: VIS 20100915 430)
Pie XII, Lettre Apostolique (en forme brève) proclamant Ste Claire Patronne Céleste de la Télévision (21 août 1958)
Sainte Claire est présente sur les vitraux de plusieurs églises du diocèse d’Autun.
Mémoire de sainte Claire, vierge. Première plante des pauvres Dames de l’Ordre des Mineurs, elle suivit saint François d’Assise et mena au couvent de Saint-Damien une vie très austère, mais riche d’œuvres de charité et de piété. Aimant par-dessus tout la pauvreté, elle n’accepta jamais de s’en écarter, pas même dans l’extrême indigence ou dans la maladie. Elle mourut à Assise en 1253.

 

Martyrologe romain

Ce que tu tiens, tiens-le. Ce que tu fais, fais-le et ne le lâche pas. Mais d’une course rapide, d’un pas léger, sans entraves aux pieds, pour que tes pas ne ramassent pas la poussière, sûre, joyeuse et alerte, marche prudemment sur le chemin de la béatitude.

Sainte Claire à sainte Agnès de Prague

Saint Laurent, Diacre et martyr

Saint Laurent, Diacre et martyr
Date : 10/08
Epoque : IIIème s.
Pays : Rome, Italie

Saint Laurent est certainement le plus célèbre des martyrs de Rome du IIIe siècle.Trésorier de l’Église, il est sommé d’en livrer les biens et les archives dont il a la garde. Négociant un délai de trois jours pour les rassembler, il regroupe les pauvres de Rome et les amène avec lui devant le tribunal, déclarant : « Voilà les vrais trésors de l’Église : ils ne diminuent jamais et augmentent toujours ». Il est alors brûlé vif sur un lit de fer en forme de grill.

Tout devait frapper la mémoire des chrétiens de Rome en Laurent, martyr admirable. Même si l’imaginaire a brodé sur le récit transmis de sa « passion », son héroïsme est un sommet des Actes de l’Église primitive. On a souvent comparé Laurent à un autre Diacre, lui aussi de stature exceptionnelle : Étienne de Jérusalem. L’inscription que le Pape Damase fit graver sur le tombeau de Laurent est très fidèle à la réalité : « Coups, bourreaux, flammes, tourments et chaînes, seule la foi de Laurent a pu les vaincre ». C’était le 10 août 258.

Réalité et légende ont nourri un culte insigne en l’honneur de saint Laurent. Dès l’époque de Constantin, au début IVe siècle, on édifie sa basilique « hors-les-murs » de Rome. Au IVe siècle, la fête de Laurent à Rome avait le même rang que celle des Apôtres Pierre et Paul. Au XVIe siècle en Espagne, le roi Philippe II, pour célébrer ses victoires, fait édifier l’immense palais de l’Escorial en forme de gril ! La Liturgie de la Messe de Laurent met en relief le ministère du Diacre, servant à la fois le Christ, l’autel et les pauvres.
On fête également un saint Laurent italien qui fut prédicateur itinérant au XVIe siècle ; il est célébré le 21 juillet.

Le prénom Laurent vient du latin « laurier » (laurus).

019 dim TOC  Luc 12,32-48

019 dim TOC  Luc 12,32-48

« Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Pour nous aujourd’hui, que veut dire “être prêts” ? Prêts à quoi ?

Comme chrétiens, il me semble que nous devons être prêts à reconnaître les signes que Dieu ne cesse de nous donner à travers les divers événements de notre vie. Mais comment être prêts ? Le serviteur de l’évangile ne se tient pas prêt en restant à attendre devant la porte sans rien faire ou en passant son temps à penser à son maître absent. Le serviteur se tient prêt en accomplissant bien son travail, ce qui lui a été confié par son maître : “donner à chacun en temps voulu sa part de nourriture ”.

Le maître qui vient pendant la nuit dans l’Evangile, c’est Dieu lui-même. Jésus, Fils de Dieu n’a jamais souhaité vivre sa mission comme un pouvoir. Au désert, il a refusé les tentations de l’orgueil et de la puissance. Sa naissance et sa mort sont davantage l’expression de l’humilité, de la fragilité. Voilà pourquoi le Christ se présente aussi comme un serviteur. Le service, Jésus en a parlé, mais il l’a surtout illustré par ses actes : le lavement des pieds, l’attention aux plus démunis, le don total de sa vie par amour… Si Jésus se présente comme un maître puis comme un serviteur, pourquoi utilise-t-il aussi l’image du voleur ? Tout simplement pour nous faire comprendre qu’il vient à notre rencontre discrètement, sans tambour ni trompette. Il nous appelle à la vigilance pour reconnaître sa présence.

Guy de Fontgalland, mort à onze ans en 1925, à qui on demandait ce qu’il ferait s’il apprenait que sa mort était proche, répondit : je continuerait à jouer ! Bien faire son travail est sans doute la meilleure manière d’être prêt à la visite de Dieu.

Dans cette page d’Evangile, nous sommes donc invités à être, nous aussi, des serviteurs : la tenue de service et la lampe de nos cœurs bien allumée, nous sommes alors capables de devenir veilleurs. Jésus nous déclare « heureux » lorsque nous sommes attentifs, que nous nous préparons à le recevoir ! La prière, nos célébrations, mais aussi tous nos gestes d’amour sont des moyens simples de nous mettre en relation avec le Seigneur, de lui donner une vraie place dans nos vies de tous les jours.

Alors, frères et sœurs, voici de beaux défis pour cette semaine : la confiance, la foi, le service, la vigilance. Dans notre prière personnelle ou communautaire, demandons au Seigneur, la grâce de mettre en œuvre ces attitudes. Elles nous rendront profondément heureux et combleront aussi le cœur de nos proches ! Elles réjouiront le cœur de Dieu.

Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! (Ps 32)

Merci Seigneur de veiller sur nous, et de faire de nous des veilleurs ! Amen

Joseph Nguyên Xuân Hà

 Musique : Joie parfaite au cœur de Dieu  

Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix

Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)

« Dieu est la vérité.
Qui cherche la vérité, cherche Dieu,
qu’il en soit conscient ou non. » Lettre d’Edith Stein à soeur Adelgundis Jaegerschmid, le 23 mars 1938.

Philosophe et carmélite, Edith Stein vient au monde dans une famille juive le 12 octobre 1891 à Breslau en Prusse. Malgré une éducation marquée par le judaïsme, elle s’éloigne résolument à l’âge de l’adolescence de toute croyance religieuse en même temps qu’elle quitte librement l’école pour un temps. Sa vive intelligence l’engage à rechercher la vérité avec les moyens nécessaires : elle reprend donc le lycée et et va s’inscrire à l’université pour suivre les cours qui l’intéressent en psychologie et philosophie.

stein1 Edith est l’une des rares femmes de son époque à fréquenter l’université ; elle sera la 1re femme docteur en philosophie avec sa thèse sur « l’Einfühlung » (empathie). Edith devient élève puis assistante d’Edmund Husserl, dont les travaux en phénoménologie rendent la jeune femme attentive au phénomène religieux.

La question de la foi en Dieu s’impose progressivement à elle quand elle voit une femme prier seule dans une église ou quand une amie veuve traverse le deuil en puisant sa force dans sa foi. En 1921, la lecture de l’autobiographie de Thérèse d’Avila la décide à demander le baptême dans l’Église catholique. Unissant ses compétences philosophiques à la lumière que lui donne la foi, Edith Stein se consacre pendant une dizaine d’années à l’enseignement au couvent des dominicaines de Spire. Son principal souci est de mettre en valeur une vision chrétienne de la personne humaine.

Pleinement lucide sur la signification de la montée du nazisme et interdite d’enseignement en raison de son origine juive, elle entre au Carmel de Cologne en 1933 et y prend le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix. Nouvelle rupture avec sa famille et surtout avec sa mère qui ne comprend pas son choix. Mais Edith poursuit son combat contre le mal qui se déchaîne dans le monde à un niveau de radicale profondeur : avec le Christ, sous le signe de la Croix. Elle décide de se tenir devant Dieu afin d’intercéder pour tous.

Elle cherche à quitter l’Allemagne et part pour le Carmel d’Echt en Hollande en 1938. Suite à une dénonciation des exactions nazies par les évêques hollandais, le pouvoir national-socialiste décide de déporter tous les chrétiens d’origine juive. Le 9 août 1942, Edith Stein meurt dans les chambres à gaz d’Auschwitz, à la fois victime de la Shoah et témoin du Christ.

Elle sera canonisée par le pape Jean-Paul II le 11 octobre 1998 et proclamée co-patronne de l’Europe en 1999.

Thérèse-Bénédicte de la Croix Edith Stein (1891-1942)

Thérèse-Bénédicte de la Croix Edith Stein (1891-1942)
Carmélite déchaussée, martyr

 

« Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d’Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle. Elle est la synthèse d’une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s’engagent, aujoud’hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son coeur qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, « jusqu’à ce qu’enfin il trouvât le repos dans le Seigneur » « .

Ces paroles furent prononcées par le Pape Jean-Paul II à l’occasion de la béatification d’Édith Stein à Cologne, le 1 mai 1987.

Qui fut cette femme?

Quand, le 12 octobre 1891, Édith Stein naquit à Wroclaw (à l’époque Breslau), la dernière de 11 enfants, sa famille fêtait le Yom Kippour, la plus grande fête juive, le jour de l’expiation. « Plus que toute autre chose cela a contribué à rendre particulièrement chère à la mère sa plus jeune fille ». Cette date de naissance fut pour la carmélite presque une prédiction.

Son père, commerçant en bois, mourut quand Édith n’avait pas encore trois ans. Sa mère, femme très religieuse, active et volontaire, personne vraiment admirable, restée seule, devait vaquer aux soins de sa famille et diriger sa grande entreprise; cependant elle ne réussit pas à maintenir chez ses enfants une foi vivante. Édith perdit la foi en Dieu: « En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de prier ».

Elle obtint brillamment son diplôme de fin d’études secondaires en 1911 et commença des cours d’allemand et d’histoire à l’Université de Wroclaw, plus pour assurer sa subsistance à l’avenir que par passion. La philosophie était en réalité son véritable intérêt. Elle s’intéressait également beaucoup aux questions concernant les femmes. Elle entra dans l’organisation « Association Prussienne pour le Droit des Femmes au Vote ». Plus tard elle écrira: « Jeune étudiante, je fus une féministe radicale. Puis cette question perdit tout intérêt pour moi. Maintenant je suis à la recherche de solutions purement objectives ».

En 1913, l’étudiante Édith Stein se rendit à Gôttingen pour fréquenter les cours de Edmund Husserl à l’université; elle devint son disciple et son assistante et elle passa aussi avec lui sa thèse. À l’époque Edmund Husserl fascinait le public avec son nouveau concept de vérité: le monde perçu existait non seulement à la manière kantienne de la perception subjective. Ses disciples comprenaient sa philosophie comme un retour vers le concret. « Retour à l’objectivisme ». La phénoménologie conduisit plusieurs de ses étudiants et étudiantes à la foi chrétienne, sans qu’il en ait eu l’intention. À Gôttingen, Édith Stein rencontra aussi le philosophe Max Scheler. Cette rencontre attira son attention sur le catholicisme. Cependant elle n’oublia pas l’étude qui devait lui procurer du pain dans l’avenir. En janvier 1915, elle réussit avec distinction son examen d’État. Elle ne commença pas cependant sa période de formation professionnelle.

Alors qu’éclatait la première guerre mondiale, elle écrivit: « Maintenant je n’ai plus de vie propre ». Elle fréquenta un cours d’infirmière et travailla dans un hôpital militaire autrichien. Pour elle ce furent des temps difficiles. Elle soigna les malades du service des maladies infectieuses, travailla en salle opératoire, vit mourir des hommes dans la fleur de l’âge. À la fermeture de l’hôpital militaire en 1916, elle suivit Husserl à Fribourg-en-Brisgau, elle y obtint en 1917 sa thèse « summa cum laudae » dont le titre était: « Sur le problème de l’empathie ».

Il arriva qu’un jour elle put observer comment une femme du peuple, avec son panier à provisions, entra dans la cathédrale de Francfort et s’arrêta pour une brève prière. « Ce fut pour moi quelque chose de complètement nouveau. Dans les synagogues et les églises protestantes que j’ai fréquentées, les croyants se rendent à des offices. En cette circonstance cependant, une personne entre dans une église déserte, comme si elle se rendait à un colloque intime. Je n’ai jamais pu oublier ce qui est arrivé ». Dans les dernières pages de sa thèse elle écrit: « Il y a eu des individus qui, suite à un changement imprévu de leur personnalité, ont cru rencontrer la miséricorde divine ». Comment est-elle arrivée à cette affirmation?

Édith Stein était liée par des liens d’amitié profonde avec l’assistant de Husserl à Gôtingen, Adolph Reinach, et avec son épouse. Adolf Reinach mourut en Flandres en novembre 1917. Édith se rendit à Gôttingen. Le couple Reinach s’était converti à la foi évangélique. Édith avait une certaine réticence à l’idée de rencontrer la jeune veuve. Avec beaucoup d’étonnement elle rencontra une croyante. « Ce fut ma première rencontre avec la croix et avec la force divine qu’elle transmet à ceux qui la portent […] Ce fut le moment pendant lequel mon irréligiosité s’écroula et le Christ resplendit ». Plus tard elle écrivit: « Ce qui n’était pas dans mes plans était dans les plans de Dieu. En moi prit vie la profonde conviction que -vu du côté de Dieu- le hasard n’existe pas; toute ma vie, jusque dans ses moindres détails, est déjà tracée selon les plans de la providence divine et, devant le regard absolument clair de Dieu, elle présente une unité parfaitement accomplie ».

À l’automne 1918, Édith Stein cessa d’être l’assistante d’Edmund Husserl. Ceci parce qu’elle désirait travailler de manière indépendante. Pour la première fois depuis sa conversion, Édith Stein rendit visite à Husserl en 1930. Elle eut avec lui une discussion sur sa nouvelle foi à laquelle elle aurait volontiers voulu qu’il participe. Puis elle écrit de manière surprenante: « Après chaque rencontre qui me fait sentir l’impossibilité de l’influencer directement, s’avive en moi le caractère pressant de mon propre holocauste ».

Édith Stein désirait obtenir l’habilitation à l’enseignement. À l’époque, c’était une chose impossible pour une femme. Husserl se prononça au moment de sa candidature: « Si la carrière universitaire était rendue accessible aux femmes, je pourrais alors la recommander chaleureusement plus que n’importe quelle autre personne pour l’admission à l’examen d’habilitation ». Plus tard on lui interdira l’habilitation à cause de ses origines juives.

Édith Stein retourna à Wroclaw. Elle écrivit des articles sur la psychologie et sur d’autres disciplines humanistes. Elle lit cependant le Nouveau Testament, Kierkegaard et le livre des exercices de saint Ignace de Loyola. Elle s’aperçoit qu’on ne peut seulement lire un tel écrit, il faut le mettre en pratique.

Pendant l’été 1921, elle se rendit pour quelques semaines à Bergzabern (Palatinat), dans la propriété de Madame Hedwig Conrad-Martius, une disciple de Husserl. Cette dame s’était convertie, en même temps que son époux, à la foi évangélique. Un soir, Édith trouva dans la bibliothèque l’autobiographie de Thérèse d’Avila. Elle la lut toute la nuit. « Quand je refermai le livre je me dis: ceci est la vérité ». Considérant rétrospectivement sa propre vie, elle écrira plus tard: « Ma quête de vérité était mon unique prière ».

Le ler janvier 1922, Édith Stein se fit baptiser. C’était le jour de la circoncision de Jésus, de l’accueil de Jésus dans la descendance d’Abraham. Édith Stein était debout devant les fonds baptismaux, vêtue du manteau nuptial blanc de Hedwig Conrad-Martius qui fut sa marraine. « J’avais cessé de pratiquer la religion juive et je me sentis de nouveau juive seulement après mon retour à Dieu ». Maintenant elle sera toujours consciente, non seulement intellectuellement mais aussi concrètement, d’appartenir à la lignée du Christ. À la fête de la Chandeleur, qui est également un jour dont l’origine remonte à l’Ancien Testament, elle reçut la confirmation de l’évêque de Spire dans sa chapelle privée.

Après sa conversion, elle se rendit tout d’abord à Wroclaw. « Maman, je suis catholique ». Les deux se mirent à pleurer. Hedwig Conrad-Martius écrivit: « Je vis deux israélites et aucune ne manque de sincérité » (cf Jn 1, 47).

Immédiatement après sa conversion, Édith aspira au Carmel, mais ses interlocuteurs spirituels, le Vicaire général de Spire et le Père Erich Przywara, S.J., l’empêchèrent de faire ce pas. Jusqu’à pâques 1931 elle assura alors un enseignement en allemand et en histoire au lycée et séminaire pour enseignants du couvent dominicain de la Madeleine de Spire. Sur l’insistance de l’archiabbé Raphaël Walzer du couvent de Beuron, elle entreprend de longs voyages pour donner des conférences, surtout sur des thèmes concernant les femmes. « Pendant la période qui précède immédiatement et aussi pendant longtemps après ma conversion [… ] je croyais que mener une vie religieuse signifiait renoncer à toutes les choses terrestres et vivre seulement dans la pensée de Dieu. Progressivement cependant, je me suis rendue compte que ce monde requiert bien autre chose de nous […]; je crois même que plus on se sent attiré par Dieu et plus on doit « sortir de soi-même », dans le sens de se tourner vers le monde pour lui porter une raison divine de vivre ».

Son programme de travail est énorme. Elle traduit les lettres et le journal de la période pré-catholique de Newman et l’œuvre  » Questiones disputatx de veritate  » de Thomas d’Aquin et ce dans une version très libre, par amour du dialogue avec la philosophie moderne. Le Père Erich Przywara S.J. l’encouragea à écrire aussi des oeuvres philosophiques propres. Elle apprit qu’il est possible « de pratiquer la science au service de Dieu [… ] ; c’est seulement pour une telle raison que j’ai pu me décider à commencer une série d’oeuvres scientifiques ». Pour sa vie et pour son travail elle trouve toujours les forces nécessaires au couvent des bénédictins de Beuron où elle se rend pour passer les grandes fêtes de l’année liturgique.

En 1931, elle termina son activité à Spire. Elle tenta de nouveau d’obtenir l’habilitation pour enseigner librement à Wroclaw et à Fribourg. En vain. À partir de ce moment, elle écrivit une oeuvre sur les principaux concepts de Thomas d’Aquin: « Puissance et action ». Plus tard, elle fera de cet essai son ceuvre majeure en l’élaborant sous le titre « Être fini et Être éternel », et ce dans le couvent des Carmélites à Cologne. L’impression de l’œuvre ne fut pas possible pendant sa vie.

En 1932, on lui donna une chaire dans une institution catholique, l’Institut de Pédagogie scientifique de Münster, où elle put développer son anthropologie. Ici elle eut la possibilité d’unir science et foi et de porter à la compréhension des autres cette union. Durant toute sa vie, elle ne veut être qu’un « instrument de Dieu ». « Qui vient à moi, je désire le conduire à Lui ».

En 1933, les ténèbres descendent sur l’Allemagne. « J’avais déjà entendu parler des mesures sévères contres les juifs. Mais maintenant je commençai à comprendre soudainement que Dieu avait encore une fois posé lourdement sa main sur son peuple et que le destin de ce peuple était aussi mon destin ». L’article de loi sur la descendance arienne des nazis rendit impossible la continuation de son activité d’enseignante. « Si ici je ne peux continuer, en Allemagne il n’y a plus de possibilité pour moi ». « J’étais devenue une étrangère dans le monde ».

L’archiabbé Walzer de Beuron ne l’empêcha plus d’entrer dans un couvent des Carmélites. Déjà au temps où elle se trouvait à Spire, elle avait fait les veeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. En 1933 elle se présenta à la Mère Prieure du monastère des Carmélites de Cologne. « Ce n’est pas l’activité humaine qui peut nous aider, mais seulement la passion du Christ. J’aspire à y participer ».

Encore une fois Édith Stein se rendit à Wroclaw pour prendre congé de sa mère et de sa famille. Le dernier jour qu’elle passa chez elle fut le 12 octobre, le jour de son anniversaire et en même temps celui de la fête juive des Tabernacles. Édith accompagna sa mère à la Synagogue. Pour les deux femmes ce ne fut pas une journée facile. « Pourquoi l’as-tu connu (Jésus Christ)? Je ne veux rien dire contre Lui. Il aura été un homme bon. Mais pourquoi s’est-il fait Dieu? » Sa mère pleure.

Le lendemain matin Édith prend le train pour Cologne. « Je ne pouvais entrer dans une joie profonde. Ce que je laissais derrière moi était trop terrible. Mais j’étais très calme – dans l’intime de la volonté de Dieu ». Par la suite elle écrira chaque semaine une lettre à sa mère. Elle ne recevra pas de réponses. Sa soeur Rose lui enverra des nouvelles de la maison.

Le 14 octobre, Édith Stein entre au monastère des Carmélites de Cologne. En 1934, le 14 avril, ce sera la cérémonie de sa prise d’habit. L’archiabbé de Beuron célébra la messe. À partir de ce moment Édith Stein portera le nom de soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix.

En 1938, elle écrivit: « Sous la Croix je compris le destin du peuple de Dieu qui alors (1933) commençait à s’annoncer. Je pensais qu’il comprenait qu’il s’agissait de la Croix du Christ, qu’il devait l’accepter au nom de tous les autres peuples. Il est certain qu’aujourd’hui je comprends davantage ces choses, ce que signifie être épouse du Seigneur sous le signe de la Croix. Cependant il ne sera jamais possible de comprendre tout cela, parce que c’est un mystère ».

Le 21 avril 1935, elle fit des voeux temporaires. Le 14 septembre 1936, au moment du renouvellement des voeux, sa mère meurt à Wroclaw. « Jusqu’au dernier moment ma mère est restée fidèle à sa religion. Mais puisque sa foi et sa grande confiance en Dieu […] furent l’ultime chose qui demeura vivante dans son agonie, j’ai confiance qu’elle a trouvé un juge très clément et que maintenant elle est ma plus fidèle assistante, en sorte que moi aussi je puisse arriver au but ».

Sur l’image de sa profession perpétuelle du 21 avril 1938, elle fit imprimer les paroles de saint Jean de la Croix auquel elle consacrera sa dernière oeuvre: « Désormais ma seule tâche sera l’amour ».

L’entrée d’Édith Stein au couvent du Carmel n’a pas été une fuite. « Qui entre au Carmel n’est pas perdu pour les siens, mais ils sont encore plus proches; il en est ainsi parce que c’est notre tâche de rendre compte à Dieu pour tous ». Surtout elle rend compte à Dieu pour son peuple. « Je dois continuellement penser à la reine Esther qui a été enlevée à son peuple pour en rendre compte devant le roi. Je suis une petite et faible Esther mais le Roi qui m’a appelée est infiniment grand et miséricordieux. C’est là ma grande consolation ». (31-10-1938)

Le 9 novembre 1938, la haine des nazis envers les juifs fut révélée au monde entier. Les synagogues brûlèrent. La terreur se répandit parmi les juifs. La Mère Prieure des Carmélites de Cologne fait tout son possible pour conduire soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix à l’étranger. Dans la nuit du 1er janvier 1938, elle traversa la frontière des Pays-Bas et fut emmenée dans le monastère des Carmélites de Echt, en Hollande. C’est dans ce lieu qu’elle écrivit son testament, le 9 juin 1939: « Déjà maintenant j’accepte avec joie, en totale soumission et selon sa très sainte volonté, la mort que Dieu m’a destinée. Je prie le Seigneur qu’Il accepte ma vie et ma mort […] en sorte que le Seigneur en vienne à être reconnu par les siens et que son règne se manifeste dans toute sa grandeur pour le salut de l’Allemagne et la paix dans le monde ».

Déjà au monastère des Carmélites de Cologne on avait permis à Édith Stein de se consacrer à ses oeuvres scientifiques. Entre autres elle écrivit dans ce lieu « De la vie d’une famille juive ». « Je désire simplement raconter ce que j’ai vécu en tant que juive ». Face à « la jeunesse qui aujourd’hui est éduquée depuis l’âge le plus tendre à haïr les juifs […] nous, qui avons été éduqués dans la communauté juive, nous avons le devoir de rendre témoignage ».

En toute hâte, Édith Stein écrira à Echt son essai sur « Jean de la Croix, le Docteur mystique de l’Église, à l’occasion du quatre centième anniversaire de sa naissance, 1542-1942 ». En 1941, elle écrivit à une religieuse avec laquelle elle avait des liens d’amitié: « Une scientia crucis (la science de la croix) peut être apprise seulement si l’on ressent tout le poids de la croix. De cela j’étais convaincue depuis le premier instant et c’est de tout coeur que j’ai dit: Ave Crux, Spes unica (je te salue Croix, notre unique espérance) ». Son essai sur Jean de la Croix porta le sous-titre: « La Science de la Croix ».

Le 2 août 1942, la Gestapo arriva. Édith Stein se trouvait dans la chapelle, avec les autres soeurs. En moins de 5 minutes elle dut se présenter, avec sa soeur Rose qui avait été baptisée dans l’Église catholique et qui travaillait chez les Carmélites de Echt. Les dernières paroles d’Édith Stein que l’on entendit à Echt s’adressèrent à sa soeur: « Viens, nous partons pour notre, peuple ».

Avec de nombreux autres juifs convertis au christianisme, les deux femmes furent conduites au camp de rassemblement de Westerbork. Il s’agissait d’une vengeance contre le message de protestation des évêques catholiques des Pays-Bas contre le progrom et les déportations de juifs. « Que les êtres humains puissent en arriver à être ainsi, je ne l’ai jamais compris et que mes soeurs et mes frères dussent tant souffrir, cela aussi je ne l’ai jamais vraiment compris […]; à chaque heure je prie pour eux. Est-ce que Dieu entend ma prière? Avec certitude cependant il entend leurs pleurs ». Le professeur Jan Nota, qui lui était lié, écrira plus tard: « Pour moi elle est, dans un monde de négation de Dieu, un témoin de la présence de Dieu ».

À l’aube du 7 août, un convoi de 987 juifs parti en direction d’Auschwitz. Ce fut le 9 août 1942, que soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix, avec sa soeur Rose et de nombreux autres membres de son peuple, mourut dans les chambres à gaz d’Auschwitz.

Avec sa béatification dans la Cathédrale de Cologne, le ler mai 1987, l’Église honorait, comme l’a dit le Pape Jean-Paul II, « une fille d’Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec foi et amour au Seigneur Crucifié, Jésus Christ, telle une catholique, et à son peuple telle une juive ».