018 dim TOC  Luc 12, 13-21

018 dim TOC  Luc 12, 13-21

Le grenier rempli !  Qui l’aura ?

Quand notre propre récolte est abondante, que tout marche bien pour nous, à quoi pensons-nous ? Qu’est-ce que nous nous disons à nous-mêmes ?

Certes, nous savons bien que la vie d’un homme ne dépend pas de ce qu’il possède. Pourtant, nous avons toujours besoin de l’apprendre. Voilà pourquoi Jésus nous demande avec la plus grande clarté de bien nous garder de toute avidité.

Quand on écoute l’homme riche se parler à lui-même, on comprend aussi sa fierté de la possession si abondante. « Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence » (verset 19). Observons cet homme et ce qu’il fait : il se demande : que vais-je faire ? Je vais démolir, je vais construire ; je vais engranger ; je me dirai à moi-même… Nous le voyons, il n’est question que de lui-même. Il se parle à lui-même. Il est seul avec lui-même et avec ses richesses : dans ce qu’il dit et ce qu’il fait, il n’est jamais question de quelqu’un d’autre, encore moins de Dieu Créateur. Cet homme, finalement, il croit posséder beaucoup de biens. Mais en vérité, ce sont ses biens qui le possèdent. Ils conduisent la vie de cet homme et ses décisions.

L’homme riche amasse pour lui-même, foncièrement malheureux de savoir qu’un jour, d’une manière ou d’une autre, qu’il le veuille ou non, il sera tout à fait dépossédé de ses richesses.

Aujourd’hui, Jésus propose un autre chemin : être riche en vue de Dieu.

Que veut-il dire ?

Devant Dieu, la valeur du fidèle n’est plus liée à son statut social ou son opulence, mais à sa fidélité filiale et gratuite à Dieu. De même, le Salut n’est ni dans la richesse ni dans les greniers de l’accumulation, mais dans le Cœur de Dieu. Dans le Royaume de Dieu, les greniers de la grâce sont ouverts pour ceux et celles qui cherchent Dieu en vérité.

La seule richesse incorruptible qui nous soit donnée dès ici-bas, l’unique nécessaire qu’avait déjà choisi Marie, sœur de Marthe, c’est la rencontre de Jésus. C’est de Le connaître pour mieux L’aimer. Le Seigneur n’a rien d’autre à nous donner sinon lui-même, et en se donnant lui-même, incomparable, inestimable richesse, il transforme radicalement et pour toujours notre destinée en la rendant participante de la vie divine et de sa gloire. C’est ce que disait déjà Pierre à l’infirme de la Belle Porte : De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche (Ac 3, 6).

Là où est Jésus seront aussi notre trésor, et notre cœur. Amen.

Joseph Nguyên Xuân Hà

 Musique : Voici rassemblées