Mois : août 2025
Saint Dominique, prêtre
Saint Dominique, prêtre, fondateur de l’Ordre des Frères prêcheurs
Parler avec Jésus ou parler de Jésus, et rien d’autre. La quintessence d’un chrétien, on dirait qu’elle est un idéal inaccessible. Non, car on sait qu’il y a été un homme capable de vivre de manière magnifique cet idéal. Peut-être oui, si on voit ce que cet homme a réussi à faire en 51 ans. Une présence exceptionnelle dans les vicissitudes de l’Eglise, Dominique de Guzman est comparable à François d’Assise, son contemporain.
Les deux prêcheurs
Caleruega, village de montagne de la Vieille Castille, c’est là que Dominique commence son histoire en 1170. Dans sa famille il y a un oncle prêtre et l’Evangile devient pour l’enfant, puis pour l’adolescent, comme le pain à manger. A 24 ans, la prêtrise est la route plus que naturelle. Dominique entre chez les Chanoines de la cathédrale d’Osma parce l’évêque Diego le lui demande, et l’emmène avec lui en mission au Danemark. Du côté de Toulouse ils sont témoins de l’expansion de l’hérésie des Cathares, convaincus que Jésus est homme mais pas Dieu. L’urgence de parler, expliquer, témoigner la foi allume chez les deux hommes une certitude: leur mission ne peut être que la prédication aux païens et en 1206 ils vont le demander au Pape.
L’homme de la rencontre
Innocent III est bien d’accord sur la mission mais non pas sur les destinataires. Ce sont les Albigeois, un autre nom des Cathares, avec qui Diego et Dominique doivent s’affronter. Ils retournent en France et peu après Diego meurt. Dominique se retrouve seul pour affronter l’onde de l’hérésie et il le fait avec passion, en rencontrant, exhortant, débattant en public et en privé; c’est une activité épuisante mais Dominique est un enthousiaste. Et il n’a pas l’air d’un docteur pédant, son regard, son attitude constamment affable suscite respect et sympathie et réduise les distances entre lui et les adversaires. Des années se coulent ainsi tous les jour, puis le scénario change en 1215.
Tendre comme une maman, mais solide comme un diamant
Cette année-là se déroule à Rome le quatrième Concile du Latran et Dominique s’y rend avec Foulques, l’évêque de Toulouse. C’est l’occasion favorable pour présenter au Pape Honorius III le projet qui désormais a pris forme. Depuis quelque temps, de nombreuses personnes de différentes parties de l’Europe fascinées par son engagement se mettent aux côtés de Dominique; beaucoup d’entre elles sont des jeunes de talent. Le 22 décembre 1217 arrive le placet: Honorius approuve la naissance de l’«Ordre des Frères Prêcheurs». Et c’est comme une explosion: rapidement les «Dominicains» se répandent portant partout l’Evangile avec leur style incendiaire. Pour Dominique c’est la dernière étape, qui culmine le 6 août 1221 quand il meurt entouré de ses frères dans le très cher couvent de Bologne. Treize ans à peine après, Grégoire IX, qui l’avait connu personnellement, le proclame Saint. Des montagnes de la Castille monte plus haut l’homme qui, comme dit le son confrère, le célèbre Lacordaire, fut « tendre comme une maman, solide un diamant».
Saints Sixte II, pape, et ses diacres
Saints Sixte II, pape, et ses diacres
Martyrs (+ 258)
Mémoire des saints Sixte II, pape, et ses diacres, martyrs en 258. Le pape Sixte II, en effet, célébrait les saints mystères et enseignait à ses frères les commandements divins au cimetière de Calliste, lorsqu’il fut arrêté par des soldats, en vertu d’une rescrit de l’empereur Valérien, et décapité sur le champ avec quatre diacres. Le même jour, deux autres diacres, Agapit et Félicissime, furent également décapités au cimetière de Prétextat, où ils furent inhumés.Martyrologe romain
Lectures de la messe
Première lecture
« Son habit était blanc comme la neige » (Dn 7, 9-10.13-14)
Lecture du livre du prophète Daniel
La nuit, au cours d’une vision,
moi, Daniel, je regardais :
des trônes furent disposés,
et un Vieillard prit place ;
son habit était blanc comme la neige,
et les cheveux de sa tête, comme de la laine immaculée ;
son trône était fait de flammes de feu,
avec des roues de feu ardent.
Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant lui.
Des milliers de milliers le servaient,
des myriades de myriades se tenaient devant lui.
Le tribunal prit place et l’on ouvrit des livres.
Je regardais, au cours des visions de la nuit,
et je voyais venir, avec les nuées du ciel,
comme un Fils d’homme ;
il parvint jusqu’au Vieillard,
et on le fit avancer devant lui.
Et il lui fut donné
domination, gloire et royauté ;
tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues
le servirent.
Sa domination est une domination éternelle,
qui ne passera pas,
et sa royauté,
une royauté qui ne sera pas détruite.
– Parole du Seigneur.
OU BIEN :
Première lecture
« Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue » (2 P 1, 16-19)
Lecture de la deuxième lettre de saint Pierre Apôtre
Bien-aimés,
ce n’est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués
que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue
de notre Seigneur Jésus Christ,
mais c’est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur.
Car il a reçu de Dieu le Père l’honneur et la gloire
quand, depuis la Gloire magnifique,
lui parvint une voix qui disait :
Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé ;
en lui j’ai toute ma joie.
Cette voix venant du ciel,
nous l’avons nous-mêmes entendue
quand nous étions avec lui sur la montagne sainte.
Et ainsi se confirme pour nous la parole prophétique ;
vous faites bien de fixer votre attention sur elle,
comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur
jusqu’à ce que paraisse le jour
et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs.
– Parole du Seigneur.
Psaume
(Ps 96, 1-2, 4-5, 6.9)
R/ Le Seigneur est roi,
le Très-Haut sur toute la terre (Ps 96, 1a.9a)
Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
Ténèbre et nuée l’entourent,
justice et droit sont l’appui de son trône.
Quand ses éclairs illuminèrent le monde,
la terre le vit et s’affola ;
les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur,
devant le Maître de toute la terre.
Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.
Tu es, Seigneur, le Très-Haut sur toute la terre,
tu domines de haut tous les dieux.
Évangile
« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre » (Lc 9, 28b-36)
Alléluia. Alléluia.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia. (Mt 17, 5)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques,
et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait,
l’aspect de son visage devint autre,
et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui :
c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire.
Ils parlaient de son départ
qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ;
mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus,
et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui,
quand Pierre dit à Jésus :
« Maître, il est bon que nous soyons ici !
Faisons trois tentes :
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler,
qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ;
ils furent saisis de frayeur
lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre :
« Celui-ci est mon Fils,
celui que j’ai choisi :
écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre,
il n’y avait plus que Jésus, seul.
Les disciples gardèrent le silence
et, en ces jours-là,
ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
– Acclamons la Parole de Dieu.

Est-ce que notre visage exprime autre chose qu’un perpétuel camouflage derrière lequel nous déguisons ce que nous sommes? Est-ce que nous n’apportons pas dix-neuf fois sur vingt aux autres ce mensonge vivant d’un visage qui s’accommode pour faire croire qu’il y a une présence, une bonté, une générosité, un dévouement, une amitié ou un amour?
Notre corps a une vocation spirituelle et divine.
Et, au fond, il n’y a rien, il n’y a rien qu’un formidable égoïsme biologique et animal qui suit sa propre pente et qui s’arrange simplement pour conserver jusqu’à un certain point les formes nécessaires.
Nous sommes du moins tentés de prononcer contre les autres ou contre nous-mêmes un tel réquisitoire, qui est d’ailleurs parfaitement inutile, car, ce que l’Évangile d’aujourd’hui nous propose, ce qu’il nous révèle dans la Transfiguration de Jésus, c’est cette puissance prodigieuse et magnifique d’un corps humain qui peut devenir le visage de l’éternelle lumière.
Car il n’y a pas de doute que le Christ était ce qu’il apparaissait sur la montagne de la Transfiguration (Mt 17, 1-8). Si les apôtres qui l’accompagnent, ses trois amis, Pierre, Jacques et Jean, sont éblouis devant cette splendeur, ce n’est pas qu’elle fût absente au jour le jour de la vie de notre Seigneur, mais les yeux des apôtres, comme plus tard ceux des disciples d’Emmaüs, ne pouvaient pas percevoir ce rayonnement, parce qu’il n’y avait pas en eux assez de transparence, assez de pureté, assez d’amour, assez de générosité pour entrer dans ce domaine de la pure lumière et de l’éternel amour.
Le jour de la Transfiguration, pour un instant, leurs yeux s’ouvrent; pour un instant, ils entrent dans ce secret merveilleux d’une chair divinisée, d’un visage qui porte la splendeur de la vie éternelle et ils en sont tellement émerveillés que Pierre veut à toute force demeurer sur ce sommet. Il ne demande pas autre chose. Il a découvert enfin toutes ses raisons de vivre.
Il veut construire trois tentes, une pour le Christ, une pour Élie, une pour Moïse, afin que cette joie ne se tarisse plus, qu’elle demeure à jamais et que la vie soit ce perpétuel enchantement dans la découverte de la face divine.
Il reste que la chair du Christ était toute pénétrée de cette lumière. Il reste que le visage de notre Seigneur portait en lui toute la clarté de Dieu. Il reste donc que le corps humain est capable de cette formidable assomption, que le corps humain peut être transfiguré et qu’il a, lui aussi, un message de lumière à communiquer.
Et d’ailleurs, comment la lumière de l’âme, la lumière de l’esprit, la lumière intérieure, comment ce chant du silence qui monte des profondeurs de notre être, comment pourrait-il se faire jour si ce n’est à travers notre visage, à travers notre corps?
Notre corps a une vocation spirituelle, il a une vocation divine. Notre corps est le premier évangile, car c’est à travers l’expression de notre visage, à travers notre ouverture, à travers notre bienveillance et notre sourire que doit passer le témoignage de la Présence divine.
Dédicace de Sainte-Marie-Majeure
Dédicace de Sainte-Marie-Majeure
Basilique romaine
Mémoire liturgique de la dédicace de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, sur l’Esquilin.
En 366, la Sainte Vierge apparut à un riche couple sans enfant et, en même temps, au pape Libère pour leur demander la construction d’une basilique à l’endroit qui serait désigné par de la neige qui tomba le 5 août.
On lui donna d’abord le nom de Sainte-Marie des Neiges, puis de basilique de Libère, puis de Sainte-Marie de la Crèche, car les reliques de la Crèche y ont été apportées de Bethléem.
Appelée maintenant Sainte-Marie-Majeure, c’est une des plus belles églises de Rome.
« La Basilique de Sainte Marie Majeure, située sur le sommet du col Esquilin, est une des quatre Basiliques patriarcales de Rome et est la seule qui ait conservée les structures paléochrétiennes. La tradition veut que ce fut la Vierge qui indiqua l’emplacement et inspira la construction de sa demeure sur l’Esquilin. En apparaissant dans un rêve au patricien Jean et au pape Liberio, elle demanda la construction d’une église en son honneur, dans un lieu qu’elle aurait miraculeusement indiqué. Le matin du 5 août, le col Esquilin apparut couvert de neige… » (site du Vatican)
St Curé d’Ars
Qui est St Jean-Marie Vianney
Né en 1786 dans une famille de cultivateurs près de Lyon, il est le quatrième de six enfants entourés de parents aimants. Son enfance est marquée par le contexte de la Révolution Française qui poursuit les prêtres et les oblige à la clandestinité. Il fait sa première confession dans sa maison natale (au pied de l’horloge dit-on) et reçoit l’absolution d’un prêtre clandestin.
Sa première communion se fera dans une grange lors d’une messe clandestine, célébrée par un prêtre réfractaire. Ces difficultés cimentent sa conviction à devenir prêtre.
En dépit de nombreuses épreuves, il sera ordonné prêtre en 1815. En 1818, il est envoyé à Ars où il réveille la foi de ses paroissiens par ses prédications, qui louent la bonté et la miséricorde de Dieu, et par sa prière et sa manière de vivre auprès des plus pauvres à qui il donnera « jusqu’à son cœur ».
Sa grande réputation de confesseur lui attire de nombreux pèlerins qui ne cesseront de venir toujours plus nombreux jusqu’à sa mort. Son grand souci est le salut des âmes et il se consume d’amour dans l’adoration du Saint-Sacrement. Une grave maladie l’assaille et il essaiera par trois fois de quitter sa paroisse, se croyant indigne de sa mission mais il est rattrapé par ses paroissiens et les pèlerins. Il meurt le 4 août 1859 dans son presbytère, épuisé, après une nuit de confessions.
Le 8 janvier 1905, le pape Pie X le béatifie et le déclare « patron des prêtres de France ».
Le 31 mai 1925, il est canonise par le pape Pie XI, puis déclaré en 1929 « patron de tous les curés du monde ».
Le 6 octobre 1986, le pape Jean-Paul II vient en pèlerinage à Ars.
Benoît XVI le proclame « patron de tous les prêtres du monde ».
St Curé d’Ars
018 dim TOC Luc 12, 13-21
018 dim TOC Luc 12, 13-21
Le grenier rempli ! Qui l’aura ?
Quand notre propre récolte est abondante, que tout marche bien pour nous, à quoi pensons-nous ? Qu’est-ce que nous nous disons à nous-mêmes ?
Certes, nous savons bien que la vie d’un homme ne dépend pas de ce qu’il possède. Pourtant, nous avons toujours besoin de l’apprendre. Voilà pourquoi Jésus nous demande avec la plus grande clarté de bien nous garder de toute avidité.
Quand on écoute l’homme riche se parler à lui-même, on comprend aussi sa fierté de la possession si abondante. « Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence » (verset 19). Observons cet homme et ce qu’il fait : il se demande : que vais-je faire ? Je vais démolir, je vais construire ; je vais engranger ; je me dirai à moi-même… Nous le voyons, il n’est question que de lui-même. Il se parle à lui-même. Il est seul avec lui-même et avec ses richesses : dans ce qu’il dit et ce qu’il fait, il n’est jamais question de quelqu’un d’autre, encore moins de Dieu Créateur. Cet homme, finalement, il croit posséder beaucoup de biens. Mais en vérité, ce sont ses biens qui le possèdent. Ils conduisent la vie de cet homme et ses décisions.
L’homme riche amasse pour lui-même, foncièrement malheureux de savoir qu’un jour, d’une manière ou d’une autre, qu’il le veuille ou non, il sera tout à fait dépossédé de ses richesses.
Aujourd’hui, Jésus propose un autre chemin : être riche en vue de Dieu.
Que veut-il dire ?
Devant Dieu, la valeur du fidèle n’est plus liée à son statut social ou son opulence, mais à sa fidélité filiale et gratuite à Dieu. De même, le Salut n’est ni dans la richesse ni dans les greniers de l’accumulation, mais dans le Cœur de Dieu. Dans le Royaume de Dieu, les greniers de la grâce sont ouverts pour ceux et celles qui cherchent Dieu en vérité.
La seule richesse incorruptible qui nous soit donnée dès ici-bas, l’unique nécessaire qu’avait déjà choisi Marie, sœur de Marthe, c’est la rencontre de Jésus. C’est de Le connaître pour mieux L’aimer. Le Seigneur n’a rien d’autre à nous donner sinon lui-même, et en se donnant lui-même, incomparable, inestimable richesse, il transforme radicalement et pour toujours notre destinée en la rendant participante de la vie divine et de sa gloire. C’est ce que disait déjà Pierre à l’infirme de la Belle Porte : De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche (Ac 3, 6).
Là où est Jésus seront aussi notre trésor, et notre cœur. Amen.
Joseph Nguyên Xuân Hà
Musique : Voici rassemblées
Ps 89
Saint Alphonse de Liguori
Saint Alphonse de Liguori
Docteur de l’Église
Fondateur des Rédemptoristes
(1696-1787)
Saint Alphonse de Liguori naquit près de Naples. Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique à seize ans, il embrassa la carrière d’avocat. Pendant les dix années qu’il remplit cette charge, il fut le modèle du parfait chrétien. Il commençait à se relâcher, quand il échoua dans un plaidoyer superbe où il avait déployé tous ses talents; « O monde! s’écria-t-il, désormais je te connais; tu ne m’auras plus. »
Peu après, il entendit une voix lui dire: « Laisse le monde de côté, livre-toi à Moi tout entier… » Aussitôt il répondit, fondant en larmes: « O Dieu! Me voici, faites de moi ce qu’il Vous plaira. » Aussitôt Alphonse va déposer à l’église de la Sainte Vierge son épée de gentilhomme, prend bientôt l’habit ecclésiastique, fait ses études de théologie, et au bout de trois ans reçoit le sacerdoce. Désormais le voilà embrasé du zèle des âmes; il se mêle au peuple des campagnes et s’éprend d’un amour spécial pour lui.
C’est alors que l’idée lui vint de fonder, pour exercer l’apostolat parmi cette classe si intéressante de la société, la Congrégation des Rédemptoristes. Traité d’insensé par son père, ses proches et ses amis, persécuté et abandonné bientôt par plusieurs de ses premiers collaborateurs, délaissé et méprisé par son directeur lui-même, Alphonse endura toutes les souffrances morales qui peuvent tomber sur un homme: rien ne put l’abattre ni le décourager.
Il eut plusieurs visions de la très Sainte Vierge; une fois, pendant un sermon sur les gloires de Marie, il fut ravi, et environné d’une éblouissante lumière.
Un jour, son pauvre accoutrement le fit prendre pour le cocher des autres missionnaires, et, à son premier sermon, son éloquence fit dire au peuple: « Si le cocher prêche si bien, que sera-t-il des autres! » Aux travaux apostoliques, Alphonse joignait les travaux intellectuels, et il composa un grand nombre d’ouvrages de piété et de morale qui l’ont fait élever au rang des docteurs.
Sacré évêque, Alphonse égala par ses vertus les plus saints pontifes. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-onze ans.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950