Epiphanie 2026
« En entrant dans la maison les mages virent l’enfant, avec Marie sa mère, et tombant à genoux, ils se prosternèrent devant Lui ». Et voilà que nos mages reviennent se prosterner dans nos crèches.
Épiphanie veut dire manifestation, révélation, lumière dans la nuit. Dieu se manifeste en Jésus. Il se dit tout entier en Jésus. En s’incarnant, en prenant un corps d’homme, Dieu s’est, en quelque sorte, uni à chaque homme quelle que soit sa condition sociale. Personne ne peut se sentir exclu de la tendresse de Dieu. « Dieu a tellement pris la dernière place que personne ne pourra la lui ravir », écrit un jour Charles de Foucauld. L’Épiphanie, c’est la révélation de Dieu, de son visage, à tous les peuples de la terre.
Les mages, ces savants venus d’orient, sont une parabole vivante de ce qui nous arrive aujourd’hui. Beaucoup autour de nous sont à la recherche d’une étoile, d’un sens à donner à leur vie. Certains découvrent le bel amour de Dieu et se mettent en route pour le reconnaître et le célébrer. Donnons-nous envie de croire au Christ, le Sauveur du monde ? Notre vie est-elle épiphanie, révélation de cette présence de Dieu en nous ?
Si la présence de Dieu est vraiment notre paix et notre Joie nous pouvons davantage partager aux autres, avec un infini respect, tous ces trésors que Dieu a mis au fond de nous : ce qui nous fait croire, malgré tout ; ce qui nous fait espérer, malgré tout, ce qui nous fait aimer, malgré tout.
Les mages ont ouvert leurs trésors devant ce fragile visage de Dieu.
A travers l’or, les mages questionnent notre rapport à l’argent, notre besoin de posséder, notre peur de manquer ou de partager qui est appelé à être offert au service du dénuement et de la fragilité, qui est appelé à devenir le signe d’un renversement de solidarité.
A travers l’encens, c’est notre quête spirituelle qui est questionnée. Est-elle la marque d’une louange qui nous élève au sens fort, dans le geste d’accueillir en nous la gratuité du don de la vie.
Enfin la myrrhe, réservée aux rites funéraires qui enterrent le passé. Ici, la myrrhe questionne notre rapport à la mort. L’enfant de Noël nous dévoile un horizon où la mort devient rencontre avec notre Dieu, jaillissement de vie et d’amour.
Après la rencontre à Bethléem, les mages ont été avertis en songe de ne pas retourner à Jérusalem pour revoir Hérode. Ils ont pris un autre chemin.
Comme les mages, aujourd’hui, à la fête de l’Épiphanie, nous partons par un autre chemin ! Puissions-nous comme les mages repartir en 2026 par un chemin de fraternité, de générosité, de solidarité, d’espérance et de Paix ! Amen.
P Joseph Nguyên Xuân Hà
Musique : Adoramus