Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,

 

Psaume

(Ps 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22)

R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi !
(Ps 32, 22)

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

Saint Grégoire de Narek

Je ne cherche pas le calme, mais le Visage de Celui qui l’accorde (Lamentations)

Grégoire de Narek est né entre 945 et 951 à Vaspurakan (Arménie historique) dans une famille de lettrés. Après la mort prématurée de sa mère, son père, Khosrov, est nommé archevêque d’Andzevatsik et confie son éducation à son oncle Ananias, médecin, philosophe et abbé du monastère basilien de Narek, célèbre école d’Écriture Sainte et de patristique. Grégoire y étudia, outre la Bible, les poètes et philosophes hellénistiques, fut ordonné prêtre, puis abbé et réforma Narek.

Contemplatif, mais pas isolé des événements politiques et ecclésiastiques de son pays et de son époque, sa renommée dépassa les murs du monastère. Ainsi, à la demande du prince Gurgen d’Andzevatsik, il a écrit son Commentaire sur le Cantique des Cantiques ; et à la demande de l’évêque Stepanos, l’Histoire de la Sainte-Croix d’Aparank. Il a consacré des sermons et des hymnes à l’enseignement du peuple.

Ses éloges à la Sainte Vierge, dans lesquels il proclame l’immaculée conception de Marie dans un style touchant où l’on sent sa nostalgie de la figure maternelle, sont particulièrement importants pour la compréhension de ses enseignements mariaux.

À la fin de sa vie, il a écrit Le livre des lamentations, si populaire et aimé en Arménie que sa lecture était obligatoire pour les écoliers une fois qu’ils avaient appris l’alphabet. Il est mort vers 1010 à Narek où sa tombe, lieu de pèlerinage depuis huit siècles, fut détruite en même temps que le monastère lors du génocide de 1915-1916.

Dieu est caché dans le langage

Écrite il y a 1 200 ans, l’œuvre de Narek reste un modèle universel de littérature et de spiritualité. Grégoire invente un genre, une sorte de treno (oraison funèbre grecque) sur une âme en péril extrême; et un type de livre, une chaîne de prières. «Le rythme et le nombre auxquels j’ai eu recours dans le poème précédent, dit-il dans les Lamentations, n’avaient d’autre but que d’aiguiser la douleur, la complainte, les soupirs, l’amère litanie des larmes….. Je prendrai donc ici, dans chaque phrase, la même forme que l’anaphore et l’épistrophe, et je veillerai à ce que la répétition représente fidèlement l’esprit, la force vivifiante de la prière».

Saint Grégoire est un innovateur parce qu’il libère la parole intérieure de tous les canons d’expression réglementés par la tradition philosophique ou religieuse de son temps, et ce faisant, il rend à l’esprit son droit de s’exprimer sans restriction, en entrant dans un dialogue direct avec Dieu qui exclut tout dogmatisme, sauf celui de la liberté. Un dialogue où la solitude de l’être humain et le silence expressif de Dieu s’entremêlent et se répondent ; une «venue de Dieu dans le langage» qui montre aussi les limites du langage pour approcher le divin.

Dans les 95 chapitres ou prières des Lamentations, le moine-philosophe devient un représentant solidaire de tout le genre humain, perdu dans le labyrinthe du péché et angoissé par le besoin d’amour, en tension constante vers quelque chose qui n’appartient pas au monde qu’il habite, jusqu’à ce qu’il s’abandonne à la miséricorde du Dieu de la lumière, dont il ressent alors la proximité comme immédiate.

Son héritage a été repris par les poètes arméniens du XXe siècle, à une époque où il était extrêmement difficile de faire passer l’être humain avant tout système.

Un cri qui devient une prière

Le 12 avril 2015, à l’occasion de sa proclamation comme docteur de l’Église, le Pape François a écrit dans son message aux Arméniens: «Saint Grégoire de Narek, moine du Xe siècle, plus que tout autre, a su exprimer la sensibilité de votre peuple, en donnant une voix au cri, qui devient une prière (…) Interprète formidable de l’âme humaine, il semble prononcer pour nous des paroles prophétiques: «J’ai pris volontairement sur moi tous les péchés, depuis ceux du premier père jusqu’à ceux du dernier de ses descendants, et je m’en suis tenu pour responsable» (Livre des Lamentations, LXXII). Combien ce sentiment de solidarité universelle nous frappe ! Comme nous nous sentons petits devant la grandeur de ses invocations: «Souviens-toi, [Seigneur,] … de ceux qui, dans le genre humain, sont nos ennemis, mais pour leur bien : pardonne-leur et prends pitié d’eux (…) N’extermine pas ceux qui me mordent : transforme-les ! Extirpe leur conduite terrestre vicieuse et enracine le bien en moi et en eux»’ (ibid., LXXXIII)».

Demandez, et l’on vous donnera

Texte de l’Évangile (Mt 7,7-12):

«Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes».

Demandons donc d'abord à Dieu qu'il rende notre cœur aussi bon que celui de Jésus-Christ.

Signe de Jonas

Texte de l’Évangile (Lc 11,29-32):

Comme la foule s’amassait, Jésus se mit à dire: «Cette génération est une génération mauvaise: elle demande un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que celui de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue de l’extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas».

La question pour nous c'est: Avons-nous déjà répondu avec une conversion profonde comme les Ninivites et avons embrassé cet Évangile?

Saint Polycarpe, évêque de Smyrne et martyr

Saint Polycarpe, évêque de Smyrne et martyr

Il naît en 69-70 de parents chrétiens. Il apprend les enseignements du Christ des apôtres  et devient disciple de Jean. C’est son disciple Irénée, puis évêque de Lyon, qui le raconte ainsi que l’historien  Eusèbe de Césarée : « Polycarpe non seulement fut éduqué par les Apôtres  mais aussi   vécut avec nombreux de ceux  qui avaient vu le Seigneur ; mais il fut aussi  établi par les Apôtres en Asie comme évêque  de l’Eglise de Smyrne » (Adversus Haereses III, 3,4 ; Historia ecclesiastica IV, 14, 3,4,). C’est aussi le témoignage d’un certain Marcianus, témoin oculaire de son martyre. Le Martyrium Polycarpi, considéré par beaucoup de personnes comme le plus ancien et le plus authentique  des Actes des Martyrs. Il s’agit de la première œuvre  où est défini martyr celui qui meurt  à cause de la foi. Durant son long épiscopat, Polycarpe  se distingue par son zèle  dans la sauvegarde fidèle de  la doctrine des Apôtres, dansa la diffusion  de l’Evangile parmi les païens  et dans le combat contre  les hérésies. Irénée le décrit comme un prédicateur patient  et affable, de grande sollicitude envers les veuves et les esclaves.

L’amitié dans l’épiscopat avec Ignace d’Antioche

En 107 Polycarpe accueille à Smyrne  Ignace  d’Antioche, de passage et sous escorte, vers Rome  pour y être jugé. Sont célèbres les sept lettres que Ignace adresse aux églises tout au long de son voyage ; les quatre premières  partent justement de Smyrne. De Troade, ensuite, il écrit aux fidèles de Smyrne  et à leur évêque Polycarpe en le chargeant de transmettre à l’Eglise d’Antioche  son dernier  souvenir  et en le décrivant comme un bon pasteur et un combattant pour  la cause du Christ. Et c’est à Polycarpe que les Philippiens demandent de recueillir  les lettres d’Ignace. L’évêque de   Smyrne  leur envoie  ce qu’ils lui demandent  ensemble avec sa propre missive pour les exhorter à servir Dieu dans la crainte, à croire  en Lui, à espérer dans la résurrection, à marcher dans le chemin de la grâce, en ayant toujours  devant les yeux  l’exemple des martyrs et surtout  celui d’Ignace.   La Lettre aux Philippiens d’Ignace est très connue ; parvenue jusqu’à nos jours, elle est particulièrement importante pour les notices historiques  qu’on peut y tirer, pour les dogmes, pour les principales vérités de la foi qui y sont rappelées. Vers la fin de 154, Polycarpe  part  pour Rome, comme représentant des chrétiens de l’Asie  mineure pour traiter avec le pape Anicet  de diverses questions, principalement  celle de la  date de Pâques : dans les églises  orientales  elle est célébrée le 14 du mois juif de Nisan, dans la capitale de l’Empire le dimanche suivant. On  ne parvient pas à un accord, mais  les relations entre les églises restent amicales.

Martyr à 86 ans

Sous l’empereur  Antonin Pio  éclatent les persécutions également à Smyrne. Polycarpe est arrêté. Les Actes de son martyre  racontent qu’il « est conduit devant le proconsul, ce dernier ….chercha à le convaincre de renier sa foi en disant « Pense à ton âge … et change  d’idée, jure et je te libère .Maudis  le Christ ». Polycarpe répondit : » Depuis 86 ans  que je le sers, et il ne m’a jamais fait aucun mal. Comment pourrais-je renier mon roi et mon sauveur ? … j’en suis très convaincu. Je suis chrétien ». On décide pour lui le bûcher, mais il reste indemne  parmi les flammes du bûcher, il est poignardé « Ces faits, lit-on dans  le Martyrium Polycarpi,  concernent le bienheureux  Polycarpe  qui, avec ceux de Philadelphie, fut le douzième à subir le Martyre  à Smyrne. Le bienheureux Polycarpe  a rendu  témoignage le deuxième jour  de xanthique, le septième jour avant les calendes  de mars, un jour du Grand Sabbat, à la huitième heure. Il fut arrêté par Hérode, sous le pontificat de Philippe  de Tralles  et  le proconsulat de Statius Quadratus, mais sous le règne éternel de notre Seigneur Jésus-Christ ». La date du martyre de Polycarpe est donc certaine, c’était le 23 février  de l’an 155.

 

Fête : Chaire de Saint Pierre

Le mardi 22 février 2022

1 P 5, 1-4 Ps 22 Mt 16, 13-19

« Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »

Nous fêtons aujourd’hui « la chaire de Pierre. » C’est après une nuit entière passée en prière que Jésus désigne ses disciples. Cette prière s’exerce dans l’humilité, c’est la prière du Fils bien-aimé du Père. Elle est faite par Celui qui ne fait qu’un avec son Père. A Césarée de Philippe, Jésus demande à ses apôtres ce que les gens disent de lui. Il ne semble pas être surpris par les opinions des gens, il ne s’attarde pas à les démentir. Un saut sera à réaliser par les disciples, il ne vient pas de la chair ni du sang, mais il est un don de Dieu. Nous avons conscience que la foi est une réalité toute intérieure, une fidélité à ce que nous dit l’Esprit Saint. Il nous faut l’accueillir avec une lumière intérieure qui naît de la foi. Ceux qui ont fait ce saut de la foi sont surpris d’avoir pu vivre aussi longtemps sans la lumière et la force qui proviennent de la foi en Jésus. La foi nous donne une relation personnelle avec Dieu. Chacun découvre Jésus par des voies bien différentes. Jésus demande aux disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » C’est à partir de sa pauvreté que Pierre reconnaît Jésus.

« Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ».

Jésus corrige en profondeur l’idée de Messie considéré comme un chef politique. Jésus de Nazareth est le Messie attendu. Une assurance étonnante est donnée à Pierre. Quelles que soient les tempêtes, nous aurons en lui un roc inébranlable. Pierre sera témoin de la Passion du Christ, il communiera à la gloire qui va se révéler. Le fondement de la primauté de Pierre est bâti sur sa faiblesse. Il comprendra que la conversion de l’humanité se fait à partir de l’intérieur. Il nous faut, à la suite de Jésus et dans son Amour, laisser convertir nos forces de mort en forces de vie. La tendresse de Jésus transparaît à travers les paroles pleines de miséricorde qu’il adresse à Pierre. La foi est un Don de Dieu qui demeure et Pierre aura la mission d’affermir ses frères. Les gens ont encore les opinions les plus diverses au sujet de Jésus : un prophète, un grand maître. La situation n’a pas changé.

Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. » Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

La confession de la foi en Jésus sera un trait particulier qui valut à Simon le surnom de Pierre. La foi de Pierre est la foi de l’Église, elle est un Don de Dieu qui demeure. Pierre a la mission d’affermir ses frères, d’établir la communion d’Amour vainqueur de toutes peurs. Au bord du lac Pierre sera devant la tendresse du cœur de Jésus. Devant la quantité de poisson prise, il se jettera à la mer pour rejoindre Jésus plus vite. Jésus lui dira : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? Pais mes agneaux, pais mes brebis. » La transformation de l’amour se fait dans l’humilité du cœur. La communion va s’exprimer dans la différence des apôtres unis à Simon. Jésus invite le pêcheur de Galilée à devenir le Rocher sur lequel sera fondée l’Eglise. C’est à Pierre, si défaillant à certaines heures, que Jésus confie son Eglise. Quelles que soient les tempêtes il sera un roc inébranlable. L’Eglise sera dans une assurance étonnante. « J’ai prié pour toi pour que ta foi ne sombre pas. » Pierre est témoin de la Passion du Christ, il communiera à la gloire qui va se révéler.

Nous demandons la grâce d’une foi de plus en plus vivante et confiante, adhésion à l’Amour infini.

Saint Pierre Damien

Saint Pierre Damien

évêque d’Ostie, docteur de l’Église (+ 1072)

Confesseur et Docteur de l’Église.
Il est originaire de Ravenne. Dernier enfant d’une famille pauvre, orphelin très jeune, souvent maltraité, il connut la faim dans son enfance. Tout en gardant les porcs, il étudie et cet écrivain-né est aidé par son frère Damien qui lui donne la possibilité de faire de brillantes études, ce pourquoi il prendra son nom. Très doué, il est d’abord enseignant, rhéteur riche et prestigieux. La rencontre de deux ermites l’amène dans un petit ermitage fondé selon l’idéal de saint Romuald. Il s’y voue à la prière, à l’ascèse, à l’étude des Saintes Écritures, à la contemplation, à la prédication aussi. Son monastère lui demande d’être un maître en exégèse en même temps qu’il est un maître de la vie spirituelle. Nommé prieur à Font-Avellane, il est en relation avec les grands monastères de son époque, comme Cluny ou le Mont-Cassin. L’Église connaît une période difficile où bon nombre de clercs, de prêtres et de moines, mènent une vie débauchée, en tout cas relâchée. En 1057, il est nommé cardinal-évêque d’Ostie et chargé de mission à Milan, Cluny, Francfort, etc … Il soutient les papes dans leur action réformatrice, mais Léon IX est obligé de le tenir à l’écart à cause de plusieurs évêques. Plus tard, les papes suivants lui donneront d’importantes missions officielles de conciliation et de réforme. Ses écrits spirituels, ouvrages, lettres et sermons ont fait de lui un docteur de l’Église.

Jeûner

Première lecture
« Est-ce là le jeûne qui me plaît ? » (Is 58, 1-9a)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas !
Que s’élève ta voix comme le cor !
Dénonce à mon peuple sa révolte,
à la maison de Jacob ses péchés.
Ils viennent me consulter jour après jour,
ils veulent connaître mes chemins.
Comme une nation qui pratiquerait la justice
et n’abandonnerait pas le droit de son Dieu,
ils me demandent des ordonnances justes,
ils voudraient que Dieu soit proche :
« Quand nous jeûnons,
pourquoi ne le vois-tu pas ?
Quand nous faisons pénitence,
pourquoi ne le sais-tu pas ? »
Oui, mais le jour où vous jeûnez,
vous savez bien faire vos affaires,
et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
Votre jeûne se passe en disputes et querelles,
en coups de poing sauvages.
Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui
que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît,
un jour où l’homme se rabaisse ?
S’agit-il de courber la tête comme un roseau,
de coucher sur le sac et la cendre ?
Appelles-tu cela un jeûne,
un jour agréable au Seigneur ?

Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci :
faire tomber les chaînes injustes,
délier les attaches du joug,
rendre la liberté aux opprimés,
briser tous les jougs ?
N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim,
accueillir chez toi les pauvres sans abri,
couvrir celui que tu verras sans vêtement,
ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l’aurore,
et tes forces reviendront vite.
Devant toi marchera ta justice,
et la gloire du Seigneur fermera la marche.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ;
si tu cries, il dira : « Me voici. »

– Parole du Seigneur.

Jeûner c’est prendre conscience de sa misère et s’approcher de Dieu pour obtenir la force de se convertir, la force de renaître de nouveau dans tel aspect ou tel autre de nos vies. Ainsi le carême devient un véritable temps de pénitence extérieure mais surtout intérieure où nous révisons notre vie afin que le Seigneur nous donne la grâce de la rendre meilleure.

Mercredi des Cendres

Première lecture

« Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements » (Jl 2, 12-18)

Lecture du livre du prophète Joël

Maintenant – oracle du Seigneur –
revenez à moi de tout votre cœur,
dans le jeûne, les larmes et le deuil !
Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements,
et revenez au Seigneur votre Dieu,
car il est tendre et miséricordieux,
lent à la colère et plein d’amour,
renonçant au châtiment.
Qui sait ? Il pourrait revenir,
il pourrait renoncer au châtiment,
et laisser derrière lui sa bénédiction :
alors, vous pourrez présenter offrandes et libations
au Seigneur votre Dieu.
Sonnez du cor dans Sion :
prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle,
réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte,
rassemblez les anciens,
réunissez petits enfants et nourrissons !
Que le jeune époux sorte de sa maison,
que la jeune mariée quitte sa chambre !
Entre le portail et l’autel,
les prêtres, serviteurs du Seigneur,
iront pleurer et diront :
« Pitié, Seigneur, pour ton peuple,
n’expose pas ceux qui t’appartiennent
à l’insulte et aux moqueries des païens !
Faudra-t-il qu’on dise :
“Où donc est leur Dieu ?” »

Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays,
il a eu pitié de son peuple.

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 50, 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17)

R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché. (cf. 50, 3)

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.

Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

Deuxième lecture

« Laissez-vous réconcilier avec Dieu. Voici maintenant le moment favorable » (2 Co 5, 20 – 6, 2)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
nous sommes les ambassadeurs du Christ,
et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel :
nous le demandons au nom du Christ,
laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n’a pas connu le péché,
Dieu l’a pour nous identifié au péché,
afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.
En tant que coopérateurs de Dieu,
nous vous exhortons encore
à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui.
Car il dit dans l’Écriture :
Au moment favorable je t’ai exaucé,
au jour du salut je t’ai secouru.

Le voici maintenant le moment favorable,
le voici maintenant le jour du salut.

– Parole du Seigneur.

Évangile

« Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6,1-6.16-18)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
(cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ce que vous faites pour devenir des justes,
évitez de l’accomplir devant les hommes
pour vous faire remarquer.
Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous
auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l’aumône,
ne fais pas sonner la trompette devant toi,
comme les hypocrites qui se donnent en spectacle
dans les synagogues et dans les rues,
pour obtenir la gloire qui vient des hommes.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône,
que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.

Et quand vous priez,
ne soyez pas comme les hypocrites :
ils aiment à se tenir debout
dans les synagogues et aux carrefours
pour bien se montrer aux hommes
quand ils prient.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries,
retire-toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte,
et prie ton Père qui est présent dans le secret ;
ton Père qui voit dans le secret
te le rendra.

Et quand vous jeûnez,
ne prenez pas un air abattu,
comme les hypocrites :
ils prennent une mine défaite
pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.
Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes,
parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes,
mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ;
ton Père qui voit au plus secret
te le rendra. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

les 7 fondateurs des Servites

Saint Alexis Falconieri

Et les fondateurs des Servites (+ 1310)

Alexis Falconieri est l’un des sept marchands florentins qui se libérèrent des servitudes de leur négoce pour vivre au service de l’Église, à l’image de la Mère de Dieu, dans la prière et dans l’apostolat. Ordre des servites de Marie Ils étaient grands amis, ils avaient tous de trente à trente-cinq ans quand ils se retirèrent, silencieux, se construisant des huttes de bois dans la forêt, s’adonnant à la prière et au travail de leurs mains. A tour de rôle, ils prenaient la besace et se faisaient mendiants pour s’assimiler à la classe la plus pauvre et récolter beaucoup d’humiliations de la part de ceux qui se souvenaient de leurs richesses anciennes. Ils n’avaient jamais songé à fonder un ordre de religieux, mais Rome le leur imposa et ce fut leur dévotion à la Sainte Mère de Dieu qui leur fit donner le nom de « servites » ou « serviteurs de Marie. »
Comme un même lien de vraie fraternité avait uni ces sept hommes durant leur vie, ainsi la postérité les embrassa dans une seule et même vénération.

Moi, je vous dis 

Lectures de la messe

Première lecture

« Il n’a commandé à personne d’être impie » (Si 15, 15-20)

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Si tu le veux, tu peux observer les commandements,
il dépend de ton choix de rester fidèle.
Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu :
étends la main vers ce que tu préfères.
La vie et la mort sont proposées aux hommes,
l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix.
Car la sagesse du Seigneur est grande,
fort est son pouvoir, et il voit tout.
Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent,
il connaît toutes les actions des hommes.
Il n’a commandé à personne d’être impie,
il n’a donné à personne la permission de pécher.

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 118 (119), 1-2, 4-5, 17-18, 33-34)

R/ Heureux ceux qui marchent
suivant la loi du Seigneur !
(cf. Ps 118, 1)

Heureux les hommes intègres dans leurs voies
qui marchent suivant la loi du Seigneur !
Heureux ceux qui gardent ses exigences,
ils le cherchent de tout cœur !

Toi, tu promulgues des préceptes
à observer entièrement.
Puissent mes voies s’affermir
à observer tes commandements !

Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai,
j’observerai ta parole.
Ouvre mes yeux,
que je contemple les merveilles de ta loi.

Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ;
à les garder, j’aurai ma récompense.
Montre-moi comment garder ta loi,
que je l’observe de tout cœur.

Deuxième lecture

« La sagesse que Dieu avait prévue dès avant les siècles pour nous donner la gloire » (1 Co 2, 6-10)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
c’est bien de sagesse que nous parlons
devant ceux qui sont adultes dans la foi,
mais ce n’est pas la sagesse de ce monde,
la sagesse de ceux qui dirigent ce monde
et qui vont à leur destruction.
Au contraire, ce dont nous parlons,
c’est de la sagesse du mystère de Dieu,
sagesse tenue cachée,
établie par lui dès avant les siècles,
pour nous donner la gloire.
Aucun de ceux qui dirigent ce monde ne l’a connue,
car, s’ils l’avaient connue,
ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire.
Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture :
ce que l’œil n’a pas vu,
ce que l’oreille n’a pas entendu,
ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme,
ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé.

Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation.
Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses,
même les profondeurs de Dieu.

– Parole du Seigneur.

Évangile

« Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis » (Mt 5, 17-37)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
Je vous le dis en effet :
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.

Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu ne commettras pas d’adultère.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui regarde une femme avec convoitise
a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
Si ton œil droit entraîne ta chute,
arrache-le
et jette-le loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute,
coupe-la
et jette-la loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.
Il a été dit également :
Si quelqu’un renvoie sa femme,
qu’il lui donne un acte de répudiation.

Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui renvoie sa femme,
sauf en cas d’union illégitime,
la pousse à l’adultère ;
et si quelqu’un épouse une femme renvoyée,
il est adultère.

Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne manqueras pas à tes serments,
mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.

Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout,
ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
ni par la terre, car elle est son marchepied,
ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
Et ne jure pas non plus sur ta tête,
parce que tu ne peux pas
rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’,
‘non’, si c’est ‘non’.
Ce qui est en plus
vient du Mauvais. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Saints Cyrille et Méthode

Saints Cyrille et Méthode

Apôtres des Slaves (IXe siècle)

Fêtés le 14 février au martyrologe romain et le 11 mai pour les Eglises d’Orient.
C’étaient de purs enfants de Byzance, la capitale de l’Orient chrétien. Nés à Thessalonique, Méthode et son petit frère surdoué, Constantin (qui recevra sur son lit de mort l’habit monastique sous le nom de Cyrille) sont envoyés en mission par le patriarche de Constantinople, tout d’abord chez les Khazars, peuple venu de l’Asie lointaine et qui ont adhéré au judaïsme. Puis ils sont envoyés en Moravie où les Allemands s’installaient en maîtres. Pour évangéliser les peuples slaves, Cyrille crée un alphabet adapté à leur langue. Les Églises qui utilisent le slavon se remplissent et les autres se vident. Saint Cyrille et saint Modeste, icône de Bucarest (XIXe siècle)Ce n’est pas l’actuel alphabet cyrillique qu’un autre religieux bulgare adaptera en se mettant sous le patronyme du célèbre moine. Cyrille traduit les textes bibliques et liturgiques. Mais ils sont très vite attaqués par des clercs germaniques qui leur reprochent de brader les textes sacrés et d’y mettre des germes d’hérésies en utilisant une langue vulgaire. Le Pape Hadrien II les soutient. C’est d’ailleurs à Rome que meurt Cyrille en 869. Son corps fut rapatrié à Salonique en 1976, en signe de la volonté de communion entre l’Église latine et les Églises orientales. Méthode va reprendre le flambeau. Moins brillant que Cyrille, mais d’une persévérance à toute épreuve, il enracine et fait fructifier, au milieu des tribulations, l’œuvre évangélisatrice de son frère. Dénoncé comme hérétique par ses adversaires, il sera mis en prison pendant deux ans par les Allemands. Lui aussi aura la confiance des papes qui l’ont nommé évêque de Moravie et Pannonie. Ils sont ainsi tous deux témoins de l’Église indivise dans la pluralité des rites et des langues, fidèles au pape comme au patriarche de Constantinople dont ils étaient les fils, Cyrille et Méthode ont été nommés copatrons de l’Europe, avec saint Benoît, sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède, et Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix – Sainte Édith Stein.

Les petits chiens, sous la table, mangent bien les miettes des petits enfants !

Lectures de la messe

Première lecture

« Puisque tu n’as pas gardé mon alliance, je vais t’enlever le royaume. Mais je laisserai une tribu à ton fils, à cause de David » (1 R 11, 4-13)

Lecture du premier livre des Rois

Salomon vieillissait ;
ses femmes le détournèrent vers d’autres dieux,
et son cœur n’était plus tout entier au Seigneur,
comme l’avait été celui de son père David.
Salomon prit part au culte d’Astarté, la déesse des Sidoniens,
et à celui de Milcom, l’horrible idole des Ammonites.
Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur,
et il ne lui obéit pas aussi parfaitement que son père David.
Il construisit alors, sur la montagne à l’est de Jérusalem,
un lieu sacré pour Camosh, l’horrible idole de Moab,
et un autre pour Milcom, l’horrible idole des Ammonites.
Il en fit d’autres pour permettre à toutes ses femmes étrangères
de brûler de l’encens et d’offrir des sacrifices à leurs dieux.
Le Seigneur s’irrita contre Salomon
parce qu’il s’était détourné du Seigneur Dieu d’Israël.
Pourtant, celui-ci lui était apparu deux fois,
et lui avait défendu de suivre d’autres dieux ;
mais Salomon avait désobéi.
Le Seigneur lui déclara :
« Puisque tu t’es conduit de cette manière,
puisque tu n’as pas gardé mon alliance
ni observé mes décrets,
je vais t’enlever le royaume
et le donner à l’un de tes serviteurs.
Seulement, à cause de ton père David,
je ne ferai pas cela durant ta vie ;
c’est de la main de ton fils
que j’enlèverai le royaume.
Et encore, je ne lui enlèverai pas tout,
je laisserai une tribu à ton fils,
à cause de mon serviteur David
et de Jérusalem, la ville que j’ai choisie. »

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 105 (106), 3-4ab, 6.35, 36-37, 39-40)

R/ Souviens-toi de nous, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
(cf. Ps 105, 4)

Heureux qui pratique la justice,
qui observe le droit en tout temps !
Souviens-toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.

Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.
Ils vont se mêler aux païens,
ils apprennent leur manière d’agir.

Alors ils servent leurs idoles,
et pour eux c’est un piège :
ils offrent leurs fils et leurs filles
en sacrifice aux démons.

De telles pratiques les souillent ;
ils se prostituent par de telles actions.
Et le Seigneur prend feu contre son peuple :
ses héritiers lui font horreur.

Évangile

« Les petits chiens, sous la table, mangent bien les miettes des petits enfants ! » (Mc 7, 24-30)

Alléluia. Alléluia.
Accueillez dans la douceur
la Parole semée en nous :
c’est elle qui peut vous sauver.
Alléluia. (cf. Jc 1, 21bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus partit et se rendit dans le territoire de Tyr.
Il était entré dans une maison,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
mais il ne put rester inaperçu :
une femme entendit aussitôt parler de lui ;
elle avait une petite fille possédée par un esprit impur ;
elle vint se jeter à ses pieds.
Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance,
et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille.
Il lui disait :
« Laisse d’abord les enfants se rassasier,
car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux petits chiens. »
Mais elle lui répliqua :
« Seigneur, les petits chiens, sous la table,
mangent bien les miettes des petits enfants ! »
Alors il lui dit :
« À cause de cette parole, va :
le démon est sorti de ta fille. »
Elle rentra à la maison,
et elle trouva l’enfant étendue sur le lit :
le démon était sorti d’elle.

– Acclamons la Parole de Dieu.

ND de Lourdes

Notre-Dame de Lourdes

 La Vierge Marie est apparue 18 fois à Bernadette Soubirous, entre le 11 février et le 16 juillet 1858, à la grotte de Massabielle, près de Lourdes. Elle demande à Bernadette de devenir sa messagère et de travailler, à sa manière, à la conversion des pécheurs. Elle lui demande d’établir un lieu de prière et de pèlerinage. Elle lui confirme le dogme proclamé trois ans plus tôt par le Pape Pie IX: « Je suis l’Immaculée Conception ». Grotte de LourdesBernadette sera une humble servante qui s’efface quand l’Église accepte le message de la Vierge Marie. Aujourd’hui plusieurs millions de visiteurs, de pèlerins et de malades viennent chaque année, du monde entier, prier Notre-Dame de Lourdes, afin d’obtenir la grâce de la conversion et le soulagement de leurs épreuves.
Site internet du sanctuaire* Notre-Dame de Lourdes.
(*On parle des Sanctuaires de Lourdes et non pas du Sanctuaire de Lourdes. Un Sanctuaire est un lieu de culte devenu sacré; le domaine de la Grotte en compte plusieurs!)
« Du 11 février au 16 juillet 1858, par dix huit fois, la Vierge Marie est apparue à Bernadette Soubirous à la grotte de Massabielle. L’évêque de Tarbes et Lourdes permit le culte de Notre-Dame en ces lieux et une chapelle y fut construite. Depuis lors, des foules innombrables y viennent du monde entier. La mémoire de ces apparitions a été inscrite au calendrier romain en 1907. » (diocèse de Tarbes et Lourdes)

Sainte Scholastique

Sainte Scholastique

Moniale, soeur de saint Benoît (+ 543)

Sœur jumelle de saint Benoît, elle se consacra comme lui au Seigneur et vint habiter non loin de son frère dans un monastère au pied du Mont-Cassin. Elle le rencontre une fois par an, dans une petite maison située à mi-chemin.Anne d'Autriche et ses fils priant devant saint Benoît et sainte Scholastique (Philippe de Champaigne)
C’est là que, trois jours avant sa mort, désirant passer sa nuit en entretiens spirituels avec son frère, elle obtient du ciel un orage si violent qu’il empêche saint Benoît de partir.
Elle est  patronne de la ville du Mans.
Illustration: Anne d’Autriche et ses fils priant devant saint Benoît et sainte Scholastique (Philippe de Champaigne, XVIIe siècle)
Mémoire de sainte Scholastique, vierge. Sœur de saint Benoît, consacrée à Dieu dès son enfance, elle eut en Dieu un seul cœur avec son frère, au point qu’une fois par an ils passaient ensemble toute une journée en louange de Dieu et en saints entretiens. Vers 547 elle fut, en ce jour, mise au tombeau que saint Benoît avait préparé pour lui-même au Mont-Cassin.

Martyrologe romain

« – Que Dieu tout puissant te pardonne, ma sœur! Qu’as-tu fait là! – Voilà, je t’ai prié, tu n’as pas voulu m’entendre. J’ai prié mon Seigneur, et il m’a écoutée. »

Dialogue de St Benoît et Ste Scholastique, selon St Grégoire le Grand

Sainte Joséphine Bakhita

Sainte Joséphine Bakhita, l’esclave devenue sainte

Portrait de sainte Joséphine Bakhita, de la congrégation des sœurs de la Charité. / CPP/Ciric

[Les grands noms de l’Église africaine]- Le 8 février, l’Église fête sainte Joséphine Bakhita ancienne esclave d’origine soudanaise devenue religieuse canossienne en Italie et canonisée en 2000 par le pape Jean-Paul II.

Née en 1869 dans le Darfour, au Soudan, celle qui est aujourd’hui connue sous le nom de Joséphine Bakhita n’a que 9 ans quand elle est enlevée par des trafiquants d’êtres humains. Elle est vendue par des négriers musulmans à un général turc qui lui fait subir de mauvais traitements et la scarifie. Elle est tellement traumatisée qu’elle en oublie son nom. On l’appelle désormais « Bakhita » qui signifie « la chanceuse ».

En 1883, à 14 ans, elle est vendue au consul d’Italie à Khartoum, Calisto Legnani. Les mauvais traitements disparaissent alors. Dans ses mémoires, elle confie être traitée avec bonté et vivre en paix pendant cette période. Deux ans plus tard, elle est au service des Michieli, des amis de son ancien maître. Mme Michieli la confie ainsi que sa petite-fille à l’institut des catéchistes de Venise, tenu par les religieuses canossiennes.

« Ni la couleur de la peau, ni la position sociale ne sont des obstacles pour devenir sœur »

Mais au moment du départ, Bakhita demande à rester chez les religieuses. Malgré les pressions de diverses personnalités, l’ancienne esclave ne veut pas quitter l’institut religieux. Au terme d’un procès en 1889, elle obtient le droit de rester dans son couvent. Un an plus tard, en 1890, elle est baptisée par l’archevêque de Venise, le cardinal Domenico Agostini et reçoit la confirmation. Trois ans plus tard, elle demande à devenir religieuse. « Ni la couleur de la peau, ni la position sociale ne sont des obstacles pour devenir sœur », lui répond alors la supérieure de canossiennes, sœur Anna Previtali. Elle entre au noviciat en 1893 et prononce ses premiers vœux en 1896. En 1910, elle commence à écrire son histoire.

En 1927, elle prononce des vœux perpétuels. Pendant plus de 50 ans, elle s’occupera de la cuisine, de la lingerie et de la conciergerie dans la communauté des canossiennes à Schio, dans la province de Vicence. Très aimée dans cette localité, elle est affectueusement appelée « petite mère noire » (Madre Moretta). Elle répétait : « Soyez bons, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Voyez comme est grande la grâce de connaître Dieu. »

Après une longue maladie, elle mourut le 8 février 1947 en invoquant « Notre Dame, Notre Dame ». En 1950 déjà, le bulletin canossien a publié 6 pages de témoignages de noms de personnes affirmant avoir reçu des grâces par l’intercession de Josephine Bakhita.

Elle est béatifiée en 1992 et canonisée par Jean-Paul II le 1er octobre 2000.

Saint Paul Miki et ses compagnons, martyrs japonais

Saint Paul Miki et ses compagnons, martyrs japonais

Publié le 06/02/2020   KTO

Né au Japon en 1564, Paul Miki devient chrétien par le baptême, avec ses parents, lorsqu’il n’a que cinq ans.  Il choisit de donner toute sa vie pour l’évangélisation de ses frères et sœurs en devenant prêtre dans la Compagnie de Jésus. Très vite, sa vie de prière et ses enseignements gagnent d’autres Japonais à la foi.

Mais en 1587, le shogun Hideyoshi Toyotomi expulse les missionnaires du Japon. C’est le début de la persécution des chrétiens dans ce pays, qui durera près de trois siècles.

A REVOIR :

Le pape François se recueille au monument des 26 martyrs japonais, lors de son voyage apostolique au Japon en novembre 2019.
Toutes les vidéos du voyage du Pape. 

 

En 1597, Paul Miki est arrêté avec 25 autres compagnons, des japonais mais aussi des étrangers, des jésuites et des franciscains, jeunes et vieux. Ils sont emmenés à Nagasaki pour y être crucifiés. Le jour de leur mort, Paul Miki dit ceci : « Je vous déclare donc qu’il n’y a aucune voie de salut sinon celle que suivent les chrétiens. Puisqu’elle m’enseigne à pardonner aux ennemis et à tous ceux qui m’ont fait du mal, je pardonne de grand cœur au roi et à tous les auteurs de ma mort, et je les prie de vouloir bien recevoir le baptême chrétien ».

La foi de Paul Miki et son amour furent inébranlables. Ils furent, lui et ses compagnons, de remarquables témoins de la foi.

La foi des chrétiens japonais

Pendant près de trois siècles, de 1587 à 1873, les catholiques au Japon furent persécutés. Ceux qui n’abjurent pas leur foi en piétinant les images sacrées sont torturés puis tués.  De nombreux lieux témoignent de cette sombre période, comme « La colline des croix », ou l’île de Nakayeno, une terre considérée comme sacrée par de nombreux chrétiens, car le sang de nombreux martyrs y a été versé.

colline des croix japonLa « colline des croix »

Malgré les persécutions, la foi ne disparut pas. Les chrétiens japonais devinrent des « chrétiens cachés »: une Eglise souterraine naît. Avec tous les missionnaires expulsés, les chrétiens japonais restèrent plus de deux siècles sans prêtres mais se transmettaient les vérités de foi ainsi qu’une espérance : un jour, les prêtres reviendront. Ils seront reconnus grâce à trois éléments : être célibataires, obéir au Pape de Rome et avoir une image de Marie.

Ce régime de persécution se termina à la fin du XIXème siècle : dans un contexte de réforme et d’ouverture, le Japon autorisa à nouveau le christianisme. Aujourd’hui, sur une population de 126,3 millions d’habitants, les chrétiens sont seulement 1% parmi lesquels 0,35 % de Catholiques (449000) selon les chiffres des responsables de l’Eglise du Japon en 2018.

Sainte Agathe de Catane

Sainte Agathe de Catane

Martyre en Sicile (+ 251)

Son nom signifie « bonté »

Cette belle jeune fille serait née en Sicile. Le gouverneur de Palerme ou de Catane la convoitait et, malgré une entremetteuse, il ne parvint pas à la persuader de céder à sa passion. Les bourreaux rivalisèrent de sadisme pour la vaincre. Une seule chose est sûre: elle garda jusqu’à la mort la pureté qu’elle avait vouée au seul Christ. Elle y gagna sa place dans le canon romain de la Prière Eucharistique avec sainte Lucie, sainte Agnès et sainte Cécile.

Psaume

(Ps 131 (132), 1a.2b.4a.5a, 6-7, 9-10)

R/ Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos,
toi, et l’arche de ta force !
(Ps 131, 8)

Souviens-toi, Seigneur, de David,
de sa promesse au Puissant de Jacob :
« J’interdirai tout sommeil à mes yeux
avant d’avoir trouvé un lieu pour le Seigneur. »

Voici qu’on nous l’annonce à Éphrata,
nous l’avons trouvée près de Yagar.
Entrons dans la demeure de Dieu,
prosternons-nous aux pieds de son trône.

Que tes prêtres soient vêtus de justice,
que tes fidèles crient de joie !
Pour l’amour de David, ton serviteur,
ne repousse pas la face de ton messie.

St Blaise

St Blaise 

Qui est-il ?

Saint Blaise, évêque et martyr (316), fut l’un des saints autrefois les
plus populaires et les plus célèbres par l’efficacité de leur intercession.

Selon la tradition,

D’abord très habile médecin, et en même temps très vertueux chrétien, il devint évêque de Sébaste, en Arménie, par le choix du peuple, qui l’entourait d’une grande estime.
Mais Blaise, inspiré de Dieu, quitta bientôt son siège épiscopal pour s’enfuir sur une montagne solitaire ; il y avait pour compagnie les bêtes fauves qui venaient chaque jour visiter et caresser l’homme de Dieu, et recevoir, avec sa bénédiction, la guérison de leurs maux.

Il fut rencontré en son désert par des païens qui, surpris de trouver un homme familièrement entouré de lions, de tigres, de loups et d’ours, allèrent raconter cette nouvelle au gouverneur. Arrivé devant le gouverneur : « Insensé, lui dit-il, penses-tu me séparer de Dieu par tes tourments ? Non, non, le Seigneur est avec moi, c’est Lui qui me fortifie ! »
Les bourreaux le frappèrent à coups de verges et le jetèrent en prison. Quelques jours après, le martyr est rappelé au tribunal : après de nouveaux interrogatoires inutiles, Blaise fut jeté dans le lac voisin pour y être noyé ; mais il fit le signe de la Croix et marcha sur les eaux comme sur un terrain solide, à la grande admiration de tous les spectateurs de ce prodige.
Le glorieux martyr eut enfin la tête tranchée. Tandis qu’il était en prison on lui avait amené un enfant sur le point d’être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit. C’est sans doute pour ce fait qu’on l’invoque spécialement pour les maux de gorge.

Prière en l’honneur de SAINT BLAISE

« Saint Blaise, tu as guéri et conservé en vie un enfant qui étouffait la gorge percée par une arête de poisson qu’il avait avalée. 
C’est pourquoi nous nous tournons vers toi : éloigne de nous tous les maux de gorge qui nous menacent et guéris tous ceux qui en sont atteints.
Mais veille aussi sur notre esprit ! Arrache-le à la tiédeur spirituelle. Par les mérites de ta vie, consommée dans le martyre, aide-nous, à rester fermement attachés au Christ dans la foi,
l’espérance et l’amour. AMEN. »

la Présentation du Seigneur au Temple

Ce qu’on appelle communément la « Chandeleur » est en fait la fête liturgique de la Présentation du Seigneur au Temple, célébrée le 2 février.

L’Eglise célèbre la Présentation de Jésus au Temple, quarante jours après Noël. Cette fête est mieux connue sous le titre de Chandeleur ou fête de la lumière car elle est toute illuminée de ce verset de l’évangile de la messe prophétisant Jésus « lumière pour éclairer les nations ».

Les lectures du jour nous appellent à la suite du vieillard Siméon à nous laisser éclairer par l’Esprit Saint et à accueillir le Christ dans notre vie. Vivre en chrétien la fête de la Chandeleur, c’est remettre le Christ au centre de nos préoccupations.

Siméon se situe dans la rencontre authentique et confiante avec Dieu qui lui apporte la paix et dont il se sait aimé. La liturgie nous invite à entrer dans cette démarche, à aller à la rencontre du Christ, guidés par l’Esprit Saint, pour qu’au moment de quitter ce monde, nous puissions dire à la suite de Siméon :

« Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix selon ta parole. » Lc 2, 22 – 40