Saint Thomas d’Aquin

Saint Thomas d’Aquin
Docteur de l’Église
(1226-1274)

Saint Thomas d’Aquin naquit au château de Rocca-Secca, près de la petite ville d’Aquino, dans le royaume de Naples, l’année qui vit descendre au tombeau saint François d’Assise, et saint Louis monter sur le trône de France. Il fut le plus grand homme de son époque et l’une des plus éclatantes lumières de l’Église dans tous les temps.

Un fait charmant de son enfance nous montre déjà en lui le prédestiné de Dieu. Il était encore au berceau, quand un jour sa nourrice voulut lui ôter de la main un papier qu’il tenait; mais l’enfant se mit à crier. La mère survint; piquée de curiosité, elle arrache enfin de force le papier des mains de son fils, malgré ses cris et ses larmes, et elle voit avec admiration qu’il ne contient que ces deux mots: Ave, Maria.

Devenu plus grand, Thomas fut élevé au Mont-Cassin, non loin du château familial, dans la célèbre école des Bénédictins, et à l’âge de dix-huit ans, malgré ses parents, il entra chez les Dominicains, à Naples.

Sa noble et toute-puissante famille fit une guerre acharnée à sa vocation; on employa tout pour le perdre. Arraché à son monastère, il fut jeté en prison dans une tour du château paternel, et on introduisit près de lui une courtisane pour amollir son coeur. Thomas, sans défense, saisit dans le foyer un tison enflammé et la mit en fuite. Il se jeta ensuite à genoux et s’endormit; pendant son sommeil, il vit les anges descendre du Ciel pour le féliciter et lui ceindre les reins, en lui disant: « Recevez de la part de Dieu le don de chasteté perpétuelle. » Son confesseur put déclarer après sa mort que Thomas était mort aussi pur qu’un enfant de cinq ans.

Victorieux de tous les obstacles, il put enfin suivre sa vocation et fit d’immenses progrès dans les sciences. Silencieux au milieu de la foule des étudiants, ne conversant qu’avec Dieu, il avait reçut le surnom de Boeuf muet, mais son professeur dit un jour de lui, en public: « Vous voyez ce boeuf que vous appelez muet, eh bien! il fera retentir bientôt tout l’univers de ses mugissements. » Cette parole était prophétique. D’élève devenu le premier des maîtres, il illustra toutes les universités où l’obéissance le conduisit pour enseigner.

Le plus grand des miracles de sa courte vie de quarante-huit ans, ce sont les ouvrages incomparables et immenses qu’il trouva le temps d’écrire au milieu d’accablantes occupations. Les admirables hymnes de la fête du Très Saint-Sacrement sont l’oeuvre de ce grand Docteur, dont la piété égalait la science.

Il entendit un jour Jésus-Christ lui adresser, du fond du Tabernacle, cette parole célèbre: « Tu as bien écrit de Moi, Thomas. Quelle récompense désires-tu recevoir? » Et le Saint, pénétré d’amour, s’écria: « Point d’autre que Vous, Seigneur! » Ce grand docteur fut l’ami de saint Louis et le bras droit des Papes.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950

Sainte Angèle Mérici

Sainte Angèle Mérici
Vierge, fondatrice de
la Congrégation des Ursulines
(1474-1540)

Sainte Angèle Mérici naquit à Desonzano, sur le lac de Garde. Ses parents, profondément chrétiens, désiraient que leurs enfants trouvent leur bonheur dans la gloire de Dieu. Pour réaliser cet idéal, ils avaient fait un vrai sanctuaire de la maison paternelle où chacun travaillait sous le regard de Dieu et récitait la prière en commun. Une lecture dans un livre de piété ou dans la Vie des Saints terminait la journée.

A ces pieuses pratiques, Angèle ajoutait les rigueurs de la pénitence. Elle voua sa virginité au Seigneur à l’âge de neuf ans et renonça le jour même à toute parure. Elle perdit son père vers l’âge de treize ans; sa mère mourut deux ans plus tard. Un oncle nommé Barthélémy la prit alors chez lui et s’attacha à favoriser ses pratiques de dévotion. Six ans s’écoulèrent avant que Dieu vienne lui ravir son unique soeur de sang et de sentiments; le décès de l’oncle Barthélémy suivit de près cette perte vivement ressentie.

Doublement orpheline, Angèle rentra à la maison paternelle, acheva de se dépouiller de tout ce qu’elle possédait et se livra aux plus grandes austérités. Elle était alors âgée de vingt-deux ans. Afin de se sanctifier plus sûrement, elle s’affilia au Tiers-Ordre de Saint-François d’Assise.

En 1506, un jour qu’elle travaillait aux champs, une lumière éclatante l’environna soudain. Angèle vit une échelle s’élever du sol jusqu’au ciel et une troupe innombrable de vierges qui en parcouraient les échelons, soutenues par des anges. Une des vierges se tourna vers elle et lui dit: «Angèle, sache que Dieu t’a ménagé cette vision pour te révéler qu’avant de mourir tu fonderas, à Brescia, une société de vierges semblable à celles-ci.» Dieu fournit à Sa servante les moyens de réaliser cet oracle, seulement vingt ans après la mémorable vision.

La réputation de sainteté d’Angèle Mérici s’était répandue jusque dans la ville de Brescia. Les Patengoli, riche famille et grands bienfaiteurs des oeuvres pies, habitaient cette cité. En 1516, ayant perdu coup sur coup leurs deux fils, ils invitèrent Angèle à venir habiter avec eux pour les consoler dans leur peine. A partir de ce moment, sainte Angèle se fixa à Brescia, édifiant la ville par ses vertus. Chaque jour, on la voyait en compagnie de jeunes filles de son âge, rassembler les fillettes et leur enseigner la doctrine chrétienne, visiter les pauvres et les malades, instruire les grandes personnes qui venaient, en foule, écouter leurs conférences. Ces pieuses filles s’ingéniaient à rechercher les pécheurs jusque dans leur lieu de travail.

Suivant une pratique très usitée à cette époque, sainte Angèle Mérici entreprit plusieurs pèlerinages. Comme elle se rendait un jour à Jérusalem avec un groupe de pèlerins, une mystérieuse cécité se déclara dans la ville de Candie, l’affligeant tout le reste du parcours, pour ne cesser qu’à son retour exactement au même endroit où elle avait perdu l’usage de la vue. Dans cette pénible circonstance, la Sainte vit comme un symbole du renoncement qui devait être à la base de tous ses projets. Le pape Clément VII, instruit des vertus et des miracles de sainte Angèle, lui réserva un accueil des plus bienveillants.

Le souvenir de la merveilleuse vision demeurait toujours au fond de son coeur. Un jour, Angèle réunit douze jeunes filles qui désiraient tendre à la vie parfaite. Elle leur proposa de mener une vie retirée dans leurs demeures et les rassemblaient fréquemment pour les former à la pratique des vertus chrétiennes. En 1533, ce noviciat achevé, sainte Angèle Mérici leur révéla son plan, leur démontrant que l’ignorance religieuse était la cause des ravages exercés par le protestantisme et que la fondation d’une société de religieuses d’une forme nouvelle pour l’époque, unissant la vie contemplative à l’instruction des enfants, constituerait un remède efficace à l’état déplorable qui régnait dans l’Église.

Afin de mieux atteindre toutes les âmes dans le besoin, la fondatrice implanta les bases d’un Ordre sans clôture. Ses soeurs parcouraient les prisons et les hôpitaux, recherchaient les pauvres pour les instruire et rompaient généreusement leur pain avec eux. Remontant le cours du mal jusqu’à sa source, sainte Angèle Mérici pensait qu’on ne pouvait réformer les moeurs que par la famille, laquelle dépendait surtout de la mère. Elle réalisait que la mauvaise éducation des jeunes filles provenait de la carence de mères chrétiennes. Dans les desseins de Dieu, la congrégation des Ursulines devait rayonner à travers le monde par l’éducation des jeunes filles.

Le 25 novembre 1535, à Brescia, les premières religieuses du nouvel institut prononcèrent les trois voeux traditionnels de pauvreté, chasteté et obéissance, ajoutant celui de se consacrer exclusivement à l’enseignement. Sainte Angèle Mérici plaça sa congrégation sous le patronage de sainte Ursule.

Dieu l’avait gratifiée des dons éminents de science infuse et de prophétie. Elle parlait latin sans l’avoir étudié, expliquait les passages les plus difficiles des Livres Saints et traitait les questions théologiques avec une si admirable fermeté et précision, que les plus doctes personnages recouraient volontiers à ses lumières. Ses dernières années furent marquées par de fréquentes extases.

Sainte Angèle Mérici mourut le 28 janvier 1540. Pendant trois nuits, toute la ville de Brescia contempla une lumière extraordinaire au-dessus de la chapelle où reposait le corps de la Sainte qui s’est conservé intact de toute corruption. Le pape Pie VII l’a canonisée en 1807.

Tiré de J.-M. Planchet, édition 1946, p. 217-218 — Marteau de Langle de Cary, 1959, tome II, p. 295-296

Saints Tite et Timothée

Saints Tite et Timothée, disciples et compagnons de saint Paul

Saints Tite et Timothée, Monreale, Saints Tite et Timothée, Monreale, 

La vie de Timothée

Timothée naît  à Lystre, à environ 200km au nord-ouest de Tarse, de mère juive et de père païen. Lorsque Paul passe dans ces zones au début de son deuxième voyage missionnaire, il choisit Timothée comme compagnon  parce « qu’il était assez estimé par les frères de Lystre et d’Iconium » (AC 16,2), mais  il le fait  circoncire « à cause des juifs qui se trouvaient dans les parages » (AC16, 3).Avec l’Apôtre des Gentils, Timothée  traverse  l’Asie Mineure et rejoint la Macédoine. Ensuite il accompagne Paul à Athènes et de là il est invité à Thessalonique. Puis, il poursuit  pour Corinthe et collabore  à l’évangélisation de la ville sur l’Isthme. La figure de Timothée tranche comme celle  d’un pasteur  de grand relief. Selon  l’Histoire ecclésiastique postérieure d’Eusèbe de Césarée. Timothée fut le premier évêque d’Ephèse. Certaines  de ses reliques se trouvent  depuis 1239 en Italie dans la cathédrale de Termoli dans le Molise, en provenance de Constantinople.

La vie de Tite

Tite est de famille grecque, encore païenne, et il est converti par Paul au cours d’un de ses voyages apostoliques, pour ensuite devenir  son collaborateur, son compagnon et frère dans l’apostolat. L’Apôtre des Gentils l’emmène avec lui à Jérusalem, pour ce qui est appelé Concile apostolique, justement au moment crucial de la controverse  à propos du baptême des Païens. L’Apôtre  s’oppose  fermement  à la circoncision du chrétien d’Antioche, et Tite  devient ainsi le symbole  vivant de la valeur universelle du Christianisme, sans distinction ni de nationalité, race, et culture. Après le départ de Timothée de Corinthe, Paul envoie Tite  avec la charge de ramener  cette  communauté  indocile à l’obéissance et il réussit à restaurer la paix  entre l’Eglise de Corinthe et  l’Apôtre. A Corinthe Tite est encore recommandé par Paul, qui le qualifie de «  mon compagnon et collaborateur »2 Cor 8,23, pour y organiser la conclusion des collectes en faveur des chrétiens de Jérusalem. D’ultérieures informations en provenance des Lettres Pastorales le qualifient comme Evêque de Crète.

Deux fidèles serviteurs de l’Evangile

Paul circoncit le disciple Timothée et ne circoncit pas Tite, qu’il emmène tout de même avec lui à Jérusalem devant le Concile des Apôtres. Ainsi en ses deux collaborateurs  Paul réunit  les hommes  de la circoncision et les hommes de la non-circoncision ; les hommes de la loi et les hommes de la foi. Selon  la tradition, Paul écrit deux lettres à Timothée  et  à Tite. Ce sont les seules lettres du Nouveau Testament adressées non pas à des communautés mais à des individus. L’Apôtre, désormais âgé, se laisse aller à des annotations  riches d’affection envers ces deux disciples, satisfait d’avoir  mis en leurs mains l’annonce  de l’Evangile. Selon Benoît XVI, Timothée  et Tite «  nous enseignent a servir l’Evangile avec générosité, en sachant que cela est  aussi un service à l’Eglise ».

26 janvier : Saints Timothée et Tite, évêques

Texte de l’Évangile (Mc 4,26-34):

Jésus disait: «Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champ: nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le grain le permet, on y met la faucille, car c’est le temps de la moisson».

Il disait encore: «A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu? Par quelle parabole allons-nous le représenter? Il est comme une graine de moutarde: quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre». Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de la comprendre. Il ne leur disait rien sans employer de paraboles, mais en particulier, il expliquait tout à ses disciples.

 

Pensées pour l’évangile d’aujourd’hui

  • « Toi aussi sème le Christ dans ton jardin, où fleurira la beauté de tes actes et où se respirera l’odeur des vertus les plus diverses » (saint Ambroise de Milan)
  • « La faiblesse est la force de la semence, sa puissance celle de se diviser. Le règne de Dieu est comme cela : une petite réalité à échelle humaine, composée des pauvres de cœur, de ceux qui ne comptent pas seulement sur leur propre force, mais sur celle de l’amour de Dieu » (Benoît XVI)
  • « La vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu (...). C’est à eux qu’il revient, d’une manière particulière, d’éclairer et d’orienter toutes les réalités temporelles auxquelles ils sont étroitement unis, de telle sorte qu’elles se fassent et prospèrent constamment selon le Christ et soient à la louange du Créateur et Rédempteur » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 898)

La conversion de Saint-Paul

La conversion de Saint-Paul

 

Par la lumière et la Parole du Christ qu’il reçoit sur le chemin de Damas, par son baptême et par l’effusion de l’Esprit, Paul devient l’apôtre des païens.

Un récit de vocation

La conversion de Saint Paul est évoquée à diverses reprises dans le Nouveau Testament (1), particulièrement dans deux récits qu’en font les Actes des Apôtres. En faisant une lecture croisée de ces textes, on y retrouve des éléments caractéristiques de certaines vocations de prophètes.
En route vers Damas pour arrêter les adeptes du Christ, il rencontre le Seigneur. La confrontation est rude. Il est jeté à terre. Il est rendu aveugle par la lumière de Dieu. Il entend la Parole:

Saul, Saul, Pourquoi me persécuter ?

Ensuite, des signes lui sont donnés.

Par l’intermédiaire d’Ananie, le Seigneur lui rend la vue et il reçoit le baptême.
Saul reçoit une mission : sortir de Jérusalem et aller au loin vers les païens.

Pourtant, il résiste. Il dit pouvoir affronter les habitants de la Ville sainte qui le connaissent comme persécuteur des premiers chrétiens.

Une parole d’assurance lui est confiée : le Dieu de nos pères l’a prédestiné à connaître sa volonté, à voir le Juste et à entendre la voix sortie de sa bouche.

Confrontation avec Dieu, parole d’introduction, ordre de mission, objection, parole d’assurance, signes : ces éléments du récit évoquent ceux relatés par l’Ancien Testament lors de plusieurs vocations de prophètes (2). Cependant, celui qu’on appelle désormais Paul n’est pas un prophète comme les autres, mais un apôtre du Christ.

« Jésus appela ceux qu’il voulait pour qu’ils soient avec lui » (Mc 3, 13-19)

Lectures de la messe

Première lecture

« Je ne porterai pas la main sur celui qui a reçu l’onction du Seigneur » (1 S 24, 3-21)

Lecture du premier livre de Samuel

En ces jours-là,
Saül prit trois mille hommes, choisis dans tout Israël,
et partit à la recherche de David et de ses gens
en face du Rocher des Bouquetins.
Il arriva aux parcs à moutons qui sont en bordure de la route ;
il y a là une grotte, où Saül entra pour se soulager.
Or, David et ses hommes se trouvaient au fond de la grotte.
Les hommes de David lui dirent :
« Voici le jour dont le Seigneur t’a dit :
“Je livrerai ton ennemi entre tes mains,
tu en feras ce que tu voudras.” »
David vint couper furtivement le pan du manteau de Saül.
Alors le cœur lui battit
d’avoir coupé le pan du manteau de Saül.
Il dit à ses hommes :
« Que le Seigneur me préserve
de faire une chose pareille à mon maître,
qui a reçu l’onction du Seigneur :
porter la main sur lui,
qui est le messie du Seigneur. »
Par ses paroles, David retint ses hommes.
Il leur interdit de se jeter sur Saül.

Alors Saül quitta la grotte et continua sa route.
David se leva, sortit de la grotte, et lui cria :
« Mon seigneur le roi ! »
Saül regarda derrière lui.
David s’inclina jusqu’à terre et se prosterna,
puis il lui cria :
« Pourquoi écoutes-tu les gens qui te disent :
“David te veut du mal” ?
Aujourd’hui même, tes yeux ont vu
comment le Seigneur t’avait livré entre mes mains dans la grotte ;
pourtant, j’ai refusé de te tuer,
je t’ai épargné et j’ai dit :
“Je ne porterai pas la main sur mon seigneur le roi
qui a reçu l’onction du Seigneur.”
Regarde, père, regarde donc :
voici dans ma main le pan de ton manteau.
Puisque j’ai pu le couper,
et que pourtant je ne t’ai pas tué,
reconnais qu’il n’y a en moi ni méchanceté ni révolte.
Je n’ai pas commis de faute contre toi,
alors que toi, tu traques ma vie pour me l’enlever.
C’est le Seigneur qui sera juge entre toi et moi,
c’est le Seigneur qui me vengera de toi,
mais ma main ne te touchera pas !
Comme dit le vieux proverbe :
“Des méchants sort la méchanceté.”
C’est pourquoi ma main ne te touchera pas.
Après qui donc le roi d’Israël s’est-il mis en campagne ?
Après qui cours-tu donc ?
Après un chien crevé, après une puce ?
Que le Seigneur soit notre arbitre,
qu’il juge entre toi et moi,
qu’il examine et défende ma cause,
et qu’il me rende justice, en me délivrant de ta main ! »

Lorsque David eut fini de parler, Saül s’écria :
« Est-ce bien ta voix que j’entends, mon fils David ? »
Et Saül se mit à crier et à pleurer.
Puis il dit à David :
« Toi, tu es juste, et plus que moi :
car toi, tu m’as fait du bien,
et moi, je t’ai fait du mal.
Aujourd’hui tu as montré toute ta bonté envers moi :
le Seigneur m’avait livré entre tes mains,
et tu ne m’as pas tué !
Quand un homme surprend son ennemi,
va-t-il le laisser partir tranquillement ?
Que le Seigneur te récompense
pour le bien que tu m’as fait aujourd’hui.
Je sais maintenant que tu régneras certainement,
et que la royauté d’Israël tiendra bon en ta main. »

– Parole du Seigneur.

Psaume

(Ps 56 (57), 2, 3-4ac, 6.11)

R/ Pitié pour moi, mon Dieu,
pitié pour moi !
(Ps 56, 2a)

Pitié, mon Dieu, pitié pour moi !
En toi je cherche refuge,
un refuge à l’ombre de tes ailes,
aussi longtemps que dure le malheur.

Je crie vers Dieu, le Très-Haut,
vers Dieu qui fera tout pour moi.
Du ciel, qu’il m’envoie le salut,
qu’il envoie son amour et sa vérité !

Dieu, lève-toi sur les cieux :
que ta gloire domine la terre !
Ton amour est plus grand que les cieux,
ta vérité, plus haute que les nues.

 

Évangile

« Jésus appela ceux qu’il voulait pour qu’ils soient avec lui » (Mc 3, 13-19)

Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus gravit la montagne,
et il appela ceux qu’il voulait.
Ils vinrent auprès de lui,
et il en institua douze
pour qu’ils soient avec lui
et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle
avec le pouvoir d’expulser les démons.
Donc, il établit les Douze :
Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –,
Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques
– il leur donna le nom de « Boanerguès »,
c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –,
André, Philippe, Barthélemy, Matthieu,
Thomas, Jacques, fils d’Alphée,
Thaddée, Simon le Zélote,
et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Saint Vincent, le martyr qui se moquait de ses bourreaux

Saint Vincent, le martyr qui se moquait de ses bourreaux

Vicente de Zaragoza

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Isabelle Cousturié ✝publié le 21/01/18mis à jour le 20/01/23

Le 22 janvier, le diacre Vincent de Saragosse meurt en livrant aux chrétiens un très beau témoignage de foi inconditionnelle.Diacre au IVe siècle en Espagne, Vincent est souvent représenté avec un lit de fer à pointes aiguës, des ongles de fer et une meule. Quelques-uns des outils utilisés pour la torture qu’il a subi, pratique dont furent victimes plus d’un millier de chrétiens en Espagne sous Dioclétien. On le représente aussi encadré de deux ceps de vigne portant des grappes de raisin, en allusion à son culte très répandu dans les pays des vignobles qui fait de lui le saint patron des vignerons. Certains affirment que ce patronage ne serait que le résultat de quelques jeux de mot — Vincent et vin-sang comme le sang de la vigne ou symbole du sang du Christ — ou pour ses tâches liées au vin.

« La puissance de Dieu » à l’œuvre

Vincent est un homme cultivé. Il vient de la noblesse, mais plus noble encore est son engagement envers Dieu et son service auprès des pauvres. Quand il est arrêté à Valence avec son évêque, Valère, et qu’on lui ordonne d’adorer l’Empereur, il refuse net. Il sait qu’il va subir comme tant d’autres des tortures, ces tortures abominables qu’on fait subir aux chrétiens en temps de persécutions. La sienne est particulièrement longue et douloureuse.

Mais il résiste en chantant, en riant et en répondant avec humour aux humeurs de son tortionnaire, comme le rapportent non seulement saint Augustin et Prudence (348-415), le poète lyrique chrétien des premiers siècles, mais aussi  Mais comme raconté également par le dominicain italien Jacques de Voragine dans sa Légende dorée à force de détails :

Et lorsque l’on eut rompu les membres du saint, le gouverneur lui dit : “Hé bien, Vincent, voilà ton misérable corps dans un bel état !” Mais le saint lui répondit en souriant : “C’est ce que j’ai de tout temps souhaité !” Dacien, exaspéré, le menaça d’autres supplices, s’il persistait à ne pas céder. Mais Vincent : “Insensé, plus tu crois te fâcher contre moi, plus en réalité tu as pitié de moi. Laisse-toi donc aller à toute ta malice ! Tu verras que, avec l’aide de Dieu, j’aurai plus de pouvoir dans les supplices que toi en me suppliciant !”  (…) Et Dacien lui dit : “Vincent, aie pitié de toi ! Tu peux encore recouvrer ta belle jeunesse et t’épargner d’autres supplices qu’on apprête pour toi !” Mais Vincent : “Langue empoisonnée, je ne crains pas tes tourments (…) plus je te vois furieux, plus grand est mon plaisir. Garde-toi de rien atténuer aux supplices que tu me prépares, afin que j’aie plus d’occasions de te montrer ma victoire !”.

Une « couronne » bien méritée

Vincent est mort le 22 janvier 304, non pas sous les tortures subies longuement mais jeté encore vivant sur des tessons pointus, au fond d’un cachot. La résistance de Vincent relève de l’incroyable, au point que saint Augustin dira de lui : « À travers cette ténacité, on discerne la puissance de Dieu ». Et ce n’est pas fini !

Après sa mort, n’ayant pu le vaincre de son vivant, et craignant que l’exemple qu’il avait voulu donner ne se transforme en martyre exemplaire pour les chrétiens, on raconte que le gouverneur de Valence a fait subir à sa dépouille tous les acharnements possibles. Il l’a d’abord laissée en pâture aux bêtes sauvages dans un lieu désert. Mais là encore, un loup ou un corbeau aurait défendu son corps contre des rapaces. Puis il a fait lester son corps de pierres et l’a fait jeter en pleine mer, mais la dépouille est revenue près du rivage. Vincent a gagné ! Il a pu s’envoler alors au ciel pour recevoir la couronne du martyre.

Sainte Agnès, vierge et martyr

Sainte Agnès, vierge et martyr

« Pure », « chaste ». C’est la signification en grec du nom Agnès. Pour les historiens, c’est donc rien d’autre qu’un surnom d’identification de l’une des martyres les plus vénérées de l’Eglise. Nous sommes en 304, au sommet de la férocité antichrétienne déclenchée par l’empereur Dioclétien (même si quelque auteur place l’événement durant la persécution de Valérien antérieure de 4O ans). On ne sait rien d’Agnès si non sa passion, dont les informations toujours divergentes, sont éparpillées dans divers documents postérieurs au martyre.

La haine et la grâce

La tradition raconte qu’il s’agit d’un amour repoussé, celui du fils du Préfet de Rome pour Agnès qui, à peine la trentaine, rejette les avances du jeune homme. La jeune a fait vœu de chasteté au Christ et lorsque le Préfet l’a su il déchaîne les représailles. Agnès devra rejoindre le groupe des vestales qui rendent culte à la déesse protectrice de Rome. La fille refuse et la vengeance devient de plus en plus cruelle, en passant du temple au lupanar, où elle est conduite au milieu des prostituées à la Place Navona. Les récits hagiographiques racontent qu’Agnès, en vertu d’une protection supérieure, réussit aussi dans cette situation à garder sa virginité.

Comme un agneau

La haine contre elle augmente en une spirale croissante. La jeune fille est condamnée au bûcher, mais les flammes ne parviennent pas à l’effleurer et alors c’est un coup d’épée à la gorge qui met fin à sa vie.
L’iconographie représente Agnès toujours avec un agneau à ses pieds ou dans ses bras, parce que le même est réservé aux petits agneaux. Et le 21 janvier, jour de la fête liturgique de la Sainte, on bénit une paire d’agneaux élevés par les sœurs de la Sainte Famille de Nazareth. Avec leur laine les Sœurs confectionnent les « sacrés palliums » que le Pape impose aux nouveaux archevêques métropolitains chaque 29 juin.

Vertu supérieure à la nature

La dépouille de Sainte Agnès est conservée dans une urne d’argent, commandée par Paul V, et placée à l’intérieur de la basilique homonyme, faite ériger sur la Via Nomentana, par la princesse Constantine, fille de l’empereur Constantin I, au-dessus des catacombes où fut enterré le corps de la jeune martyre. Saint Ambroise écrit ceci à propos d’elle : « Sa consécration est supérieure à son âge, sa vertu supérieure à la nature : de façon qu’il me semble que son nom ne lui a pas été donné par un choix humain, mais est une prédiction du martyre, une annonce de ce qui devait être ».

Saint Sébastien

Une immense popularité a entouré jusqu’à nos jours le martyre de saint Sébastien, chrétien originaire de Narbonne au IIIe siècle, ayant ensuite vécu à Milan et à Rome. De nombreux autres saints Sébastien illustrèrent ce prénom, qui signifie en grec « honoré ».
Celui que nous fêtons aujourd’hui offrit sa vie au Christ le 20 janvier, sans doute en 288. Sa famille le destinait à la carrière militaire ; Sébastien y réussit parfaitement, apprécié même par l’empereur Dioclétien : pour preuve, ce dernier le charge de traquer les chrétiens de Rome pour les mettre à mort. Sébastien va se laisser convertir par le témoignage de leur héroïsme. Dénoncé, il est condamné à mourir sous les flèches de ses compagnons d’armes. Saint Sébastien est donc le patron des archers.

Autour de ce noyau historique, la légende a brodé avec magnificence. Cette légende a été reprise au XIXe siècle par le cardinal Wiseman, dans son célèbre roman, « Fabiola ». On y racontait que Sébastien, beau et jeune capitaine de la garde de Dioclétien, livré aux archers à cause de sa conversion au Christ, avait bien été criblé de flèches mais qu’il fut recueilli et sauvé par une veuve chrétienne : Irène. Guéri, Sébastien aurait eu l’audace de se manifester à l’empereur. Bouleversé de voir son capitaine « ressuscité », Dioclétien, furieux d’une telle provocation, ordonna qu’on l’abatte comme un chien, le jetant dans les égouts de Rome. Une autre dame chrétienne ira recueillir le corps du martyr pour le faire inhumer dans la catacombe qui porte encore son nom, sur la voie Appia à Rome.

Cette légende a inspiré une très riche iconographie, notamment à la Renaissance, sur le thème de l’Apollon chrétien. Des musiciens, tel Claude Debussy, ont souvent pris comme thème la Passion de saint Sébastien, ainsi que des poètes comme D’Annunzio et plus encore des peintres ; citons par exemple Van Dick, Mantégna, Le Titien, Bellini, Le Pérugin, Carot et Delacroix.
Etymologie : du grec « Sébastos » : honoré, glorieux.

« L’Époux est avec eux » (Mc 2, 18-22)

Évangile

« L’Époux est avec eux » (Mc 2, 18-22)

Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, énergique, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient,
on vint demander à Jésus :
« Pourquoi, alors que les disciples de Jean
et les disciples des Pharisiens jeûnent,
tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
Jésus leur dit :
« Les invités de la noce pourraient-ils jeûner,
pendant que l’Époux est avec eux ?
Tant qu’ils ont l’Époux avec eux,
ils ne peuvent pas jeûner.
Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;
alors, ce jour-là, ils jeûneront.

Personne ne raccommode un vieux vêtement
avec une pièce d’étoffe neuve ;
autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu
et la déchirure s’agrandit.
Ou encore, personne ne met du vin nouveau
dans de vieilles outres ;
car alors, le vin fera éclater les outres,
et l’on perd à la fois le vin et les outres.
À vin nouveau, outres neuves. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

02dim TOA – Jean 1, 29-34 – Voici l’Agneau de Dieu

02dim TOA – Jean 1, 29-34 – Voici l’Agneau de Dieu

Aujourd’hui, dans l’Evangile, Jean Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ».

Cette parole de Jean le Baptiste en St Jean a paru si importante qu’elle est présente dans chacune de nos eucharisties.

Un agneau… ce petit animal fragile et innocent… Qui d’entre nous n‘a jamais rêvé d’en tenir un dans ses bras, ne serait-ce que quelques instants ? Comme un bébé dans nos bras, c’est une petite fleur, petit cœur, toute baignée d’amour, heureux pour toujours…

Voici l’Agneau de Dieu.  Jean Baptiste nous invite à délaisser notre regard de l’enfant de la crèche pour, tendus vers l’avenir, à contempler la parole créatrice ou plutôt recréatrice des noces de l’Agneau entre l’humanité et Dieu, le début d’un amour qui sera plus fort que la mort.

Jean Baptiste tressaille de joie d’ouvrir, par son attitude, un chemin à l’Esprit de Dieu qui vient confirmer l’arrivée des temps nouveaux. Il est ravi de joie d’inviter la terre entière à voir le Sauveur que Dieu nous donne. L’Esprit descend sur Jésus pour que nous partions demeurer chez Dieu, pour que nous revenions chez nous, chez Dieu. Quel beau retournement, s’écrie St Grégoire de Nazianze!

Comprenons bien ce qui se passe, mes amis, et surtout accueillons bien ce qui se passe : Noël, c’est Dieu qui vient naître en nous pour nous faire naître en lui. Noël, c’est la manifestation de l’empressement de Dieu, de son amour passionnel à demeurer en nous pour nous faire goûter à la joie de demeurer en lui. Il nous faudra toute l’éternité pour réaliser ce qui nous arrive, pour reconnaître, pour accueillir pleinement ce don de Dieu. C’est dès aujourd’hui qu’il nous faut renaître, naître et renaître sans cesse,  comme l’a si bien dit Fr. Christian de Chergé, un des moines de Tibhirine : De naissance en naissance, nous arriverons bien à mettre au monde l’enfant de Dieu que nous sommes.

La rencontre de Jean et de Jésus est un grand moment de notre histoire. C’est une confirmation, une  descente de l’humanité de Jésus en la nôtre et notre confirmation, une remontée de notre humanité en sa divinité.

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ».

Réjouissons-nous, nous que la foi enfante. Réjouissons-nous, nous qui sommes habillés d’un vêtement blanc.  Faisons entendre à notre monde que lui aussi est bien-aimé de Dieu et qu’à tous ceux qui l’ont reçu, qui croient en lui,  il a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu (Jn 1, 12).  AMEN.

P Joseph Nguyên Xuân Hà

Musique : Bien-aimé de Dieu 

Saint Antoine, abbé

Saint Antoine, abbé

Saint Antoine, abbé, XVIIIème siècle Saint Antoine, abbé, XVIIIème siècle  (© Musei Vaticani)

Ascèse et prière

Sa vie a été émaillée par la solitude, le jeûne et le travail. Resté orphelin à vingt ans, tout jeune il fit don de tous ses bien aux pauvres et se retire dans le désert où il eut aussi à lutter contre les tentations du démon, en choisissant la vie de l’ascèse et de la prière. C’est à saint Antoine qu’on doit la constitution de familles de moines qui, sous le guide d’un père spirituel, se consacrent au service de Dieu.

Saint Antoine et la bénédiction des animaux

Il est habituellement représenté avec, à côté de lui, un cochon avec une clochette au cou. Une telle représentation iconographique est liée au fait que l’ancien Ordre hospitalier des «Antonins» élevait des cochons à l’intérieur habités parce que la graisse de ces animaux était utilisée pour soigner les malades frappés d’ergotisme. Une telle maladie fut ensuite appelée «le feu de Saint Antoine». Le jour de sa fête liturgique, on bénit les étables et les animaux domestiques. Dans l’iconographie on associe aussi à saint Antoine le bâton des ermites sous forme de T, le «tau», dernière lettre de l’alphabet hébreu.

Un don de Dieu

Dans la biographie «Vita Antonii», Saint Athanase écrit ces paroles attribuées à Saint Antoine: « Qu’il fut partout connu, admiré par tous et désiré aussi par ceux qui ne l’ont jamais vu, est un signe de sa vertu et son amitié avec Dieu. En effet ce n’est pas par des écrits ni à cause d’une sagesse profane ni à cause d’un pouvoir quelconque qu’est connu Antoine, mais seulement en raison de sa piété envers Dieu. Et personne ne pourrait nier que ce soit un don de Dieu. Comme en effet serait-ce par ouï-dire en Espagne et en France, à Rome et en Afrique, de cet homme, qui vivait retiré dans les montagnes, si Dieu lui-même ne l’avait pas connaître partout, comme il le fait avec tous ceux qui lui appartiennent, et comme il avait annoncé à Antoine lui-même depuis le début? Et même si ces derniers agissent dans le secret veulent cachés, le Seigneur les montre à tous comme une lanterne, parce tous ceux qui entendent parler d’eux qu’ils sachent qu’il est possible de suivre les commandements et de prendre son courage dans le parcours de la vertu».

« Le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre » (Mc 2, 1-12)

Évangile

« Le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre » (Mc 2, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Quelques jours après la guérison d’un lépreux,
Jésus revint à Capharnaüm,
et l’on apprit qu’il était à la maison.
Tant de monde s’y rassembla
qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte,
et il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens
qui lui amènent un paralysé,
porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule,
ils découvrent le toit au-dessus de lui,
ils font une ouverture,
et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé :
« Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Or, il y avait quelques scribes, assis là,
qui raisonnaient en eux-mêmes :
« Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ?
Il blasphème.
Qui donc peut pardonner les péchés,
sinon Dieu seul ? »
Percevant aussitôt dans son esprit
les raisonnements qu’ils se faisaient,
Jésus leur dit :
« Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?
Qu’est-ce qui est le plus facile ?
Dire à ce paralysé :
“Tes péchés sont pardonnés”,
ou bien lui dire :
“Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme
a autorité pour pardonner les péchés sur la terre…
– Jésus s’adressa au paralysé –
je te le dis, lève-toi,
prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »
Il se leva, prit aussitôt son brancard,
et sortit devant tout le monde.
Tous étaient frappés de stupeur
et rendaient gloire à Dieu, en disant :
« Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

«Si tu le veux, tu peux me purifier».

Texte de l’Évangile (Mc 1,40-45):

Un lépreux vient trouver Jésus; il tombe à ses genoux et le supplie: «Si tu le veux, tu peux me purifier». Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit: «Je le veux, sois purifié». A l’instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère: «Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi: ta guérison sera pour les gens un témoignage».

Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu’il n’était plus possible à Jésus d’entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d’éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

 

La prière est l'occasion de regarder sereinement notre vie et toutes les circonstances qui l'entourent. Nous devons lire les différents événements à la lueur de l'Evangile, pour découvrir dans quels aspects nous avons besoin d'une authentique conversion.

Si seulement nous pouvions demander notre conversion avec la même foi et la même confiance que le lépreux qui s'est présenté devant Jésus: «A genoux, il dit: ‘Si tu le veux, tu peux me purifier’» (Mc, 1,40). Il est le seul à pouvoir rendre possible ce qui pour nous serait impossible. Laissons Dieu agir sur nous avec sa grâce pour que notre cœur soit purifié et, qu'obéissant à son action, il puisse ressembler davantage de jour en jour au cœur de Jésus. Lui nous dit avec confiance: «Je le veux: sois purifié» (Mc 1,41).

«Tout le monde te cherche»

Texte de l’Évangile (Mc 1,29-39):

En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s’approcha d’elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d’esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, bien avant l’aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche. Quand ils l’ont trouvé, ils lui disent: «Tout le monde te cherche». Mais Jésus leur répond: «Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle; car c’est pour cela que je suis sorti». Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.

Saint François nous présente les choses ainsi: «Il faut travailler fidèlement et avec dévouement, sans éteindre l'esprit de la sainte prière et de la dévotion que les autres choses temporelles doivent servir».

Nous devrions peut-être nous organiser un peu plus. Nous discipliner, en “domestiquant” le temps. Ce qui est important doit trouver sa place. Mais ce qui est nécessaire encore plus.

le Saint de Dieu

Texte de l’Évangile (Mc 1,21-28):

Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier: «Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous perdre? Je sais fort bien qui tu es: le Saint, le Saint de Dieu». Jésus l’interpella vivement: «Silence! Sors de cet homme». L’esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri.

Saisis de frayeur, tous s’interrogeaient: «Qu’est-ce que cela veut dire? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent». Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 14-20)

Évangile

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 14-20)

Alléluia. Alléluia.
Le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.
Alléluia. (Mc 1, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Après l’arrestation de Jean,
Jésus partit pour la Galilée
proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis :
le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Passant le long de la mer de Galilée,
Jésus vit Simon et André, le frère de Simon,
en train de jeter les filets dans la mer,
car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit :
« Venez à ma suite.
Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets,
ils le suivirent.

Jésus avança un peu
et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
qui étaient dans la barque
et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela.
Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers,
ils partirent à sa suite.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Baptême du Seigneur – A – Mt 3,13-17

Baptême du Seigneur – A – Mt 3,13-17

Aujourd’hui, à travers le baptême du Seigneur au Jourdain, l’Eglise nous invite à adorer la Très Sainte Trinité, notre Dieu, qui est Père, Fils et Saint-Esprit. Un seul Dieu en trois Personnes, au nom duquel nous avons été baptisés.

 « Le Dieu mystérieux n’est pas une solitude infinie ; c’est un événement d’amour. Le Père et le Fils sont un dans l’Esprit, qui est, pour le dire ainsi, l’atmosphère du don et de l’amour qui les fait devenir un seul Dieu » (Benoit XVI)

Par le Sacrement du Baptême nous participons à la vie divine, et sommes devenus enfants de Dieu le Père, frères dans le Christ et temples du Saint-Esprit. Nous avons reçu à notre tour cette parole de Dieu en notre faveur, en l’Eglise : « Tu es mon enfant bien-aimé. En toi j’ai mis tout mon amour. » Dieu dit cette Parole aujourd’hui à chacun de nous. C’est un don de notre baptême. Il faut l’activer, le rendre actif et fécond par notre liberté.

Vivre de notre baptême, vivre en enfants de Dieu, c’est nous laisser conduire librement par l’Esprit Saint. C’est prendre la main de Jésus et avancer à son rythme. Quoi de plus simple ?

Avec le Baptême, notre vie chrétienne commence tout en recevant un appel à la sainteté. Le Baptême nous fait appartenir à Celui qui, par excellence, est le Saint, le «trois fois saint» (Is 6:3). Nous sommes appelés à vivre dans l’Amour de Dieu et de nos frères et sœurs, puisque le Baptême nous a introduits dans la vie et l’intimité de l’amour de Dieu. Comme disait le Pape François : Le baptême est un don accordé dans un contexte de sollicitude et de partage fraternel.

Nous sommes tous appelés ainsi à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve en se laissant façonner par la grâce de Dieu. Laissons la grâce de  notre baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté. Car la vocation de l’homme c’est l’amour, c’est la vocation de se donner, de chercher le bonheur des autres et ainsi trouver son propre bonheur. Comme disait Saint Jean de la Croix: «Au soir de notre vie nous serons jugés sur l’amour».

Cela vaut la peine de nous demander à la fin de la journée en faisant un petit examen de conscience, chaque jour, comment était cet amour et noter un aspect à améliorer pour le lendemain.

P Joseph Nguyên Xuân Hà

Musique : Baptisé dans la Lumière du Christ  

« Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous » (1 Jn 4, 11-18)

Première lecture

« Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous » (1 Jn 4, 11-18)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
puisque Dieu nous a tellement aimés,
nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres.
Dieu, personne ne l’a jamais vu.
Mais si nous nous aimons les uns les autres,
Dieu demeure en nous,
et, en nous, son amour atteint la perfection.
Voici comment nous reconnaissons
que nous demeurons en lui
et lui en nous :
il nous a donné part à son Esprit.
Quant à nous, nous avons vu et nous attestons
que le Père a envoyé son Fils
comme Sauveur du monde.

Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu,
Dieu demeure en lui,
et lui en Dieu.
Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous,
et nous y avons cru.
Dieu est amour :
qui demeure dans l’amour demeure en Dieu,
et Dieu demeure en lui.
Voici comment l’amour atteint, chez nous, sa perfection :
avoir de l’assurance au jour du jugement ;
comme Jésus, en effet, nous ne manquons pas
d’assurance en ce monde.
Il n’y a pas de crainte dans l’amour,
l’amour parfait bannit la crainte ;
car la crainte implique un châtiment,
et celui qui reste dans la crainte
n’a pas atteint la perfection de l’amour.

– Parole du Seigneur.

« Dieu est amour » (1 Jn 4, 7-10)

Première lecture

« Dieu est amour » (1 Jn 4, 7-10)

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
aimons-nous les uns les autres,
puisque l’amour vient de Dieu.
Celui qui aime est né de Dieu
et connaît Dieu.
Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu,
car Dieu est amour.
Voici comment l’amour de Dieu
s’est manifesté parmi nous :
Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde
pour que nous vivions par lui.
Voici en quoi consiste l’amour :
ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu,
c’est lui qui nous a aimés,
et il a envoyé son Fils
en sacrifice de pardon pour nos péchés.

– Parole du Seigneur.

« Le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 4, 12-17.23-25)

Évangile

« Le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 4, 12-17.23-25)

Alléluia, Alléluia.
Jésus proclamait l’Évangile du Royaume,
et guérissait toute maladie dans le peuple.
Alléluia. (cf. Mt 4, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste,
il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth
et vint habiter à Capharnaüm,
ville située au bord de la mer de Galilée,
dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
C’était pour que soit accomplie
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée des nations !
Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.

À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »

Jésus parcourait toute la Galilée ;
il enseignait dans leurs synagogues,
proclamait l’Évangile du Royaume,
guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.
Sa renommée se répandit dans toute la Syrie.
On lui amena tous ceux qui souffraient,
atteints de maladies et de tourments de toutes sortes :
possédés, épileptiques, paralysés.
Et il les guérit.
De grandes foules le suivirent,
venues de la Galilée, de la Décapole,
de Jérusalem, de la Judée,
et de l’autre côté du Jourdain.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Epiphanie 2026

Epiphanie 2026

 « En entrant dans la maison les mages virent l’enfant, avec Marie sa mère, et tombant à genoux, ils se prosternèrent devant Lui ». Et voilà que nos mages reviennent se prosterner dans nos crèches.

Épiphanie veut dire manifestation, révélation, lumière dans la nuit. Dieu se manifeste en Jésus. Il se dit tout entier en Jésus. En s’incarnant, en prenant un corps d’homme, Dieu s’est, en quelque sorte, uni à chaque homme quelle que soit sa condition sociale. Personne ne peut se sentir exclu de la tendresse de Dieu. « Dieu a tellement pris la dernière place que personne ne pourra la lui ravir », écrit un jour Charles de Foucauld. L’Épiphanie, c’est la révélation de Dieu, de son visage, à tous les peuples de la terre.

Les mages, ces savants venus d’orient, sont une parabole vivante de ce qui nous arrive aujourd’hui. Beaucoup autour de nous sont à la recherche d’une étoile, d’un sens à donner à leur vie. Certains découvrent le bel amour de Dieu et se mettent en route pour le reconnaître et le célébrer. Donnons-nous envie de croire au Christ, le Sauveur du monde ? Notre vie est-elle épiphanie, révélation de cette présence de Dieu en nous ?

Si la présence de Dieu est vraiment notre paix et  notre Joie nous pouvons davantage partager aux autres, avec un infini respect, tous ces trésors que Dieu a mis au fond de nous : ce qui nous fait croire, malgré tout ; ce qui nous fait espérer, malgré tout, ce qui nous fait aimer, malgré tout.

Les mages ont ouvert leurs trésors devant ce fragile visage de Dieu.

A travers l’or, les mages questionnent notre rapport à l’argent, notre besoin de posséder, notre peur de manquer ou de partager qui est appelé à être offert au service du dénuement et de la fragilité, qui est appelé à devenir le signe d’un renversement de solidarité.

A travers l’encens, c’est notre quête spirituelle qui est questionnée. Est-elle la marque d’une louange qui nous élève au sens fort, dans le geste d’accueillir en nous la gratuité du don de la vie.

Enfin la myrrhe, réservée aux rites funéraires qui enterrent le passé. Ici, la myrrhe questionne notre rapport à la mort. L’enfant de Noël nous dévoile un horizon où la mort devient rencontre avec notre Dieu, jaillissement de vie et d’amour.

Après la rencontre à Bethléem, les mages ont été avertis en songe de ne pas retourner à Jérusalem pour revoir Hérode. Ils ont pris un autre chemin.

Comme les mages, aujourd’hui, à la fête de l’Épiphanie, nous partons par un autre chemin ! Puissions-nous comme les mages repartir en 2026 par un chemin de fraternité, de générosité, de solidarité, d’espérance et de Paix ! Amen.

P Joseph Nguyên Xuân Hà

Musique : Adoramus